MICA
Si la comparaison entre ces deux analyses n’établit pas l’identité de composition, elle ne met du moins aucun obstacle aux rapprochements que nous avons laits , et elle permet bien de regarder le phyllade comme ayant pour base les principes du mica et contenant de plus une quantité notable de quartz ou de silice.
§ i85. Le phyllade passant du schiste-micacé à l’ardoise, par des nuances insensibles et diver-
(1) Voyez les détails de mon analyse, Journ. de phys., t. 68.
Variétés.
TERRAINS PRIMITIFS
sifiées sous tous les rapports , le nombre de ses variétés est presque indéfini ; je me bornerai à signaler les trois suivantes :
i° L’ardoise tégulaire dont nous avons déjà fait mention.
9° Un schiste noir , plus dur que l’ardoise commune , d’un grain plus serré , se délitant moins aisément en feuillets , lesquels sont d’ailleurs plus épais : c’est la pierre de touche la plus ordinaire. Elle doit les qualités qui la distinguent à une multitude de petits grains de quartz , en partie indiscernables , et peut-être même à de la silice dont elle serait imprégnée.
3° Dans les terrains de phyllade , j’ai souvent vu une roche particulière qui me paraissait tenir à leur masse principale , et par conséquent n’en être qu’une espèce , quoique d’ailleurs elle en différât pour ses caractères extérieurs. Elle est plutôt fendillée dans tous les sens qu’elle n’est schisteuse ; ses feuillets ou fragments sont épais , leur superficie est d’un brun sale et foncé ( par suite de l’altération due au contact de l’air ) ; l’intérieur est d’un gris verdâtre ou noirâtre ; il présente une cassure terreuse , se rapprochant quelquefois de la cassure compacte. Le défaut de caractères positifs ; l’aspect non stratifié de ces masses m’ont quelquefois porté à la prendre pour un eurite terreux ; mais l’ensemble de ses propriétés et son gissemcnt m’engagent plutôt à
PHYLLADE. 99
l’annexer au phyllade. Nos anciens minéralogistes eussent vu en elle une pierre de corne ou corné cnne : nous l’appellerons térénite. oyez le chapitre suivant , art. Ier. )
§ 186. Indépendamment des petits grains de quartz et des paillettes de mica que l’on voit dans les phyllades , on y trouve encore souvent :
i° Du quartz : tantôt en petites lames interposées dans les feuillets de la roche ; tantôt en grains ou rognons , autour desquels se plient ces memes feuillets ; tantôt en petits fdets et veines qui traversent les strates dans toutes sortes de directions ; tantôt en vrais filons ; tantôt , enfin , en grandes couches , ainsi que nous le dirons dans peu. Cette fréquence du quartz, sous toutes sortes de formes , est un fait général qui a été remarqué par tous les minéralogistes.
20 L "amphibole: le plus souvent en faisceaux, composés de fibres divergentes , en forme de gerbes. Plusieurs schistes , ceux de Schneeberg , en Saxe , par exemple , présentent des taches noires et oblongues qui paraissent être des cristaux informes de ce minéral.
3° La macle ( chiastolite) : elle a été trouvée principalement dans le phyllade , en Bretagne , dans les Pyrénées, en Allemagne, en Angleterre, etc. : la partie noire qui est dans l’intérieur de ce minéral , ressemble beaucoup à celle de la roche.
On a observé encore , dans les phyllades , des
Minéraux
contenus.
Stratifica-
tion.
IOO TERRAINS PRIMITIFS.
parties ou des cristaux de feldspath , de grenat ,
de tourmaline , de fer oxidulé , de pyrites , etc.
§ 187. Le phyllade est peut-être la roche la plus distinctement stratifiée ; les feuillets y sont parallèles aux fissures de la stratification ; mais quelquefois ils sont tellement contournés ou plissés , et les plis se conservent, dans un même sens, sur une si grande étendue , qu’une portion des feuillets est inclinée ou même perpendiculaire à la stratification , dans une portion de la couche. De là une grande partie des irrégularités que présentent si souvent les strates de phyllade , et qui ont fait émettre des opinions extraordinaires sur leur division en feuillets : telle serait , par exemple , celle de M. Voigt. Ce géognoste , justement célèbre d'ailleurs , pense que les phyllades ont été déposés en couches à-peu-près horizontales , et qui sont encore dans cette même position ; mais qu’elles se divisent en feuillets, faisant ordinairement un angle droit avec leur plan ; ce qui leur donne l’apparence d’une stratification verticale. Il observe que si la division en feuillets perpendiculaires ne se voit pas en plusieurs lieux , c’est que les couches étant très-épaisses , on 11’aperçoit point les faces qui les terminent , et qu’on ne peut ainsi juger de leur vraie position. Il fonde son opinion sur des couches horizontales qu’il a vues dans le Thüringerwald alterner avec des couches calcaires , et qui étaient divisées en
PHYLLADE
feuillets à-peu-près perpendiculaires à la stratification (i).
Sans admettre l’opinion de M. Voigt , je n’en dois pas moins remarquer qu’il y a réellement des cas où la roche présente des feuillets obliques au plan des couches. J’en ai vu un exemple frappant en Saxe , à quatre lieues au nord de Freyberg : la montagne consistait en couches bien distinctes mêlées de beaucoup de calcaire , alternant avec d’autres couches imprégnées de carbure de fer , ce qui rendait la stratification bien visible. Les premières se délitaient très-nettement, en faisant avec la surface de superposition un angle d’environ 6o°. Ce fait, qui nous frappa beaucoup ( j’étais avec M. Mohs ) , est , d’après Werner, une suite du double feuilletage que présente quelquefois le phyllade. M. le comte de Bournon a remarqué que plusieurs schistes se délitent assez habituellement sous des angles de Go à 120° , et il est tenté de voir ce fait comme résul tant de la présence du mica.
Les strates des terrains de phyllade sont en général fort inclinées : la majeure partie d’entre elles a été formée à-peu-près horizontalement, et elle a été ensuite portée dans sa position actuelle, par l’effet d’une cause qui a agi sur elles après leur consolidation ; cela est incontestablement
(1) P radis che Gebirgskunde , pag. 56,
TERRAINS PRIMITIFS
Couches
renfermées.
prouvé par la situation des fragments de forme plate , que renferment plusieurs de celles qui composent les terrains intermédiaires ( les grau çvacke ) ; ce fait détruit l’assertion de M. Voigt sur la position encore horizontale des strates.
§ 1 88. Les terrains de phyllade renferment un très-grand nombre de couches : les unes leur sont subordonnées , telles sont , d’après Werner , celles de schistes-alumineux, de schiste-graphique, de pierre à aiguiser, deschiste-chlorite et de schistetalqueux ; je pourrais ajouter celles de lydienne , d’anthracite et de carbure de fer. D’autres , telles que celles de quartz , de diabase et de calcaire , y sont habituelles , et peut-être même les deux premières seraient-elles dans le cas des précédentes ; enfin, on y trouve quelquefois et accidentellement , des couches de feldspath , de serpentine , etc. ; sans parler de celles de granité , de gneis , schistemicacé et porphyre , qui alternent dans certaines contrées avec le phyllade. Comme cette roche se trouve en partie dans les terrains primitifs et en partie dans les terrains intermédiaires ; il en sera de même des couches que nous venons de nommer ; cependant , celles de schistes alumineux et graphique , aitisi que celles d’anthracite , appartenant exclusivement aux terrains intermédiaires, nous n’en parlerons pas dans cet article ; nous allons y dire quelques mots sur les autres.
i° Le talc-schisteux , ou schiste composé près-
PHYLLADE
io3
que entièrement de talc , appartient plus particulièrement aux derniers terrains de schiste-micacé , à ceux presque entièrement composés de mica, et qui par conséquent se rapprochent des terrains de phyllade et y passent même : c’est dans de pareils terrains que nous trouvons ordinairement les couches de talc-schisteux : elles y proviennent du passage du mica au talc dans certaines assises ou parties d’assises.
2° Le schiste-chlorite , ou plutôt le chloriteschisteux , ne diffère vraisemblablement de la substance précédente , qu’en ce qu’elle est plus chargée de fer ; elle a encore de grands rapports de gissement avec elle.
Ces roches ne se trouvent guère qu’en petites masses ou couches , et sont au moins aussi fréquentes dans les schistes-micacés et les serpentines que dans les phyllades.
3° Le schiste-coûcule n’est qu’un phyllade un peu talqueux de couleur claire , et contenant du quartz en grains plus ou moins fins. Lorsqu’ils ont un grand degré de ténuité et que la roche offre d’ailleurs une certaine consistance et dureté , elle sert de pierre à aiguiser.
4° La lydienne. Nous avons vu que le phyllade renfermait très - souvent , et sous différentes formes , beaucoup de quartz ; ce qui indique que la silice était en grande quantité dans la dissolution ou dans la substance qui a produit cette ro-
Iû4 TERRAINS PRIMITIFS.
che. Il sera arrivé quelquefois que les molécules siliceuses seront restées dispersées dans la masse du phyllade , lequel en sera ainsi imprégné ; il sera plus dur et à feuillets plus serrés : telle est la pierre de touche dont nous avons fait mention page g8. Si la quantité de silice augmente, et qu’elle finisse par prédominer notablement , on aura une couche de schiste - siliceux ( kieselschiefer , silexschiste des Allemands ) plus ou moins mêlé de matière phylladique : ce fait a lieu principalement dans les phyllades , ou la force de cristallisation a eu le moins d’action, c’est-à-dire dans ceux qui sont homogènes , noirâtres , colorés par le carbone , tels que les ardoises ; alors le schiste-siliceux est également noir ; c’est la lydienne de W erner ( lydischerstein ). Très-souvent les molécules siliceuses qui la constituent , au lieu de former des couches ou assises , se sont réunies et groupées au milieu des phyllades , en entraînant une petite portion de leur substance, à-peuprès de la même manière qu’elles se réunissent dans les craies pour former des rognons et tubercules de silex : de là, les masses arrondies et les boules de lydienne qui existent en grande quantité dans les phyllades. Elles y sont presque toujours traversées, en tous sens, par une multitude de veinules de quartz blanc et hyalin ; ce sont de petits filons formés presque en même tems que la pierre : du tems qu’elle était encore molle , elle se
PHYLLADE
io5
sera fendillée , et les fentes se seront remplies de la partie la plus pure de la substance : les parties hétérogènes et le principe colorant seront restés dans la masse.
D’après ce qui vient d’être dit, la lydienne n’est qu’un quartz ou silex souillé d’une petite quantité de matière étrangère ; il est possible , d’après cela , que sous les rapports oryctognostiques , elle ne mérite pas une considération particulière : mais il n’en est plus de même en géognosie ; elle se trouve si fréquemment , et on est si souvent dans le cas d’en faire mention , qu’il convient qu’elle soit désignée sous un nom particulier; d’autant plus qu’elle porte des caractères suffisants pour la distinguer des autres minéraux ; je les fais connaître , en disant : « La lydienne est une pierre d’un noir grisâtre ou bleuâtre ; elle se brise en fragments irréguliers qui montrent cependant quelque tendance à la forme rbomboïdale ;sa cassure est lisse, habituellement unie ou approchant du concoide évasé ; elle a un faible éclat ( est un peu luisante ) j elle est opaque , dure , assez facile à casser, et presque toujours traversée par des veines de quartz blanc. » Quelques minéralogistes allemands , prenant principalement en considération celle d’ Andreasberg dans le Hartz, l’ont nommée jaspe noir , et cette dénomination est bien en rapport avec son essence; je remarquerai seulement que le jaspe est en général plus terne. M. Brotigniart a compris la lydienne et le kieselschiefer proprement dit , sous le nom de jaspe-schisteux; et je les vois reproduits , dans le traité des roches de M. de Bonnard (i) , sous celui de quartz argilifere schistoide ou phlanite. Le kieselschiefer commun n’est d’ailleurs qu’un quartz grossier ordinairement grisâtre , terne , tenace, à cassure imparfaitement schisteuse dans un sens, et écailleuse dans l’autre.
(i) Dictionnaire d histoire naturelle , art. roche.
io6
TERRAINS PRIMITIFS
La lydienne forme quelquefois , quoique assez rarement , de grandes masses ou couches : je n’en ai vu de pareilles qu’à Andreasberg au Hartz ; la roche y est d’un beau noir , sans vénules de quartz, et à cassure concoïde. Quoiqu’on trouve des exemples de son gissement dans la plupart des auteurs , on peut cependant dire qu’ils sont en général assez rares, et cependant cette pierre est bien commune ; car , dans un grand nombre de terrains de transport , dans la plupart des lits des torrents et ruisseaux qu’on voit couler sur des terrains primitifs ou intermédiaires, ses fragments sont très-nombreux : abstraction faite du quartz, il n’est peut-être pas de roche qui en fournisse un plus grand nombre , sur-tout dans les lieux éloignés des montagnes d’où les galets ont pu venir. On ne la voit que rarement en place , et on trouve ses débris presque par-tout : son mode dé formation est en grande partie la cause de ce fait assez singulier (i). La lydienne est une concrétion siliceuse , opérée au milieu du phyllade , et le plus souvent , les limites entre ces deux minéraux ne
(i) Son explication a donné lieu à une hypothèse plus singulière encore. Fichtel , minéralogiste d’ailleurs distingué , admet que les lydiennes que nous voyons dans les terrains de transport, sont de simples fragments de phyllade qui sont tombés dans les ruisseaux des vallées, et que là ils ont été imprégnés d’un suc siliceux qui leur a donné la dureté que nous leur voyons. Mais les filets de quartz blanc qui les traversent? ils datent incontestablement de l’époque de la formation de la roche.
PHYLLADE
lü7
sont nullement tranchées , ils passent insensiblement de l'un à l’autre ; au milieu d’une masse, on aura donc comme un noyau presque entièrement siliceux ; la silice ira en diminuant peu-à-peu tout à l’entour , jusqu’à ce qu’on n’ait plus qu’un phylladc : de sorte que le noyau , ou la lydienne , sera enveloppé et comme caché sous une croûte plus ou moins épaisse , et il ne deviendra visible que lorsque la décomposition l’aura détruite.
La lydienne se trouve encore dans des terrains autres que les phyllades ; M. Y oigt attribue aux terrains houillers la plupart de celles dont on trouve les fragments dans les ruisseaux d’une partie de la Saxe. M. Omalius de Halloy en a observé une grande quantité dans les calcaires bitumineux noirs du pays de Namur, de Liège , etc.
5° Les couches de quartz pur , soit hyalin, soit à l’état terne et écailleux ou granuleux , sont assez communes dans les phyllades. Elles s’y trouvent de toute grandeur depuis celles qu’on peut regarder comme de simples lames interposées entre les feuillets de la roche , jusqu’à celles qui sont d’une épaisseur assez considérable pour être regardées comme des masses de montagnes : quelquefois la matière de ces couches est entremêlée de phyllade , et elle prend un aspect feuilletée.
6° Les couches de diabase. La plupart des couches et masses de cette roche que j’ai été à même de voir , sont dans des phyllades, et je les regarde
TERRAINS PRIMITIFS
comme y étant subordonnées. Dans le plus grand nombre , les deux principes intégrants , le feldspath et l’amphibole, sont rarement distincts : ils forment une masse compacte verte dans laquelle on voit habituellement des points ou grains pyriteux. Je reviendrai sur ces couches à l’article des roches amphiboliques , et je me bornerai seulement à dire ici que j’en ai vu de fréquents exemples dans les phyllades de la Saxe.
70 Les couches calcaires se trouvent en grande quantité dans la plupart des terrains de phyllade. Presque toujours elles sont mélangées avec leur masse , soit au voisinage de la superposition , soit dans toute leur épaisseur. Lorsque le mélange n’a lieu qu’au voisinage de la superposition , il se fait souvent d’une manière assez remarquable et que j’ai eu occasion de constater en plusieurs endroits : le phyllade , aux approches de la couche calcaire , commence à se charger de sa substance ; il s’en charge de plus en plus jusque vers la partie qu’on pourrait regarder comme la ligne de démarcation entre les deux couches , s’il était possible d’en tracer une ; au-delà , le phyllade diminue graduellement , et bientôt on est dans le calcaire pur. La disposition réciproque des deux substances est encore digne de remarque : les deux matières se forment chacune en parties distinctes ; le calcaire prend la forme des petites masses aplaties qui se disposent à-peu-près sur
PHYLLADE
un même plan , et qui sont entourées et enveloppées par le phyllade , lequel est en plus grande quantité : mais lorsqu’il est en moindre quantité, il se présente en portions très-aplaties , disposées sur des lignes parallèles dans la masse calcaire , laquelle a ainsi un aspect stratifié ; quant aux feuillets , ils sont si courts , si épais , si diversement contournés et enchevêtrés , que leur ensemble n’a que très-imparfaitement la texture schisteuse. Quelquefois , lorsque le phyllade domine notablement , il arrive que les feuillets sont formés de sa propre substance sur les faces , et de calcaire dans leur intérieur : Saussure a remarqué une pareille disposition de ces substances dans les montagnes des environs de Gènes.
La Bretagne m’a offert un exemple de couches de feldspath , et les Pyrénées de couches de serpentine , intercalées dans les phyllades.
§ 189. Le phyllade est le dernier anneau dans la suite des formations schisteuses primitives. Il est même déjà , au moins à moitié, dans les terrains intermédiaires. Nous le considérerons sous ce dernier point de vue , dans le chapitre suivant , et nous verrons ses rapports avec les autres roches des mêmes terrains : nous avons vu ceux qu’il avait, d’autre part, avec le schiste-micacé, et par suite avec les autres roches primitives. Mais quoiqu’à l’extrémité de la série primitive , il ne s’en retrouve pas moins en petites masses dans les
IlO TERRAINS PRIMITIFS.
termes antérieurs de la série ; nous l’avons vu (§ i55) placé sous un granité, en Saxe. M. de Buch nous fournit un autre exemple d’un pareil fait : près de Kielvig, à l’exlrémité septentrionale de l’Europe , on a un phyllade contenant une multitude de petites paillettes de mica et des cristaux imparfaits de macle ; plus loin est un granité à petits grains , contenant , avec des lames de mica noir, beaucoup d’amphibole ; on peut suivre, sur un long espace, la superposition de ces deux roches , et l’on voit évidemment , et sans le moindre doute , dit M. de Buch , que le phyllade s’enfonce sous le granité. Ailleurs on le voit alterner avec le gneis et le schiste-micacé.
Dtîc°“P0Sl* § 190. Quoiqu’en général les phyllades cèdent facilement à la décomposition , ils ne laissent pas de présenter des différences assez sensibles à cet égard. Ceux qui sont imprégnés de silice y résistent davantage. Cette circonstance , les masses de quartz que cette roche contient, et la position si souvent verticale des couches, donnent assez souvent à ses montagnes un aspect fortement découpé , et des vallées profondes séparées par des crêtes aiguës.
La décomposition fait souvent perdre aux phyllades noirs leur principe colorant , le carbone ; il s’unit avec l’oxigène de l’atmosphère , et il se dissipe sous forme de gaz acide carbonique. J’ai quelquefois vu, dans des carrières d’ardoise,
PHYLLADE. 1 1 1
des masses de cette roche traversées par des fissures , à l’aide desquelles l’action décomposante s’étail introduite et avait décoloré les parties adjacentes jusqu’à quelques lignes de distance ; de sorte que la coupe de ces masses présentait l’aspect d’une marqueterie formée de pièces noires encadrées de blanc.
La terre qui résulte de la décomposition des phyllades paraît très-propre à la végétation ; et la plupart des sols formés de cette roche sont en général bien boisés.
§ 19 1. Le phyllade est riche en métaux; mais la plupart des dépôts métalliques qui ont été observes dans cette roche, tels que ceux du Hartz, de la Bretagne , du Mexique , etc. , appartiennent aux phyllades intermédiaires : nous en parlerons dans le chapitre suivant.
Je ferai une observation semblable, relativement à l’étendue. Les phyllades se trouvent souvent dans le règne minéral , et ils occupent d’assez grands espaces : mais encore la plupart sont dans les terrains intermédiaires; et peut-être en est-il ainsi de tous ceux qui ont une grande extension en surface ; c’est du moins l’opinion de quelques géognostes.
Métaux et étendue.
terrains primitifs.
Déno-
mination.