V. Système du Rhin
Les montagnes des Vosges, de la Hardt, de la Forêt-Noire et de rOdenwald,formentdeux groupes en quelque sorte symétriques, qui se terminent l’un vis-à-vis de l’autre par deux longues falaises légèrement sinueuses, dont les directions générales sont parallèles l’une à l’autre et au cours du Rhin qui coule entra, elles depuis Bâle jusqu’à Mayence. Ces deux falaises sont principalement composées d’é- IçiQ.ents rectilignes orientés presque exac-^
SCR LES SQC'LÈVEMENTS
lement du N. 2i”E. au S. 21® O.; et les monta'* gnes qui viennent d’être mentionnées présentent, dans beaucoup de points de leur pourtour ou de leur intérieur, d’autres lignés d’escarpements parallèles aux précédents. Ces lignes, qui sont les traits caractéristiques de celui des quatre systèmes de montagnes de l’Allemagne, que M. Léopold de Buch a nommé système du Rhin, se dessinent très-nettementsurune carte géologique de ces contrées, aussitôt qu’on y distingue par des couleurs diflférenteslesdeux formations, si souvent confond ues ensemble , du grès des Vosges et d u grès bigai-ré. Les escarpements dont il s’agit sont tous composés, en tout ou en partie, degrés des Vosges. Ils forment, en général , la tranche des plateaux plus ou moins étendus dont les couches de cette formation constituent la surface. Ils paraissent dus à de grandes fractures, à une série de failles parallèles qui ont rompu et diversement élevé ou abaissé les dilFérents compartiments ou lanières dans lesquels elles ont divisé* la formation du grès des Vosges, à une époque où cette formation n’était encore recouverte par aucune autre. L’époque de bouleversement dans laquelle elles se sont produites, est par conséquent antérieure au dépôt du système de grès bigarré, du muschelkalk et des marnes irisées, qui, tout autour des montagnes des deux bords du Rhin, s’étend jusqu'au pied des falaises dirigées du N. ai" E.
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au s. O. Ces formations semblent s’être cle'posées dans une mer dans laquelle les montagnes qui constituent le système du Rhin formaient des iles et des presqu’îles. Elles dessinent encore aujourd’hui les contours de ces anciennes terres. Le dépôt du plus ancien de ces trois groupes de couches, le grès bigarré, paraît avoir suivi sans interruption celui du grès des V osges ; car, dansles points où les deux formations sont superposées, il y a passage de l’une à l’autre. Le mouvement qui a élevé le grès des Vosges en plateaux, dont le grès bigarré est venu ceindre la base, doit , par conséquent, avoir été brusque et de peu de durée.
La production des fractures qui caractérisent le système du Rhin ne paraît pas avoir été circonscrite dans les contrées rhénanes. On observe des traces de fractures analogues et semblablement dirigées, dansles montagnes comprises entre la Saône et la Loire, dans celles du centre et du midi de la France et jusque dans les parties littorales du departement du Var, Partout ces fractures sont au:térieures au dépôt du système du grès bigarré, du muschelkalk. et des marnes irisées; partout aussi on peut reconnaître qu’elles sont postérieures au dépôt du terrain bouiller. Il est vrai que l’absence, dans ces mêmes contrées, des formationscomprises entre le terrain bouiller et le grès bigarré, empêche qu’on ne puisse déterminer d’une manière complète l’époque
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relative dé leur formation ; mais on peut dire ^ du moins que nèû ue contredit jusqu’ici l’induction que fournit leur direction, pour les rapprocher de celles qui caractérisent le système du Rhin.
V'L Système du Thuringerwald ^ du Bôhmerwald-Gebirge, du Morvan.
Le terrain jurassique, déposé par couches presquehorizon taies dans un ensemble de mers et de golfes, a dessiné les contours des divers systèmes de montagnes dont nous avons déjà parlé, et en même temps ceux d’un système particulier qui se distingue par la direction O. 40” N. — E. 4o°S., que présententla plupart deslignes de faîteetdesvallées qu’il détermine, et par la circonstance que les couches du grès bigarré, du muschelkalk et des marnes irisées s’y trouvent dérangées de leur position originaire, aussi bien que toutes les couches plus anciennes. Les couches jurassiques, au contraii'e, s’étendent horizontalement jusqu’au pied despenteset sur les tranches des couches redressées de ce sykème; d’où il résulte que le mouvement qui lui a donné naissance a dû avoir lieu entre la période du dépôt desmarnes irisées et celle du grès inférieur du lias. Ce mouvement doit avoir été brusque et de peu de durée, puisque, dans beaucoup de parties de l’Europe, il y a liaison entre les dernières couches des marnes irisées et les premières
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couches du grès du lias; ce <jui montre que la nature et la distribution des sédiments a changé à cette époque géologique, sans que la continuité de leur dépôt ait été interrompue.
Lorsqu’on promène un oeil attentif sur la cartQ géologique de l’ÂHemagne par M. Léopold de Buch, ou sur celle plus détaillée encore du nord de l’Allemagne par M. Hoffmann, on y reconnaît aisément l’existence d’un système de dérangements de stratification qui court à peu près.de l’O. 40” N. à l’E. 40° S., en affectant indistinctement toutes les couches d’une date plus ancienne que le keuper (marnes irisées, red mari) et le keuper luiméme, et qui ont concouru à déterminer les contours sinueux des golfes dans lesquels se sont ensuite déposées les couches jurassiques du nord et du midi de l’Allemagne. Ces accidents comprennent la plus grande partie de ceux que M. Léopold de Buch a groupés sous le nom de système du N.-E. de l’Allemagne. Le Thuringerwald, et la partie du Bôhmerwald-Gebirge comprise entre la Bavière et la Bohême, qui en forme presque exactement le prolongement,. (Sont le chaînon le plus proéminent de. cçt' ensemble d’accidents, plus étendu qUe prononcé, et peuvent servir à donner un nom à tout le système.
En France, comme en Allemagne, on peut reconnaître les traces d’un ridement général