‹ Traité de géognosie. Ou, Exposé des connaissances actuelles sur la constitution physique et minérale du globe terrestre (volume 2)Chapitre 15 sur 46 · DES ONEIS, SCHISTES -MICACÉS ET SERPENTINES · texte numérisé non relu

DES ONEIS, SCHISTES -MICACÉS ET SERPENTINES

Ces roches , considérées comme faisan! partie des terrains intermédiaires , n’ont guère été jusqu’ici l’objet que d’un seul travail : nous allons le faire connaître.

§ 249. M. Brochant, dans ses observations géologiques sur les terrains de la Tarentaise , en Savoie (2), a montré, au milieu de ces terrains, deux systèmes de couches particuliers , l’un forme de phyllade, de poudingues, de schiste-anthraciteux

(,) Voyage aux régions équinoxiales, liv. I, ch. U»

(2) Journal des Mines , tom. XXIII.

GNEIS ET SCHISTES-MICACE& 287

avec impressions de plantes ; et l’autre consistant en calcaire grenu contenant beaucoup de brèches calcaires , et dans lequel on a trouvé une coquille que ses caractères rapprochent des nautiles. Ce professeur nous a ensuite fait voir que ces deux systèmes alternaient , i° avec des gneis , quoique en petite quantité ; 20 avec de vrais schistes-micacés à feuillets brillants, contenant même un peu de feldspath ; 3° avec des quartz renfermant des paillettes de mica (hyalomictes), passant quelquefois au quartz compacte , et plus souvent encore au quartz grenu ; 4° avec de la serpentine contenant de la belle amianthe ; 5° vraisemblablement encore avecdes amphibolites. Ces diverses masses , postérieures à l’existence des êtres organisés, n’appartiennent donc pas aux terrains primitifs.

M. Brochant a poursuivi , dans les Alpes qui avoisinent la Tarentaise , les conquêtes qu'il venait de faire aux formations intermédiaires, et il ne s’est arrêté que devant le Mont-Blanc et les Grandes-Alpes, retenu par un reste de considération pour leur ancienne prérogative de primordialité, et par cette élévation qui les place au premier rang parmi les montagnes de l’Europe : mais sans désespérer qu’un jour de nouvelles découvertes ou de nouvelles analogies ne les fissent passer dans les terrains intermédiaires ; et en remarquant formellement que lors même que ces

hautes Alpes appartiendraient aux terrains primitifs, elles n’étaient séparées, par aucune interruption, du terrain intermédiaire de la Savoie, et qu’il y avait continuité entre la formation de ces deux terrains : conclusion très-importante, et sur laquelle nous avons déjà insisté.

Je remarquerai ici que lorsqu’en 1807 , M. Brochant fit le mémoire dont les conséquences ont été adoptées par tous les minéralogistes , ce savant manquait encore d’une partie des preuves qui les rendent aujourd’hui incontestables ; alors on n’avait pas encore trouvé des coquilles dans les calcaires de la Tarentaise.

« Depuis les observations de M. Brochant, dit M. de Buch , je commence à croire que le gneis même, entre Marti gny et Saint-Maurice , que tous les singuliers poudingues de la vallée de Trient jusqu’à Valorsine, que les rochers de gneis entre Martigny et Saint-Branchiez, appartiennent au terrain de grauwacke , et ne sont pas primitifs. Ces roches se retrouvent dans tout le Valais, quoique sans poudingues (1). »

M. Mac-Culloch , dans sa description de l’île de Skye, indique une alternative et même un passage entre le gneis , le quartz en roche , et même le grès (2) ; mais je crains qu’il n’y aitici quelque malentendu, et que nous ne désignions peut-être sous le même nom des substances différentes.

(1) Leonhard's Taschenbuch fur die gesammte minéralogie. 1812 , pag. 335.

(2) Transactions of the geological society , tom. IV, pag. i65.

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