LIVRE TROISIÈME. i
Valions simples, au même degré d’exactitude, toutes choses égales d’ailleurs.
Les théodolites de M. Gambey, dont nous avons déjà parlé et dont les officiers d’état-major se servent pour les opérations géodésiques de la carte de France, sont doublement répétiteurs, parce que le limbe gradué peut se placer verticalement comme celui du cercle de Borda (P/. P' J II). Dans ce cas la lunette supérieure se dispose de manière que son axe optique soit parallèle au plan du limbe, et ce parallélisme, après avoir été établi comme il est dit à l’art. 115, n’éprouve aucun dérangement lorsque la lunette a été préalablement rendue fixe à l’égard du cercle-vernier. Enfin les grands théodolites de cet artiste , dont les verniers donnent 10 secondes centésimales, sont très-propres aux observations de latitude et d’azimut, parce gu’ils se composent de deux cercles perpendiculaires entre eux, et ayant chacun om,3 de diamètre : l’un destiné à la mesure des angles horizontaux, l’autre à celle des angles verticaux. Celui-ci est placé extérieurement au cercle horizontal , et est armé d’une lunette dont l’axe optique doit être parallèle au limbe. On peut alors, par une manœuvre facile, mesurer et répéter indéfiniment, soit les angles horizontaux, soit les angles verticaux; mais pour la mesure des premiers il est indispensable de faire usage de la lunette de repère. Nous n’en dirons pas davantage à ce sujet, la vue et l’examen des instruments en apprenant plus que les explications écrites les plus détaillées.
DE l’usage DU CERCLE DANS LES OBSERVATIONS ASTRONOMIQUES.
126. Les observations azimutales se font souvent en prenant la distance angulaire entre un astre voisin de l’horizon et un objet terrestre. La méthode qu’on emploie pour cet effet ne diffère pas de celle par laquelle on mesure un angle sur le terrain; il est seulement à remarquer, i° que le cercle a besoin d’ëtre ramené sans cesse dans le plan variable des objets, parce que l’astre s’éloigne ou s’approche continuellement de l’horizon ; que l’on doit tenir compte de l’heure précise de la fin de chaque observation. Cette pratique demande une grande habitude;
r94 TRAITÉ DE GÉODÉSIE.
aussi le théodolite répétiteur est-il de beaucoup préférable au cercle ordinaire , en pareille circonstance.
Si l’on observe une étoile, son diamètre est insensible , et se réduit à un point lumineux, même dans les plus forts télescopes; mais la lumière de l’étoile et le feu établi à l’objet terrestre (par exemple, une lampe à courant d’air munie d’un réflecteur parabolique) , n’étant pas suffisants pour éclairer le champ des lunettes de manière à ce qu’on puisse bien distinguer les fils, si l’on observe pendant la nuit, on place un feu de bougie près de chaque objectif. L’observateur qui est chargé de pointer sur l’astre, ne le met pas exactement sous le fil vertical, afin que l’autre observateur ait le temps de ramener sa lunette sur l’objet terrestre, dans le cas où il y aurait un petit écart; ensuite l’un d’eux compte l’heure , la minute, la seconde et la fraction de seconde que la pendule marque à l’mstant où l’étoile passe sous le fil. Si une troisième personne était chargée de noter l’heure de l’observation, celle qui pointe sur l’astre l’avertirait, à l’instant du passage sous le fil , par un mot d’une seule syllabe.
Comme le mouvement de l’astre , par rapport au signal , est sensiblement uniforme pendant de courts intervalles de temps , comme de 8 à 10 minutes, on divise l’arc parcouru, par le nombre des observations; et l’arc moyen qui en résulte est assez exactement la distance de l’astre au signal, pour l’instant moyen entre ceux de toutes les observations.
Si l’on observait le Soleil, on interposerait un verre noir entre l’œil et l’oculaire de la lunette du cercle, afin de pouvoir fixer cet astre sans danger; et l’on mettrait alternativement en contact avec le fil vertical son bord oriental et son bord occidental, pour éviter de tenir compte du demi-diamètre de cet astre; ayant soin d’ailleurs que le disque soit au même instant divisé en deux parties égales par le fil horizontal . Quand on préfère observer le même bord , il est essen tiel d’indiquer celui qu’on a mis en contact avec le fil vertical, afin de savoir si l’arc de distance mesuré doit être augmenté ou diminué du demi-diamètre du Soleil ; et il ne faut pas oublier que la lunette renversant les objets , le bord oriental apparent est le bord occidental vrai, et vice versa.