ET DU PHYLLADE INTERMÉDIAIRE
ou Schiste-traurnatique .
Grauwackenschiefer des Allemands.
Gray-wacke sla te des Anglais.
Schiste (le transition de quelques minéralogistes.
§ 235. Le traumate n’est, à proprement parler, que le grès qui se trouve dans les terrains intermédiaires.
(i) Je pense qu’en général les roches doivent recevoir un nom indépendamment de leur ordre dans la série des roches, prises sous le rapport de leur âge relatif, c’est-à-dire indépendamment de toute considération de superposition : c’est aiusi que M. de Buch a décrit et par conséquent nommé les porphyres de Schweidnitz en Silésie, sans connaître la roche sur laquelle ils reposent $ sans même connaître la classe à laquelle ils appartiennent. Mais cette règle souffre aussi des exceptions : nous en ferons une pour le grès qui se trouve dans les terrains intermédiaires ; uniquement d’après la considération de son gissement , il sera une grauwacke. L’accord presque unanime de tous les g 'ognostes allemands , anglais et français, qui donnent un nom particulier à ce grès, montre le nécessité d’en agir ainsi , et justifieut l’exception. Le mot grauwacke , qu’on emploie fréquemment chez nous , m’a paru trop étranger à notre langue pour être conservé , comme mot français , dans un traité de géognosie écrit en cette langue, et je l’ai remplacé
TRAUMATE.
Il est ordinairement composé de grains ou fragments de quartz et de lydienne, parmi lesquels on a très-fréquemment des fragments de phyllade, etc. Ces parties sont agglutinées par un ciment qui est encore de la nature du phyllade , mais plus grossier et habituellement imprégné de silice : en général il est en petite quantité , proportionnellement à celle des fragments. La grosseur des grains de quartz et de lydienne excède rarement celle d’une noix ; mais les morceaux de schiste-phyllade y sont très-souvent plus grands que la main. Les fragments et grains diminuent fréquemment de grosseur , au point de n’être plus perceptibles ; la roche prend en même tems une texture schisteuse ; elle se rapproche du phyllade , et finit même par y passer entièrement lorsqu’il n’y a plus de grains.
Nous aurons donc ici : i° le traumate proprement dit, ou grauwacke commune ; 2° le traumate schisteux , ou schieffrige grauwacke ; 3° enfin le phyllade intermédiaire , ou schiste traumatique (grauwacken schiefer) : le terme moyen peut être
par celui Je traumate ( dérive de , fragment ) , qui désigue
la nature de la roche.
Le nom de grauwacke lui a été donné par les mineurs du Hartz , qui désignent sous le nom générique de wacke , les roches qu’ils rencontrent dans leurs travaux , lorsqu’elles ne sont point métallifères : ils «appellent l’une rauliwacke (wacke rude), à cause de sa rudesse au toucher , et ils ont nommé celle-ci grauwacke (wacke grise), à cause de sa couleur habituelle.
204 terrains intermédiaires.
supprime , et suivant que les grains y seront plus ou moins apparents , on le rapportera à un des deux extrêmes.
En définitive, le traumate sera un grès imprégné de silice. Saussure avait déjà remarqué celte qualité ; et après avoir fait observer que les grès des terrains secondaires ont un ciment calcaire , il ajoutait : « Ceux que l’on trouve immédiatement sur les rocs primitifs , dans l’intervalle qui les sépare des premiers rocs secondaires , sont liés par un gluten quarlzeux. (Sauss., § 690. ) »
Indépendamment du traumate dont nous venons de parler, et qui est proprement le grès des terrains intermédiaires , il s’en trouve encore un autre à gros grains ; quelquefois c’est un poudingue composé de fragments arrondis de granité , gneis , de phyllade , etc. ; tel est celui de Valorsine : d’autres fois les fragments sont anguleux; ils forment , au milieu des terrains de phyllade , des brèches composées presque entièrement de morceaux de celte roche , qui excèdent quelquefois en volume la grosseur de la tête. De pareilles brèches, uniquement formées des fragments de la roche au milieu de laquelle elles se trouvent , pourraient quelquefois n’êfcre point de vrais Lraumates , c’est-à-dire ne point appartenir à des terrains intermédiaires ; mais bien être, dans un sol primitif, le résultat d’un accident particulier et uniquement local , tel qu’un affaissement