HYDROGRAPHIE
19. Pour déterminer les positions des lieux de la mer où l’on a sondé, on prend avec un instrument à réflexion les angles sous lesquels on aperçoit les droites qui joignent plusieurs signaux entre eux, et on construit sur elles des segments capables des angles observés. L’intersection des circonférences ainsi décrites marque sur le pian le point correspondant à celui où l’on a fait station.
On emploie pour ces constructions les procédés suivants , que M. Beautemps-Beaupré a développés dans l’appendice au voyage de d’Entrecasteaux :
Un point a (figure 22) , d’où l’on a observé les angles C «F = «,FaL=/î,CaA' = >,se déterminera par l’intersection des deux circonférences F a C . «Fl.. Leurs rayons Fo, Fo' s’obtiendront en élevant des perpendiculaires sur les milieux des droites CF, FL, et en prolongeant jusqu’à leurs rencontres avec elles les lignes Fo, Fo', qui font avec les droites CF et F L, des angles oFd, o'F n, égaux à l’excès en plus ou en moins de chacun des angles observés sur 90°. Lorsque ces derniers seront obtus, comme cela arrive dans le cas actuel pour CaF, la ligne Fo se mènera au-dessous de CF par rapport au point a. D’après ce procédé les angles C » F,
F a L sont bien égaux à ceux qu’on a observés , car iis ont pour mesure la moitié des arcs Fp C , F m L qui , d’après notre construction, mesurent le double de ceux-ci.
On remarquera que la position du point a serait indéterminée si l’angle F, que foraient les droites CF, FL sur lesquelles op a élevé les perpendiculaires do, no', était tel. que l’on eût :
F 180 — ( a -t- (8 ) , ou F = a — JB.
Si les circonférences se coupaient sous un angle très-aigu, il y aurait quelque incertitude sur la position du point a; pour’ la lever on abaisserait de F une perpendiculaire sur la ligne oo', qui joint leurs centres, puis on prendrait à partir du point i une longueur ia = iF.
Enfin , quand les angles observés seront très-petits , on ne pourra pas compter-non plus sur l’exacte détermination des centres o, o' par la méthode dont nous avons fait usage; il faudra alors calculer, dans les triangles rectangles Fdo, Fno', les longueurs od, o'n ou les rayons o F, o'F; ou bien encore évaluer ces quantités à l’aide d’un compas de proportion et des tables de sinus naturels.
Pour vérifier la position précédente , on construira , au moyen d’un troisième angle CaA', un segment sur le côté CA'; ou bien on fera avec le rayon oC, en allant du ppint de départ C des angles vers a, un angle Coi égal au double de l’angle observé y, puis on joindra A' avec i. La droite A 'b devra passer par le point a ; car, si l’on considère l’angle CaA' comme formé par la corde aC et le prolongement aA' de la corde ai, on voit qu’il a pour mesure la demi-somme des
arcs Ca, a b qu’elles sous-tendent ; il est donc égal à ^ , ou
à l’angle observé. Ce procédé donnera d'autant mieux la positiona, que la droite A 'b rencontrera la circonférence F b aC sous un angle moins oblique et qu’en même temps le point b sera plus éloigné de A'; cette dernière observation ne s’applique qu’au cas où b se trouve situé entre A' et a.
Il importe donc, quand on fait une station, de ne pas relever indistinctement les signaux ou les points que l’on aperçoit; il faut surtout savoir choisir ceux qui par leurs positions relatives sont les plus propres à donner des arcs de cercles dont les intersections forment, autant que possible, des angles droits. Un croquis sur lequel seront placés graphiquement les divers signaux aidera beaucoup dans cette recherche.
Pour ne pas être obligé d’élever à chaque instant des perpendiculaires sur les milieux des droites qui joignent entre eux les signaux dont on s’est servi, on fait cette opération avant de commencer la rédaction du travail , et on les trace en rouge afin de mieux les distinguer des premières. Enfin, toutes les fois que la distance des deux signaux observés dépasse 5,000 mètres, on emploie, pour faire sur les plans de construction ù une grande échelle les compléments des angles observés, un rapporteur en cuivre muni d’une alidade dont le vernier pérmet d’évaluer une minute.
La ligne qui unit entre eux l’ensemble des points déterminés comme on vient de le dire représente sur le plan celle qu’on a suivie en sondant.
20. Lorsqu’on a construit la route, d’une journée on la rapporte sur un calque particulier, et on inscrit en tête le jour du mois où l’on a sondé; on indique aussi près de chaque station l’heure et la minute auxquelles elle a été faite.
DK GEODESIE.
L'échelle du plan de construction ne permettra pas, la plupart du temps , de placer toutes les sondes faites entre deux stations détermfcôês. On marquera néanmoins sur la droite qui les joint autant de points également espacés qu’on aura donné de coups de plomb, et on portera seulement sur ceux de ces points qui leur correspondent les sondes les plus propres à faire ressortir les inégalités du fond , dont on indiquera la nature à côté de chacune d'elle» au moyen de signes abréviatifs. •
■ -v-Vl 4-
Observations de lu murée.
2 1 . Avant de placer les chiffres de sondes sur les divers calques, il faut jes réduire, c'est-à-dire en déduire le brassiage que l’on aurait trouvé si l’on avait sondé à l’instant des basses mers d'équinoxe. Pour être à même de faire cette opération , on établit bien solidement vers la partie centrale de la portion de côte que l’on explore , dans un lieu où les mouvements de -la mer sont libres, une poutre divisée en pieds et pouces ( on n’a pas encore adopté les mesures métriques pour les soudes ) , et on observe de quart d’heure en quart d'heure à quels numéros de cette échelle correspond le niveau de l’eau. Aux approches de la marée haute ou de la marée basse on resserre l’intervalle des observations , afin de mieux déterminer les heures précises de la haute mer et de la basse mer. On est convenu de prendre. pour ces instants ceux qui tiennent le milieu entre le moment où elle cesse de monter ou de descendre et ceux où elle commence à descendre ou à monter.
On tient note durant les observations de la direction et de la force du vent; on observe aussi la hauteur du baromètre.
afin de pouvoir apprécier l’effet produit par la pression atmosphérique sur le niveau de la mer.
Cet effet est tel que ce niveau s’él^r»lorsque le baromètre baisse , et réciproquement. Sa valeur est égale au produit de la variation barométrique par le rapport des pesanteurs spécifiques du mercure à l’eau de mer, qui est de 13,5 environ. Une variation subite dans la pression atmosphérique et quelques circonstances locales peu appréciables pourront apporter une très-légère modification à ce résultat. (Voir à ce sujet un mémoire de M. l’ingénieur en chef Daussy, inséré dans la Connaissance des temps de l’année 1839).
Niveau moyen.
22. Si, dans un lieu où rien ne s'oppose à l’entier développement de l’oscillation de chaque marée , on mesure les hauteurs absolues h , h’ de deux hautes mers consécutives au-dessus de la basse mer intermédiaire , la moitié de la demi-somme de ces deux nombres indiquera, à fort peu près, de combien la moyenne hauteur des deux pleines mers observées s'élève au-dessus du niveau moyen. On nomme ainsi le plan qui a la propriété de partager en deux parties égales l’amplitude de chaque marée, c’est-à-dire, l'espace compris entre le niveau d’une basse mer et celui de la liante mer correspondante. M. Daussy a remarqué, en comparant un grand nombre d’observations faites dans diverses localités , qu'il peut varier de quatre à cinq pouces par un vent faible et de cinq à six par un vent fort. Ainsi il faudra choisir un temps calme pour se procurer les éléments h , h' qu’on pourra prendre , si l’on veut , entre deux basses mers et la haute mer intermédiaire.
Le numéro de la division de l’échelle auquel il correspond
DE GEODESIE.
est représenté par
n, n' désignant les numéros des deux hautes mers consécutives observées et n" celui de la basse mer intermédiaire. Si l’on désigne actuellement par b la hauteur de la colonne barométrique au moment des observations , le numéro de l'échelle relatif au niveau moyen qui aurait lieu sous la pression moyenne de 28 pouces sera exprimé par
Pour obtenir une valeur exacte de celtetjuantité, il faut la déduire d’une moyenne entre plusieurs séries d’observations
de jour et de nuit faites les unes à l’époque des syzygies , les autres à l’époque des quadratures. Le maximum de la différence entre ces deux genres de déterminations ne do»* P as dépasser quatre pouces si la marée reçoit son enfin - développement dans le beu où l’on a fait les observations.
Unité de hant f * r -
25. La hauteur absolu H d’une marée syzygie quelconque au-dessus d“ niveau moyen peut être représentée, pour tous les points de la côte de France compris entre Cherbourg Bayonne, par