H = UC, H' = U C
C', C étsrnt les coefficients de la Connaissance des temps qui conviennent l’un à la marée équinoxiale , l’autre à la marée syzygie qui a fourni la valeur H = • De ces relations on
tirera l’équation :
Distance du niveau moyeu au Ȏro) C* h-i-h'
de l'échelle de réduction, ) C ^ 4
On prend habituellement pour C 1 la valeur 1,16; par conséquent la distance du niveau moyen à celui auquel sont rapportées les sondes dépasse toujours l’unité de hauteur.
Il sera utile d’indiquer sur un objet fixe , dans le voisinage de chaque échelle de marées, la trace du niveau moyen , et de spécifier dans les cahiers de rédaction h quelle distance se trouvait de ce plan le zéro d’où l’on est parti pour réduire les sondes.
Si du nombre "~ l ~ l> ^ 4 ~ 2 " 15,5 (h — 28 r °). qui repré-
sente le numéro de l’échelle a,uqiic( correspond le niveau
moyen sous la pression moyenne 28 pouces, onretranche la valeur de H', le reste , exprimé par
désignera le numéro auquel se rapporte la basse mer d’où l’on devra partir pour réduire les sondes; ce sera le nombre constant qu’il faudra retrancher de tous ceux qu’aura indiqués l’échelle , afin de ramener les observations au niveau
quo l’on vient d’adopter.
Réduction des sondes.
25. La comparaison du brassiage obtenu à une heure donnée sur un certain point, avec la hauteur de la marée pour le même instant au-dessus du zéro de l’échelle , fera
T connaître suivant son signe, ou la quantité d’eau qui recouvre , ce point au moment de la plus basse mer, ou de combien il ' est élevé au-dessus de son niveau.
26. Lorsque la côte que l’on explore est une plage peu inclinée , on sc trouve souvent dans la nécessité de placer plusieurs échelles auxiliaires, afin d’arriver jusqu’il la basse mer. On remarque alors le numéro auquel correspond le niveau de la mer à l’échelle quelle est sur le point de quitter et celui qu’elle atteint à celle où l’on va continuer les observations. Avec cette donnée on peut rapporter toutes les ob servations au zéro de la même échelle. On marque aussi sur une roche, ou tout autre objet fixe du rivage qui se trouve dans le voisinage de l’échelle, la trace du niveau de l’eau relatif ii l’une quelconque de ses divisions. Avec cette pré caution on pourra toujours rendre les observations compa-
DK GEODESIE.
râbles entre elles , quand bien même un accident obligera it de remplacer cette échelle par une autre..
27. Si la côte dont on fait la reconnaissance oflre une étendue considérable, on conçoit qu’une seule échelle ne suffit pas pour réduire toutes les sondes, surtout si l'on doit opérer sur des plateaux de rocheS ou des bancs situés à quelques lieues du rivage. Il faut alors , lorsque les circonstances le permettent, faire observer la marée dans leurs environs, et partir de ces observations pour rédiger * le travail hydrographique.
Pour réduire les sondes comprises dans la zone qui sépare deux échelles, on partage cet espace en trois portions égales; on réduit chacune des parties extrêmes en partant du zéro de l’échelle qui lui correspond, et la partie du milieu avec la moyenne des niveaux qu'indiquent leurs points zéros.
Deux échelles seront très-convenablement placées l’une par rapport à l’autre, si une sonde située vers la partie centrale de leur zone et réduite successivement avec l’une | et avec l'autre, donne des résultats qui ne différent pas entre eux de plus d’un pied ou un pied et demi.
Lorsqu’on fait la reconnaissance hydrographique d’un grand fleuve, il est très-important de placer vers son embouchure des échelles sur chacune de scs rives, et jusqu’aux lieux où il importe de connaître l’état de la marée. Elle y présente parfois des anomalies remarquables. Les méthodes données plus haut pour calculer le niveau moyen et l’u irité de hauteur ne s’appliquent plus. Il faut conclure ces éléments des observations des pleines mers. Comme les détails dans lesquels nous pourrions entrer A ce sujet nous
conduiraient beaucoup trop loin , nous renverrons les personnes, qui désireraient avoir deÿ notions précises sur les phénomènes que présentent les marées dans ces localités particulières, aux deux excellents mémoires que M. Daussy a publiés dans les Connaissances des temps des années 1851 et 1858.
Principes généraux pour faire des sondes.
28, Lorsqu’on fait une ligne de sonde on renvoie le plomb au fond de l’eau aussitôt qu’il en a été retiré , et qu’on a renouvelé le suif qui avait été mis à sa partie inférieure. On note le brassiage qu’on a trouvé et la nature de la sur face du sol sur lequel il est tombé. Pour connaître la nature du fond , on mouille de temps en temps , après l’avoir enduite de suif, une lance échancrée dans ses divers points, et emboîtée vers sa partie moyenne dans une masse de plomb dont le poids s’élève jusqu’à 50 kilogrammes. En pénétrant dans le sol, elle en rapporte certaines portions dans ses échancrures; si elle atteint des roches, elle revient émoussée et rayée.
Il est inutile de noter l’heure chaque fois que l’on jette le plomb de sonde à la mer; on ne fait cette observation que lorsqu’on prend des angles pour fixer sa position.
Si le fond est peu considérable et très-inégal, il ne faut pas mettre un. intervalle de plus de deux ou trois cents mètres entre chaque station; on doit de plus déterminer constamment par des observations les positions où l'on a trouvé un changement subit de brassiage, ou une nature de fond totalement différente de celle que rapportent habituellement le plomb de sonde ou la lance.
DE GEODESIE.
Quand on sonde à de grandes profondeurs ou dans des localités dont le fond, constamment de même nature, offre une pente régulière , on peut laisser un espace beaucoup plus grand entre deux points de station consécutifs.
29. Les embarcations dont on se sert dans les opérations hydrographiques étant beaucoup trop mobiles- pour qu’on puisse les diriger convenablement avec une bôussole, on remarque à terre deux objets distants le plus possible l’un de l'autre, et on gouverne dans leur direction pour faire une ligne de sonde. Lorsqu’ils sont connus de position par la triangulation, ej placés l’un par rapport à l’autre comme on vient de le dire, on peut se contenter de prendre un ou deux angles seulement pour assigner sur le plan de construction la position d'une sonde. Dans tout autre cas on en prendra au moins trois sur des points disposés convenable- ment (article 19).
30. Il serait difficile d'indiquer les diverses méthodes que l’on doit employer pour sonder des bancs de sable ou de roche et les chenaux dont ils forment les limites. Le tact et l’expérience en apprendront beaucoup plus que tous les détails dans lesquels on pourrait entrer à ce sujet. Nous dirons seulement qu'il faut couper ces bancs en divers sens par des lignes de sondes très-serrées et avoir le soin de fixer leurs limites par des observations d’angles. Dans ces sortes d’opérations, le plomb ne doit pas quitter le fond et la lance doit souvent être mouillée. L’examen des résultats que l’on aura trouvés indiquera quelles sont les parties qui méritent
“ne attention toute particulière, et sur lesquelles il faut faire ^ ■
de nouvelles recherches. On devra en outre aller visiter toutes les localités où l’on aura remarqué que la mer brise ou lève habituellement , ainsi que celles où des remous se font sentir. Toutes les fois que les circonstances le permettront, il faudra observer la hauteur des roches dont les sommités ne sont jamais couvertes par la mer, et noter àr quels intants 4es têtes les plus remarquables des plateaux ou les sommets des divers bancs se trouvent à fleur d’eau. De ces simples observations , on déduira aisément leurs élévations au-dessus du niveau des plus basses iners.
3 1 . On conçoit maintenant comment i après avoir rapporté sur une même carte la configuration et les détails topographiques de la côte’ les plateaux de roches, les bancs de sable, l’élévation de leurs principaux sommets au-dessus du niveau des basses mers d’équinoxe, la quantité d’eau qui reste sur ceux d’entre eux qui ne découvrent pas, leurs limites, le brassiage et la qualité du fond des autres parties de la mer, on conçoit, dis-je, comment on peut tracer les directions des passes, et indiquer les divers mouillages.
Une’carte qui renfermera tous ces détails ne suffira pas encore pour satisfaire à tous les besoins des navigateurs, ou pour servir à l’instruction complète des pilotes. Elle devra être accompagnée en outre d’une collection raisonnée de vues indiquant, les unes, la direction des chenaux, les autres, les aspects divers sous lesquels se présente*!;» côte, lorsqu’on est sur les principaux dangers. A tous ces renseignements qui parlent aux yeux, il faudra joindre fine instruction précise sur les vents régnants et leurs effets, s» r
DE GEODESIE
la direction et la vitesse des courants tant généraux <jue particuliers, et sur les variations qu’ils éprouvent à divers instants de la marée. On indiquera l'établissement des différents ports; on donnera les éléments nécessaires*, soit pour calculer Ja hauteur de la marée dans chacun d’eux à un jour et à un instant déterminés, soit pour obtenir la quantité d’eau qui se trouve à la même époque sur leurs barres ou sur les roches remarquables voisines de leurs entrées. On devra aussi faire connaître la hauteur et la portée des phares distribués le long de la côte, ainsi que la durée des éclipses de ceux d’entre eux qui ne sont pas fixes; enfin on observera la déclinaison de l'aiguille aimantée en divers points du rivage et au large.
On se procurera ces divers renseignements par ses propres observations, et en interrogeant les pilotes de chaque localité ; on ne devra pas noq plus dédaigner de recourir à de simples pêcheurs : on sera souvent surpris d’en recevoir des indications ignorées des pilotes eux-mêmes. .
52. Nous terminerons ces considérations générales sur les levés hydrographiques, en conseillant aux marins, qui auront le désir de connaître les divers genres d’opérations que nécessite la reconnaissance d’une côte, de con-* sulter l’ouvrage publié en 1829 par M. Bcautcmps-Beaupré, sous le titre d 'Exposé des travaux relatifs à lu reconnaissance hydrographique (les côtes occidentales de France. S'ils sont à portée d’examiner avec soin les nouvelles cartes de nos côtes, ils apprendront comment le système des opérations hydrographiques doit être modifié selon que l’on explore une côte bordée de hancs de sable ou parsemée de roches. Ils
trouveront eneore d'utiles enseignements dans le mémoire publié en 1855 par M. Le Saulnier de Vauhello, capitaine de corvette, sur les travaux hydrographiques et astronomiques qu’il a exécutés avec MM. Wissocq, Cazeaux et Darondeau, ingénieurs-hydrographes de la marine, daps le but de dresser les cartes d’atterrage des côtes occidentales de France. Ils devront aussi prendre connaissance des Descriptions nautiques des côtes de la Martinique et de l’Algérie publiées, l’une, en 1828, par MM. les ingénieurs Monnieret Duperré, l’autre, en 1857, par M. le capitaine de corvette Bérard et M. l’ingénieur Tessan. Enfin ils apprendront dans les mémoires de M. Daussy sur les marées des côtes de France, et dans l’Annuaire que publie M. l’ingénieur Chazallon, quel utile parti on peut tirer d’une série d’obser valions de marées faites avec soin.
Quant aux grandes reconnaissances hydrographiques qui se font sous voiles , ce serait dépasser notre but que d’en parler ici. Nous dirons seulement que, parmi les travaux de ce genre, on doit ranger au nombre des plus exacts ceux auxquels M. l’ingénieur Givry a dignement cooporé sous les ordres et la direction de l’amiral Roussin.
Nota. — On trouvera au chapitre XI , qui doit être considéré comme le complément de celui-ci, la manière de dresser les projections des plans et des cartes hydrographiques, et d’y rapporter toux les détails fournis par les diverses observations dont on vient de parler.
- UE GEODESIE.
kl