‹ Traité de géognosie. Ou, Exposé des connaissances actuelles sur la constitution physique et minérale du globe terrestre (volume 2)Chapitre 39 sur 46 · COUCHES · texte numérisé non relu

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dérable ; il est rare que celle des filons soit au-dessous de 45° ; et celle des couches est le plus souvent dans ce cas. Au reste , assez fréquemment , on en trouve qui ont une forte inclinaison et qui sont meme verticales.

Leur parallélisme à la stratification fait qu’elles ne présentent point les diverses circonstances d’intersection , de croisement et de rencontre qu’on voit si souvent dans les filons. Quelquefois cependant, les strates qui séparent deux couches, venant à s’amincir et finalement à disparaître, les couches se joignent et se confondent en une seule, laquelle montre ainsi une bifurcation dans une de ses parties.

§ 397. Les couches présentent de grandes variations dans leur étendue et le rapport respectif de leurs dimensions. On ne peut guère dire que les plus puissantes sont aussi les plus étendues en longueur et en largeur : cette règle serait sujette à trop d’exceptions. Nous avons vu la couche marno-bitumineuse cuprifère de laThuringe se porter peut-être a cent lieues, quoiqu’elle ait à peine un pied de puissance ( § 287 ).

Des couches très-épaisses sont quelquefois trèscourtes, et finissent par devenir des arnas.

En général, les couches sont plus étendues et plus régulières dans les terrains secondaires que dans ceux de formation primitive ou intermédiaire.

Étendue et forme.

GITES DE MINERAI».

Rapport entre les couches et les terrains.

Elles finissent d’ordinaire en s’amincissant vers leurs bords , et se terminent ainsi sous forme de coins plus ou mois aigus ; rarement se divisentelles à leurs extrémités en ramifications qui se perdent dans la roche ; rarement encore se terminent-elles brusquement avec une grande puissance : la couche ferrifère de Piancié nous a offert un exemple de ce dernier cas. Quelquefois le volume d’une couche restant le meme, on la voit changer peu*à-peu de nature et devenir tout autre à une certaine distance : au reste , ce fait est assez rare , et je n’en ai pas vu d’exemple bien positif.

Les particularités que les couches de houille présentent dans leurs étranglements et leurs renflements, ainsi que dans leur rejet lorsqu’elles sont traversées par des filons ( §§ 260 et 266 ), se montrent encore quelquefois dans les couches des substances pierreuses et métalliques. Il serait superflu de revenir sur cet objet.

§ 898. Tous les terrains ne contiennent pas la meme quantité de couches : dans les primitifs, ce sont ceux de schiste-micacé et de schiste-phyllade qui en présentent le plus grand nombre. D’un pays à l’autre , le meme terrain offre , sous ce rapport , de grandes différences : en Saxe , le gneis, qui abonde en filons auprès de Freyberg, ne renferme presque plus que des couches à Ehrenfriedersdorff , c’est-à-dire à dix lieues plus loin. Ail-

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leurs, onne trouve guère que cette espèce degîte : je n’en ai point vu d’autre dans les Alpes piémontaises.

L’agedes montagnes semble être en quelque rapport avec la nature de certaines couches mélallifères ; c’est ainsi que les observations faites jusqu ici , n’ont fait trouver que dans les terrains anciens , les couches d’étain , de fer oxidulé , de cuivre oxide. Dans les montagnes secondaires, on trouve principalement des couches de plomb sulfuré , de zinc oxidé , de fer hydraté , etc.

Arrêtons-nous quelques instants sur les minerais qui se trouvent le plus fréquemment en couches.

i° Le fer oxidulé ou fer magnétique. Les fameuses exploitations de Dannemora en Suède, qui donnent le meilleur fer connu , 2$o mille quintaux par an, ont lieu sur une énorme couche renflée, ayant jusqu’à 55 mètres de puissance, et formée d’un minerai presque compacte. Celles d’Utoë, les secondes de la Suède , tant par la qualité que la quantité ( 200 mille quintaux par an ) , présentent un banc ayant environ quarante mètres de puissance , et près de mille mètres de long, sur une petite largeur; son minerai est à grain fin, et est traversé par des veines de fer carbonaté.

J’ai observé des couches de fer oxidulé en Saxe et en Piémont , et j’y ai trouvé presque toujours ce minerai accompagné d’amphibole, d'actinote, de grenats, d’épidote, de chlorite, etc.,

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classe particulière de minéraux que l’on pourrait appeler sidéritiques ( \çoç7 fer), vu la disposition où ils sont de se charger habituellement de protoxide de fer ( oxide vert) ; disposition qui paraît inhérente à leur nature , car quelques autres substances, telles que le calcaire, le quartz et même le feldspath, que l'on trouve aussi assez souvent dans le même gissement, ne prennent point ou presque point le même oxide.

2° Fer oxide. J’ai observé auprès d’Ivrée , une couche très-régulière ayant environ un pied d’épaisseur , el toute composée de la variété dite fer micacé. On a des couches de fer d’oligiste aux mines de Norbergetde plusieurs autres lieux de la Suède. Ccllesdc minerai de ferrouge sont très-fréquentes.

3° Fer hydraté. Ses couches sont peut-être les plus communes, sur-tout dans les terrains secondaires.

Qu’il me soit permis de citer l’exemple d’un gîte extrêmement important et que j’ai été à même de bien observer j c’est la couche ferrifère de Rancié, près de Vicdessos , dans le pays de Foix. La montagne de Rancié est calcaire et fait partie d’un terrain primitif ou intermédiaire qui repose sur le granité. Les couches de cette montagne sont presque verticales. Une d’elles est principalement formée de fer hydraté compacte , assez souvent accompagné ou mélangé de fer carbonaté , et même d’un peu de fer oxidé : en quelques endroits, elle est imprégnée d’oxide de manganèse. Elle s’étend depuis la cime de la montagne jusqu’à son pied ; ce qui donne une hauteur verticale de 6oo mètres, et peut-être s’enfonce-t-elle encore bien audessous : des galeries d’exploitation l’ont fait reconnaître sur une longueur de cinq cents mètres; quanta sa puissance, elle est, terme moyen , d’une vingtaine de mètres; quelquefois elle s’élève à trente ou quarante; mais d’autresfois elle baisse jusqu’à

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