‹ Traite de geognosie, ou expose des connaissances actuelles sur la constitution physique et minerale du globe terrestre. Par J.F. D'Aubuisson de Voisins ... Tome premier 3 Tome 3Chapitre 14 sur 38 · SOULÈVEMENTS · texte numérisé non relu

SOULÈVEMENTS

France et de ceux qui traversent l’E^pagnc et le Portugal. Cette chaîne, considérée eu grand, s’étend depuis le cap Ortégal en Galice, jusqu’au cap de Creuss en Catalogne; mais elle parait composée de la réunion de plusieurs chaînons parallèles entre eux , qui courent de l’O. 18° N. à l’E. 18° S., dans une direction oblique par rapport à la ligne qui joint les deux points les plus éloignés de la masse totale.

Cette direction des chaînons partiels, dont la réunion constitue les Pyrénées, se retrouve dans une partie des accidents du sol de la Provence, qui ont en même temps cela de commun avec eux, que toutes celles des couches du système crétacé qui y existent y sont redressées; tandis que toutes les couches tertiaires qu’on y rencontre s’étendent transgressivement sur les tranches des premières.

La réunion des mêmes circonstances caractérise les chaînons les plus considérables des Apennins. Les principaux accidents du sol de l’Italie centrale et méridionale, et de la Sicile, se coordonnent à quatre directions principales, dont l’une, qui est celle des accidents les plus étendus, est parallèle à la direction des chaînons des Pyrénées. On la reconnaît dans les montagnes situées entre Modène et Florence, dans les Morges entre Bari etTareute, dans un grand nombre d’au-

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très crêtes intermédiaires et même dans deux rangées de masses volcaniques qui courent, l’une à travers la Terre de Labour, des environs de Rome à ceux de Bénévent, et l’autre, dans les îles Ponces, de Palmarola à Iscbia. Ces dernières masses, bien que d’une date probablement plus moderne, semblent marquer comme des jalons les lignes de fractures du sol qu’elles ont traversé.

Les montagnes qui appartiennent à celte série d’accidents du sol sont en partie composées de couches redressées du système du grès vert et de la craie, taudis qu’elles sont enveloppées de couches tertiaires, dont l’horizontalité générale ne se dément qu’à l’approche des accidents d’un âge différent, auxquels sont dues les autres ligues de direction.

Les mêmes caractères de composition et de direction se retrouvent dans la falaise qui, malgré des dislocations plus récentes, termine encore la masse des Âlpes au nord de Bergame et de Vérone, et au pied de laquelle se sont déposés les terrains calcaréo-trappéens duVicentin, contemporains du calcaire grossier de Paris (Castel-Gomberto , Montecchio maggiore, Val Ronca). Ils se retrouvent aussi dans les Alpes Juliennes, entre le pays de Venise et la Hongrie, dans une partie des montagnes delà Croatie, de la Dalmatie, de la Bosnie, et même dans celles de la Grèce,

SUR LES SOCLfevEMEMS

où MM* Boblîiye et Virlet les ont obseryeS • dans les chaînons qu’ils ont désignés sous le > ’ nom de système Achaïque.

On les retrouve de même dans une partie des monts Carpatbes, entre la Hongrie et la Gallicie, ainsi que dans quelques accidents du sol du nord de l’Allemagne, parmi lesquels on remarque principalement les lignes de dislocation, le long desquelles les couches du terrain crétacé se redressent au pied de l’escarpement nord-nord-est du Hartz.

Enfin, dans le nord de la France et le sud de l’Angleterre, la dénudation du pays de Bray et celle des Wealds, du Surrey, du Sussex et du Kent, et du Bas-Boulonais, paraissent avoir pris la place de protubérances du terrain crétacé dues à des soulèvements opérés immédiatement avant le dépôt des premières couches tertiaires, suivant des directions générales parallèles à celles des Pyrénées, mais avec des accidents partiels, parallèles aux directions d’autres soulèvements plus anciens. Le midi du département de Maine et Loire présente une petite crête qui s’étend de Montreuil -Bellay à Concourson. Cette crête, composée de couches de transition, de couches jurassiques et même de craie tufTeau, est évidemment très-moderne. Tout annonce cependant qu’elle est antérieure au dépôt des faluns coquilliers de Doué et même à celui du calcaire grosssier de Machecoul.

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La convulsion qui accompagna la naissance des Pyrénées, fut évidemment une des plus fortes que le sol de l’Europe ait jusqu’alors éprouvées : ce ne fut qu’à l’apparition des Alpes qu’il en éprouva de plus fortes encore; mais pendant l’intervalle qui s’écoula entre l’élévation des Pyrénées et la formation du système des Alpes occidentales, intervalle pendant lequel se déposèrent la plus grande partie des couches qu’on nomme tertiaires, l’Europe ne fut le théâtre d’aucun autre événement aussi important; les soulèvements qui, pendant cet intervalle, changèrent peut-être à plusieurs reprises la forme des bassins tertiaires, ne s’y firent pas sentir avec la même intensité; et le système des Pyrénées forma, pendant tout cet intervalle, le trait dominant de la partie de la surface de notre planète, qui est devenue l’Europe; aussi le cachet pyrénéen se découvre- 1- il presque aussi bieu sur la carte où M. Lyell a figuré indistinctement toutes les mers des diverses périodes tertiaires, que sur celle où j’ai cherché à restaurer séparément la forme d’une partie des mers où se déposèrent les terrains tertiaires infél’ieurs. (Planche VIII.)

On peut en effet remarquer qu’une ligne un peu sinueuse, tirée des environs de Londres à l’embouchure du Danube, forme la lisièi-e méridionale d’une vaste étendue de terrain plat, couverte presque partout par des

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