‹ Traite de geognosie, ou expose des connaissances actuelles sur la constitution physique et minerale du globe terrestre. Par J.F. D'Aubuisson de Voisins ... Tome premier 3 Tome 3Chapitre 12 sur 38 · ai · texte numérisé non relu

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SCR LES SOCLÈTEMENTS

^ du sol, dans la direction du N. 5o°0. au S. 5o"E,; ^ mais ce ridement n’a produit, en France ^comme en Allemagne, que des accidents d’une faible saillie, qu’il est impossible de désigner tous dans un extrait aussi abrégé que celui-ci, et dont il serait même difficile de bien exprimer la disposition sans le secours d’une carte sur laquelle seraient bgurés les contours de . fa mer jurassique. Au centre de la France, «près d’ATallonetd’Autun.on voitlespremière» ' çoucbes jurassiques, le lias et l’arkose qui en dépend, venir embrasser des protubérances alongéesdans la direction N. 5o"0. — S. 5o° E. , et composées à la fois de roches granitiques et de couches dérangées du terrain houiller et d’un arkose particulier, contemporain des marnes irisées. La même direction, et des circonstances géologiques analogues, se retrouvent dans une série de montagnes et de collines serpentineuses, porphj ri tiques, granitiques et schisteuses, qui, depuis les environs de Firmy, dans le département de l’Aveyron, se dirige vers file d’Ouessant, en déterminant la direction générale des côtes de la Vendée et des côtes S.-O. de la Bretagne. Vers l’extrémité S.-E. de ce système, notamment aux environs de Brives et de Tèrrasson, le.]^ès bigarré se présente en couches inclinées formant des lignes anticlinales et des crêtes dirigées assez exactement dans la direction dont nous parlons J taudis que, partout où les c.ou-

DES montagnes.

elles jurassiques s’approchent de cette suite de proéminences, elles conservent leur horizontalité, sauf des cas peu nombreux où des accidents dirigés dans des sens différents la leur ont fait perdre accidentellement.

M de Buch avait déjà remarqué que la direction du système du N.-E. de l’Allemagne se retrouve dans celle d’une partie des accidents du sol de la Grèce. En effet, si on imagine un arc de grand cercle qui passe par le Tlniringerwald, en faisant avec le méridien un angle de 5o° du côté de l'O., ou en se dirigeant de l’O. 40" N. à l’E. 40“ S. , cet arc de grand çercle prolongé traversera la Grèce parallèlement aux crêtes des chaînes en partie sous-marines qui constituent l’île de INégrepont, l’Attique et une partie des îles de l’Archipel. Ce système de crêtes que MM. Bohlaye et Virlet ont nommé système Olympique, est composé de roches de la classe des j)rimitives, dont les couches affectent en général la même direction que les crêtes elles-mêmes. Il résulte des observations de MM. Bohlaye et Virlet, que la formation de ces crêtes est antérieure au dépôt des assises inférieures du terrain crétacé; ainsi, le peu qu’on sait sur l’époque de leur apparition se trouve conforme à l’idée de M. de Buch, qui les rapprochait du Thurlngerwald, d’après la considération de leur direction.

SUR LES SOULÈVEMENTS

YIl. Système du Mont Pilas, de la Coted’Or et de FErz^ehirge.

Une foule d’indices se réunissent pour at> tester <jue dans l’intervalle des deux périodes auxquelles correspondent le dépôt jurassique et le système des terrains crétacés {Wealden formation , green sandand chaUt) , il y a eu une variation brusque et importante dans la manière dont les sédiments se disposaient sur la surface de l’Europe. Cette variation a été considérable; car si on essaie de rétablir sur une carte les contours de la nappe d’eau dans laquelle s’est déposée la partie inférieure du terrain crétacé, on les trouve extrêmement différents de ceux de la nappe d’eau dans laquelle s est formé le terrain jurassique. Elle a été brusque; car en beaucoup de points il y a passage de l’un des systèmes de couches à l’autre, ce qui annonce que, dans ces points, la nature du dépôt et celle des habitants de la surface ont varié sans que le dépôt des sédiments ait été suspendu.

Cette variation subite parait avoir coïncidé avec la formation d’un ensemble de chaînons de montagnes parmi lesquelles on peut citer la Côte -d Or (en Bourgogne), le Mont Pilas (en Forez), les Cévennes et les plateaux du Larzac (dans le midi de la France), et même l’Er^ebirge (en Saxe). '

DES MONTAGNES

L’Erzgebirge, la Côte-d’Or, le Pilas, les Cévennes, font partie d’une série presque continue d’accidents du sol , qui se dirigént à peu près du N.-E. au S.-O., ou de l’E. 4°“ N* ® l’O- 4o°S. depuis les bords de l’Elbe jusqu’à ceux du canal de Languedoc et de la Dordogne, et dont la communauté de direction et la liaison de proche en proche, conduisent à penser que l’origine a été contemporaine, que la formation s’est opérée dans une seule et même convulsion. Dans les départements de la Dordogne et de la Charente, en Nivernais, en Bourgogne, en Lorraine, en Alsace et dans plusieurs autres parties de la France, les dérangements de stratification dirigés dans le sens des chaînons de montagnes dont nous parlons, embrassent les couches jurassiques, tandis qu’ils n’alfectent pas les couches inférieures du terrain crétacé à la rencontre desquelles ils se terminent près des rives de la Dordogne et en Saxe, où les couches de grès vert qui forment les escarpements pittoresques de ce qu’on appelle la Suisse saxonne, s’étendent horizontalement sur la hase de l’Erzgehirge. La Côte-d’Or, située au milieu de l’espace dont il s’agit, fait partie d’une série d’ondulations des couches jurassiques qui, après avoir donné naissance aux accidents les mieux ‘

dessinés du sol du département de la Haute- Saône, se reproduit encore dans les hautes vallées longitudinales des jnontagncs du Jura, i.

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par dessous lesquelles toutes les couches du terrain jurassique viennent passer pour se relever dans leurs intervalles, et former les croupes arrondies qui les séparent. Dans le fond de plusieurs de ces vallées on trouve des couches évidemment contemporaines du grès vert d’après les fossiles qu’elles contiennent; et comme ces couches ne s’élèvent pas sur les crêtes intermédiaires qui semblent avoir formé autant d’îles et de presqu’îles, elles sont évidemment d’une date plus récente que le reploiement des couches jurassiques qui a donné naissance à ces crêtes, aux vallées longitudinales, et à tout le système dont elles font partie, et qui comprend la Cô te - d’Or.

Il suit naturellement delà, qu’indépendamment des accidents plus anciens, qui ont déterminé l’inclinaison de diverses couches et notamment des couches schisteuses anciennes qui composent en partie le sol des parties de l’Âllemagne et de la France comprises entre les plaines de la Prusse et celles de la Gascogne, ce sol a éprouvé un nouveau mouvement de dislocation, entre la période du dépôt du terrain jurassique et celle du dépôt du système crétacé; mouvement qui a, pour ainsi dire, marqué le moment du passage de l’une des périodes à l’autre. La direction suivant laquelle cette dislocation s’est opérée, est indiquée par la directictn générale des crêtes dont

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le terrain jurassique fait partie, et dont le terrain crétacé entoure la base. Cette direction, ainsi que je l’ai dit plus haut, court en général à peu près du N.-E. ou S.-O. Cependant il y a quelquefois des déviations suivant la direction de fi'actures plus anciennes; ainsi, dans la Haute-Saône, dans le midi de la Côte-d’Or et dans le département de Saône-et-Loire, on voit un grand nombre de fractures de l’époque qui nous occupe suivre la direction propre au système du Rhin.

Comme on devait natui'ellement s’y attendre, la direction des chaînes du Mont Pilas, de la Côte-d’Or, de l’Ei-zgebirge et des autres chaînes, qui ont pris leur relief actuel immédiatement avant le dépôt du grès vert et de la craie, a eu une grande influence sur la distrihution de ce terrain dans la partie occidentale de l’Europe. On conçoit, en effet, qu’elle a dû avoir une influence très-marquée sur la disposition des parties adjacentes de la surface du globe, qui, pendant la péi’iode du dépôt de ce terrain, se trouvaient à sec ou submergés. Parallèlement aux directions des chaînesque je viens de citer, s’étend, des bords de l’Elbe et de la Saale, à ceux de la Vienne, de la Charente et de la Dordogne, une masse de terrain qui formait évidemment, dans la mer qui déposait le terrain crétacé Inférieur, une presqu’île, liée, vers Poitiers, aux contrées montueuses, déjà façonnées à cette époque,

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de la Vendée, de la Bretagne, et par elles à celles du Cornouailles, du pays dé Galles, de l’Irlande et de l’Ecosse. La mer ne venait plus battre jusqu’au pied des Vosges; un rivage s’étendait des environs de Ratisbonne vers Alais; et le long de cette ligne on reconnaît beaucoup de dépôts littoraux de l’âge du grès vert, tels que ceux de la Perte du Rhône, et des hautes vallées longitudinales du Jura. Plus au S.-El,, on volt le même dépôt prendre une épaisseur et souvent des caractères qui prouvent qu’il s’est déposé sous une grande profondeur d’eau. 11 esta remarquer, que le dépôt du grès vert et de la craie a pris des caractères diiréi’enls sur les diverses côtes de la presqu’île que je viens de nommer, et ce n’est peut-être que dans le large golfe qui continua long- temps à s’étendre entre la même presqu’île et les montagnes du pays de Galles,, du Derbyshire, de l’Ecosse et de la Scandinavie, qu’il s’est déposé avec cette consistance crayeuse de laquelle est dérivé son nom général, quoiqu’elle tienne, selon toute apparence, à une circonstance exceptionnelle.

VllI. Sjst'eme du Mont Viso.

'On est dans l’habitude de réunir en un seul groupe toutes les couches de sédiment comprises entre la partie supérieure du calcaire

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du Jura et la partie inférieure des dépôts tertiaires. Parmi ces couches sont comprises la craie, avec les sables et argiles qui lui servent de support; couches que les géologues anglais désignent par les noms de wealden formation, greensand and chalk. M. d’Omalius d’Halloy a proposé de nommer terrain crétacé ce groupe de couches, de même qu’on nomme terrain jurassique le groupe de couches dont le calcaire du Jura fait partie. Ces mêmes couches, que le besoin d’un nombre limité de coupures a fait réunir, forment un assemblage beaucoup plus hétérogène et beaucoup moins continu que celles dont on compose le groupe jurassique. Il me parait bien probable que, pendant la durée de leur dépôt, il s’est opéré plus d’un bouleversement, soit dans nos contrées mêmes, soit dans les parties de la surface dti globe qui en sont peu éloignées. Il me semble même qu’on peut, dès à présent, signaler un groupe, assez étendu et assez fortement dessiné, d’accidents de stratification et de crêtes de montagnes, comme correspondant à la plus tranchée des lignes de partage que nous offrent les couches comprises dans le groupe crétacé.

L’ensemble des couches du terrain crétacé peut, en effet, se diviser en deux assises trèsdistinctes par leurs caractères zoologiques et par leur distribution sur la surface de l’Europe; l’une, que je propose de designer sous

SÜR. LES SOULÈVEMENTS

le nom de terrain crétacé inférieur, comprendrait les diverses couches de l’époque de la formation wealdienne, et celle du grès vert jusques et compris le reigate fireslone des Anglais, ou jusques et compris notre craie chloritée et notre craie tuffeau; l’autre, que je propose de désigner sous le nom de terrain crétacé supérieur, comprendrait seulement une partie de la craie marneuse et la craie blanche: le terrain crétacé supérieur se distinguerait zoologiquement de l’inférieur, par l’absencepeut-étre complète descéphalopodes à cloisons persillées, tels que les ammonites, les hamites, les turrilites, les scaphites, qui abondent dans certaines couches du terrain crétacé inférieur.

La ligne de partage de ces deux systèmes de couches me pai'aît correspondre à l’apparition d’un système d’abcidënts du sol que je propose de nommer sjrstème du Mont Viso , d’après une seule cime des Alpes françaises qui , comme presque toutes les cimes alpines, doit sa hauteur absolue actuelle à plusieurs soulèvements successifs, mais dans laquelle les accidents de stratification propres à l’époque qui nous occupe se montrent d’une manière très-prononcée.

Les Alpes françaises et l’extrémité sud-ouest du Jura, depuis les environs d’Antibes et de Nice jusqu’aux environs de Pont-d’Ain et de Lons-le-Saulnier , présentent une série de

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crêles et de dislocations, dirigées à peu près vers le JVord-Nord-Ouest, et dans lesquelles les couches du terrain crétacé inférieur se trouvent redressées aussi bien que les couches jurassiques. La pyramide de roches primitives du Mont Viso est traversée par d’énormes failles qui, d’après leur direction, appartiennent à ce système de fractures. Au pied des crêtes orientales du Devoluy, formées par les couches du terrain crétacé inférieur redressées dans la direction dont il s’agit, sont déposées horizontalement près du col de Bayard, celles des couches du terrain crétacé supérieur qui se distinguent par la présence d’un grand nombre de nummulites, de cériles, d’ampullaires et d’autres coquilles appartenant à des genres et même souvent à des espèces, qu’on avait cru pendant long- temps exclusivement propres aux terrains tertiaires. C’est donc entre les périodes de dépôt de ces deux parties du système du grès vert et de la craie, que les couches du système du Mont Viso ont été redressées.

Plus à l’Ouest, de nombreuses lignes de fractures, d’assez nombreuses crêles, formées en partie par les couches redi-essées du terrain crétacé inférieur, se montrent depuis l’île de JXoirmoutiers, où M. Bertrand Gesliu vient d’en indiquer un exemple, jusque dans la partie méridionale du royaume de Valence. A Orfhès ( Basses-Pyrénées), et dans les

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gorges de Pancorbo (entre Miranda et Biirgos), on trouve les couches du terrain crétacé inférieur redressées dans la direction dont il s’agit.

MM. Boblaye et Virlet ont signalé, dans la Grèce, un système de crêtes très-elevées qu’ils ont nommé système Pindique, dont la direction est sensiblement parallèle à celle d’un arc de grand cercle qui passerait par le Mont Viso en se dirigeant du N.-N.-O. au S.-S.-E. , et dont les couches les plus récentes leur paraissent se rapporter au terrain crétacé inférieur.

Lorsqu’on cherche à restaurer sur une carte les contours de la mer dans laquelle s’est déposé le terrain crétacé supérieur, on reconnaît aisément que la direction des crêtes dont se compose le système du Mont Viso a exercé sur ces contours une influence très-marquée.

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