I. ai
16a TRAITÉ DE GÉODÉSIE.
posés aux angles d’un petit triangle équilatéral , offriraient une masse de lumière suffisante pour une distance de dix à douze myriamètres. En les adaptant à un pivot qui représenterait l’axe du signal , on pourrait les faire tourner au gré de l’observateur. Les avantages qu’on trouve dans leur emploi consistent en ce que l’on n’a aucune phase à craindre; que le point de mire est toujours très-distinct; et qu’à moins d’oscillations produites par une atmosphère agitée , ou de fortes brumes , les observations sont généralement plus faciles que celles qui sont faites de jour, si les réticules sont suffisamment éclairés.
Quand on ne peut profiter des édifices comme points de station, l on emploie des signaux qu’on établit sur des lieux élevés. On les forme avec de longues files de bois réunies en pyramide tronquée à base quadrangulaire, et on leur donne de la solidité en les enfonçant en terre, ou en les maçonnant aux quatre angles de la base; enfin, pour les rendre plus visibles , on garnit de planches les quatre faces jusqu’à environ deux mètres de terre : cet intervalle, laissé libre, est nécessaire pour voir les signaux environnants. Alors on se place précisément dans l’axe du signal , afin d’éviter la réduction au centre (v. Idfig. 17): cet axe est déterminé par la verticale passant par le point de mire. On a soin, en faisant le plan du signal, d’indiquer le point où cette verticale rencontre la base. Si, au contraire, ce signal est établi dans une plaine ou au milieu d’un bois, et qu’il faille lui donner une grande hauteur, on construit à son sommet une petite chambre d’observation avec des ouvertures par lesquelles on puisse voir les objets éloignés En France, les ingénieurs-géographes sont dans l’usage, pour le service de la carte de France, de planter une borne au centre d’un signal enge en rase campagne. Cette précaution , que ne prennent pas toujours les observateurs , procure des points de repère très-utiles , tant pour ceux qui doivent lier leurs opérations de détail aux points trigonométriques , que pour coordonner des nivellements partiels du terrain avec le nivellement général résultant de la triangulation.
Des arbres bien droits , et dépouillés de branches vers le bas de leurs tiges, sont aussi de bons signaux naturels; lorsqu’ils se trouvent isolés et sur les sommets des montagnes, ils s’aperçoivent de très-loin, surtout s’ils se projettent dans le ciel et sur les nuages.
On fait aussi construire en pierre des pyramides carrées , et on les