‹ Traite de geodesie, ou exposition des methodes trigonometriques et astronomiques appicables a la mesure de la terre, et a la construction du canevas des cartes topographiques [VOL. 1]Chapitre 121 sur 336 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

signal A , vu de la station B , sera suffisamment élevé par la réfraction , pour être aperçu dans le ciel.

112. Les clochers, les tours et les donjons couronnés de plateformes sont en général des stations commodes ; mais il n est pas toujours possible d’en disposer pour former des triangles avec les conditions les plus avantageuses , et le plus souvent ces objets ne dispensent pas de l’usage des signaux, quand on veut rendre le pointé plus sûr. Il est vrai que, dans ce cas, ces signaux sont très-simples, et s établissent à peu de frais. Par exemple, une poutre verticale , surmontée d’un poinçon ou tonneau, ou d’un petit cône , étant établie sur le haut d’un édifice dont la forme et la grosseur nuiraient à l’exactitude des observations angulaires, offre un point de mire avantageux. Quelquefois aussi l’on préfère un disque d’un demi-mètre de rayon, peint en noir, et percé au centre pour apercevoir le ciel à travers. Mais ce moyen n’est praticable que quand on peut charger quelqu’un de diriger le disque en face de l’observateur.

Dans les opérations délicates exécutées en Angleterre , vers la fin du siècle dernier, et dans l’Inde au commencement de celui-ci , l’on a préféré les observations de nuit, et l’emploi des feux du Bengale, parce qu’ils jettent une lumière très-vive. Nos cercles français, construits d’après le principe de la répétition, se refusent à l’usage de ces feux de courte durée; mais on y supplée par des lampes à courant d’air, accompagnées de miroirs paraboliques qui réfléchissent la lumière dans la direction de l’observateur. Ces signaux paraissent être les meilleurs qu’on puisse se procurer lorsque les distances qui les séparent du lieu des observations sont considérables. MM. Biot et Arago s en sont serv is en Espagne, avec beaucoup de succès, dans le prolongement de la méridienne de France; et M. Laplace en avait recommandé expressément l’usage pour la mesure d’une grande perpendiculaire à la méridienne passant par Paris, et considérée comme l’une des lignes fondamentales du canevas trigonométrique de la nouvelle carte du Royaume.

On augmente le foyer de lumière, en réunissant plusieurs réverbères ; mais il faut en confier la garde à une personne qui prenne le soin d’entretenir les lampes , afin que le centre de figure soit toujours le même. Il paraît que trois réverbères de moyennes dimensions, qui seraient dis -

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