‹ Traité de géodésie, ou, Exposition des méthodes trigonométriques et astronomiques: applicables (volume 2)Chapitre 63 sur 120 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

DénomincUions des principales éloiles, ei moyens de les

w reconnaiire.

sgi. JLiEs méthodes d'obsenration qui seront l'objet des chapitres suivans exigeant quelque connaissance de l'état du ciel, nous allons donner la description des principales étoiles et indiquer les moyens de les reconnaître aisément.

Quand on observe les étoiles avec une bonne lunette, elles pa-* raissent toutes comme des points plus au moins brillans, mais plus petits qu'à l'œil nu. Les planètes présentent au contraire un disque sensible et analogue à celui de la Lune; aiusi, il est impossible de confondre dans un télescope Vénus ^ Mars , Jupiter et Saturne avec les plus belles étoiles. A la vue simple , Mars parait de couleur rougeâtre, Jupiter et Vénus de couleur claire et argentine, Saturne est pâle et plombé^ et quand on observe ces corps célestes pendant plusieurs jours, on s'aperçoit qu'ils ne conservent pas les mêmes positions par rapport aux étoiles voisines; d'ailleurs ils scintillent très peu, sur-4out quand ils sont à quelque distance de l'horizon.

Les dénominations des principales constellations ou dstérismes renaontent à la plus haute antiquité. Mais dans les tems modernes ^ les étoiles qui composent un même groupe ont été désignées mé* thodiquement par des lettres grecques, ou romaines ^ ou par des chiffres. Les étoiles, selon leur plus ou moins d'éclat ^ se nomment de première , de seconde , de troisième , etc. grandeur. Cette classi-* fication n'a sans doute rien de rigoureux ; aussi arrive-t-il que les astronomes ne sont pas toujours d'accord sur la grandeur, ou plutôt sur la mesure de l'éclat de la lumière d'une éloile.

La première constellation qu'il importe de remarquer, et qui s»jt à trouver successivement toutes les autres , est la grande Ourse^ ou vulgairement le Chariot (ûg. is). Elle se trouve pour nous vers le pôle élevé, et se compose de sept étoiles principales et très visibles. Les quatre premières sont ^ > i^ , > , cT, et forment un quadrilatère : les

trois autres €, ^, u représentent la Queue de la grande Ourse, parce que sur les anciennes cartes célestes, ces trois étoiles occupent cette partie même de l'animal qui y est figuré.

La droite menée par /3 et ât de la grande Ourse ou par les gardes, passe très près d'une étoile assez belle, qu'on nomme la Polaire, et autour de laquelle toutes les autres qui l'avoisinent semblent tourner d'orient en occident. Cette étoile est la principale ou l'a de la petite Ourse , autre constellation à peu "^ÊSr semblable à la première, mais plus rapprochée du pôle. Cette seconde constellation a i^oxxv gardes j8 et y^ étoiles de troisième grandeur.

«t et /3 de la petite Ourse servent principalement à déterminer la latitude d'un lieu de la Terre. La première ou la Polaire passe à peu près au méridien, quand elle se trouve dans le même vertical avec celle des trois étoiles de la queue de la grande Ourse , la plus voisine du quadrilatère, c'est-à-dire g. Ainsi, on peut savoir, à l'aide d'uB fil-à-plomb placé à quelque distance de l'œil, lorsque cette circonstance à lieu, et trouver à peu près, pendant la nuit, la direction de la ligne méridienne terrestre.

La constellation du Dragon se reconnaît par une file d'étoiles qui entourent la petite Ourse j l'étoile la plus remarquable de cette constellation est désignée par <t et se trouve entre la queue de la grande Ourse (fîg. la ) et les gardes de la petite Ourse.

La droite menée par les étoiles Ç et n de la queue de la grande Ourse et prolongée de Si* environ, passe fort près d'une étoile de la première grandeur , nommée \Arcturus ou l'a du Bouvier.

La Chèvre, ou l'étoile principale de la constellation du Cocher, est de première grandeur ; elle est située sur la ligne menée par ^ et (t de la grande Ourse (fig. i3).

La ligne tirée de l'étoile € de la grande Ourse à la Polaire, passe de l'autre côté du pôle, au milieu d'une constellation nommée Cassiopée, et composée de cinq étoiles principales qui font une espèce de M.

Au-delà de Cassiopée se trouve un groupe de sept étoiles occupant une grande étendue; quatre de celles-ci forment le quarré de Pégase, opposé au quadrilatère de la grande Ourse. Vol du quarré de Pégase se nomme la tête d^ Andromède; cette étoile est la plust septentrionale des quatre de ce quarré. La luisante et de Persée, ou la quatrième à partir de la tête d'Andromède , est la plus près da pôle.

On trouve la constellation du Lion, en prolongeant de 45* environ vers le midi; la droite qui joint a et /3 de la grande Ourse : elle forme un grand trapèze à Tun des angles duquel est une étoile de la première grandeur, nommée Régulas. La queue j3 du Lion est une étoile de deuxième grandeur, située un peu au midi de la ligne tirée de Régulus à Arcturus, et est à i5' de Régulus vers rorienl ( fig. xa ).

La constellation d'Orion est un groupe de plusieurs étoiles rangées suivant l'ordre que présente la figure i4. En hiver elle paraît du côté du sud vers les sept à huit heures du soir. Dans l'intérieur du quadrilatère, formé des étoiles >» a, x, jS ou Rigel, on remarque trois étoiles en ligne droite, désignées par J^, £, Ç, et vulgairement appelées les trois Rois, ou , selon les astronomes, le Baudrier d^Orion.

Sirius, rétoile la plus brillante et la plus scintillante de celles que nous apercevons, eat à l'orient du Baudrier ; c'est Va du grand Chien. Les Pléiades, formant un amas dé petites étoiles, sont à l'occident en tirant vers le nord.

^Idébaran ou et du Taureau est une étoile de la première grandeur, située fort près des Pléiades, et sur la ligne menée de l'étoile. y d'Orion aux Pléiades : elle est remarquable par sa grandeur, son éclat et sa couleur rouge.

Procyon ou le petit Chien est une étoile , entre la première et la deuxième grandeur, située au nord de Sirius et plus orientale qu'Orion : elle fait avec Sirius et le baudrier d'Orion un triangle presque équilatéral.

Au nord de Procyon se trouvent, dans la constellation des Gémeaux , deux étoiles assez remarquables et peu distantes l'une de l'autre; la première, la plus au nord, est désignée par et ou Castor; la seconde, par /3 ou Pollux.

La diagonale ety du quarré de la grande Ourse ,. prolongée de 68% passe près d'une étoile de la première grandeur, connue sous le nom de Vépi de la yierge ( fig. la ). Cette étoile fait à peu près un triangle équilatéral avec Arcturus et la queue du Lion.

€L de XdiLyre ou Tf^éga (fig. j5) est une des plus brillantes étoiles du ciel , et fait presque un triangle rectangle avec Arcturus et la Polaire; l'angle droit étant vers l'orient à la Lyre.

Au midi de la Lyre parait une belle étoile de la seconde grandeur^ dans la constellation de \ Aigle : elle est désignée, dans les eàtaloguôa^ a. 12

par « M Ahcur. Cette étoile est située entre deux autres qui en sont

fort |»rodies , et qui forment une ligne droite avec elle.

Le Capricorne est une constdiatian indiquée par le prolongement de la ligne qui passe par h Lyre et par FAigle. Deux étoiles de troi* sîème grandeur, « et jS, à a* Fune de l'autre, soi^ placées sur ce prolongement, et forment la tête du Capricorne. A so^ plus loin, du côté de l'orient, sont deux autres étoiles, J^ et y y situées de l'orient à foccident et à s* l'une de l'autre, lesquelles composent la queue du Capricorne.

En menant une ligne de l'Aigle à la queue du Capricorne , son prolongement de no* indique Fomalhaut ou la bouche du Poisson austral, étoile de première grandeur.

Enfin, la ligpe noenée de Régulus à l'épi de la Vierge, et proloi^e vers l'orient, rencontre la constellation du Scorpion j composée de trois étoiles au front du Scorpion, et formant un grand arc du nord au 6ud. L'étoile de la première grandeur, placée à l'orient et comme au centre de cet arc , se nomme Antarès ou le cœur du Scorpipn.

Nous n'étendrons pas d'avantage ce Catalogue d'étoiles , qui est plus que suffisant pour mettre en pratique les méthodes que nous allons exposer. Ceux qui désireront une description complète des constellations, pourront consulter le Traité d^ astronomie de Lalande, ou VUrano^aphie de M. Francœur (a^ édition).

Outre ^s étoiles que l'on aperçoit à la vue simf^, on reinarque dans le ciel une lumière blanche de forme irrégulière, et à laquelle ^n a dowé le nom de voie lactée : elle entoure le ciel en forme de ceinture, et parait, à Taide du télescope, être formée d'un amas de petites étoiles dont les distances angulaires sont extrêmement pe-« tites. Quant aux parties qui ne présentent qu'une lumière blanche et continue, elles se nomment nébuleuses.

EnjSn il est des étoiles , conune Algol ou la tête jS de Méduse , située au sud et à peu de distance de a de Persée, qu'on nomme changeantes, parce qu'elles ont un éclat variable : celle-ci passe de la seconde à la quatrième grandeur , dans une période de 69^. II en est d'autres dont la lumière augmente de plus en plus depuis un grand laps de tems ; d'autres au contraire qui, après avoir brillé tout à coup , n'ont pas tardé à disparaître : phénomène extraordijiaire qui parait dû à un vaste incendie.

999. Nous ferons remarquer que le moyen le plus sûr pour apprendre à connaître les étoiles ^ indépendamment dd cartes célestes et de la méthode des alignemens, est de les observer à leurs passages au méridien. Pour cet eflèt. Ton calcule l'heure du pas* sage en tems vrai, d'une étoile bien connue, de Sinus par exemple, et après avoir disposé les lunettes du cercle répétiteur, comme il est dit à l'art, lai, on dirige la (unette sur cette étoile^ pour la suivre jusqu'à l'instant de sa médiation, en ayant soin d'éclairer un peu l'objectif (art. 127), afin de pouvoir placer l'étoile exactement sous le fil vertical. Le cercle étant alors fixé invariablement , pourra servir à faire connaître les principales étoiles du Catalogue , dont on aura calculé l'heure du passage, et lorsqu'on aura amené la lunette supérieure au point du limbe qui désigne la plus grande hauteur que l'étoile proposée puisse atteindre au-dessus de l'horizon ; hauteur qui est évideiBment égale à celle de l'équateur , plus ou moins la déclinai* son de cette étoile; parce que de cette manière, l'astre, au moment de sa médiation, aéra peu éloigné de l'axe optique, et par oonséquent &cile à distinguer des étoiles plus petites qui pourraient ràvoisinâr*

Quand on saulra réglei* ude pendule siU: le tems sidéral, il M sera pas nécessaire de déterminer le tems vrai du passage, puisqu'è œt instant la pendule marquwa l'aaoenaiao droite de Tétoite {«rt» iji).

9a TRAITÉ DE GÉODÉSIE.

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