‹ Traité de géodésie; ou, Exposition des méthodes trigonométriques et astronomiques, applicables à la mesure de la terre, et à la construction du canevas des cartes topographiques;Chapitre 35 sur 194 · D£S MARIÉES · texte numérisé non relu

D£S MARIÉES

33. En vertii de la gravitation universelle, la Lune agit sur la masse •entière de notre globe dont les parties fluides, pour céder à cette action plus ou moins forte , et même à celle du Soleil , produisent dans le vaste Océan des oscillations continuelles désignées sous les noms de fiux et reflux ou sous celui de marées. En ne considérant ce phénomène que relativement au Soleil , son effet est le plus grand aux équinoxes. La marée lunaire est aussi la plus forte quand la Lune est dans l'équateur. En général le Soleil et la Lune exercent leur puissance attractive avec d'autant plus d'énergie que ces deux astres sont plus près de nous, et les phénomènes qui en résultent sont d'autant plus sensibles qu'une mer a plus d'étendue. De là vient que la marée solaire est agrandie au i**" janvier et que celle de la Lune l'est également lorsque cet astre est au périgée. Aux époques des équinoxes , les marées sont donc les plus fortes si la Lune est périgée et dans son nœud sur l'équateur, et elles sont les plus faibles quand la Lune est apogée et qu'elle a une grande déclinaison. Il faut qu'il s'écoule un certain temps pour que le phénomène de la marée , annoncé par le calcul , se réalise complètement; ainsi la marée d'une syzygie n'est à son maximum d'intensité que 36 heures après la nouvelle ou la pleine Lune. Les causes constantes qui donnent lieu à ce qu'on appelle V établissement du port sont ce retard de 36 heures après l'action des deux astres attirants, et celui qui est dû aux circonstances des localités. La Connaissance des Temps et Vjinnuaire du Bureau des Longitudes indiquent chaque année les époques des plus grandes marées, calculées par les formules de la Mécanique céleste ^ et les hauteurs auxquelles ces marées parviennent relativement au niveau moyen de la mer; c'est-à-dire à celui qui existerait sans l'action luni-solaire , ou qui, à l'époque des équinoxes , tient le milieu entre les plus hautes et les pluà basses eaux.

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