CHAPITRE XII
FORMULES PAR LESQUELLES ON EXPRIME EN FONCTION DE LA LATITUDE DIFFÉRENTES LIGNES DE l’eLLIPSOÏDE DE RÉVOLUTION , ET APPLICA¬ TIONS DE CES FORMULES AU SPHÉROÏDE TERRESTRE.
167. Suivant Newton, la Terre considérée comme une masse fluide homogène , dont les molécules sont soumises à leur attraction mutuelle, aurait la forme sphérique, abstraction faite de son mouvement de rotation sur elle-même ; mais la force centrifuge due à ce mouvement l’a renflée à l’équateur et aplatie aux pôles, en lui donnant la figure d’un ellipsoïde de révolution dont les axes sont dans le rapport de a3o à 229; figure qui se sera conservée à très-peu près durant la solification , si aucune cause n’est venue troubler l’équilibre de la masse. Que la Terre ait été originairement sous l’influence d’une très-haute température, dans un état de fluidité parfaite, c’est ce que semble prouver l’étude physique et géologique de son écorce ; mais il est impossible d’admettre l’hypothèse de l’homogénéité (*). Aussi Clairaut, à qui la science est redevable d’une belle théorie mathématique de la figure de la Terre, a-t-il montré, par la comparaison des longueurs du pendule à secondes,
(*) Une excellente notice scientifique de M. Arago sur ce sujet, insérée dans l 'Annuaire du Bureau des Longitudes pour 1 834 > donne un grand poids à l’hypothèse d’une excessive chaleur d’origine , qui paraît exister encore sous les premières couches solides qui recouvrent notre globe ; puisqu’un accroissement régulier de température s’observe partout, à mesure qu’on pénètre à de grandes profondeurs, et qu’il suffit d’un enfoncement de 20 à 3o mètres pour que cet accroissement soit de 1 degre centigrade.
mesurées à différentes latitudes, que l’aplatissement qui en résulte appartient à un sphéroïde hétérogène , et est par conséquent moindre que dans l’hypothèse établie par Newton, c’est-à-dire plus petit que L’illustre auteur de la Mécanique céleste a ensuite embrassé cette théorie délicate dans sa plus grande généralité, en l’étendant aux planètes supposées recouvertes, comme la Terre, d’un fluide en équilibre.
En admettant donc que notre globe ait la forme elliptique, la pesanteur, qui agit suivant la verticale du lieu où on la considère, augmente nécessairement d’intensité en allant de l’équateur au pôle , et le calcul fait connaître que son accroissement est proportionnel au carré du sinus de la latitude du lieu dont il s’agit. De plus, la force centrifuge qui s’exerce toujours perpendiculairement à l’axe de rotation est également variable , et sa diminution est aussi proportionelle au carré du sinus de la latitude. Enfin, par la réunion de ces deux causes , la pesanteur observée en un point de la surface de la Terre est l’excès de l’attraction totale sur la force centrifuge décomposée suivant le rayon terrestre; et cette force est, à l’équateur, à très- peu près Ykj de gravité, tandis qu’aux pôles elle est nulle.
Avant de nous assurer, par des mesures géodésiques et astronomiques , si la Terre est réellement un ellipsoïde de révolution aplati aux pôles, nous la supposerons telle. En conséquence, soient CE ( Jîg . 39) le rayon de l’équateur, et P le pôle. Si par le point A on mène la tangente AT à l’arc elliptique PAE, la droite AM, perpendiculaire sur AT sera la normale en ce point, et l’angle ALT = FAT sera la latitude H du point A.
Soient de plus le rayon de l’équateur CE = a , celui du pôle CP = b ; l’équation du méridien sera
x, j étant les coordonnées CF, FA d’un point A quelconque. Or, il résulte des principes du Calcul différentiel , que le rapport ~ exprime
en général la tangente trigonométrique de l’angle que la tangente à une courbe fait avec l’axe des .r; on a donc
^ = cotH.
dx