‹ Traite de geognosie, ou expose des connaissances actuelles sur la constitution physique et minerale du globe terrestre. Par J.F. D'Aubuisson de Voisins ... Tome premier 3 Tome 3Chapitre 16 sur 38 · X. Système des îles de Corse et de Sardaigne · texte numérisé non relu

X. Système des îles de Corse et de Sardaigne

Les couches qu’on nomme tertiaires sont loin de former un fout continu. On y remarque plusieurs interruptions dont chacune pourrait avoir correspondu à un soulèvement de montagnes opéré dans des contrées plus ou moins voisines des nôtres. Un examen attentif de la nature et de la disposition géométrique des terrains tertiaires du nord et du midi de la France, m’a conduit à les diviser en trois séries, dont l’inférieure, composée de l’argile plastiqne, du calcaire grossier et de toute la formation gypseiise, y compris les marnes marinessupérieures,nes’avanceguères au sud et au sud- ouest des environs de Paris. La suivante, qui est la plus complexe, est représentée dans le Nord par le grès de Fontainebleau, le terrain d’eau douce supérieur et les faluns de la Touraine; elle cçmprend.

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à peu d’exceptions près, tous les dépôts ler-t tiaires du midi de la France et de la Suisse, et notamment les dépôts de lignite de Fuveau, Kœpfnach et autres semblables. Le grès de Fontainebleau, superposé, aux marnes de la formation gypseuse, est la première assise de ce système, de même que le grès du lias, superposé aux marnes irisées, est la première assise du terrain jurassique. Le premier peut être considéré comme étant, par rapport aux arkoses tertiaires de l’Auvergne, ce qu’est le second par rapport aux arkoses jurassiques d’Avallon. Ces deux séries tertiaires ne sont pas moins distinctes par les débris de grands animaux qu’elles renfernt^Qt, que par leur gisement. Certaines espèces d’anoplotbérium et de paléothérium, trouvées à Montmartre, caractérisent la première, tandis que d’autres * espèces de paléothérium, presque toutes les espèces du genre lophiodon , tout le geure anthracothérium, et les espèces les plus anciennes des genres mastodonte, rhinocéros, hippopotame, castor, etc., particularisent la seconde. Les dépôts marins des collines subapennines, et les dépôts lacustres d’OEningea etde La Bresse, représenteraient la 5.” période tertiaire, caractérisée parla présence des éléphants, de l’ours et de l’hyène des cavernes, etc.

Cest à la ligne de démarcation qui existe entre la première et la seconde de ces deux

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Sériés tertiaires, que parait avoir correspondu le soulèvement du système de montagnes dont il s’agit ici, et dont la direction dominante est du Nord au Sud : les couches de cette seconde série sont en effet les seules qui soient venues en dessiner les contours.

Au nombre de ces accidents, dirigés du Nord au Sud, se trouvent les cliaines qui, comme M. Dufrénoy l’a remarqué, bordent les hautes vallées de la Loire et de l’Âllier, et dans le sens desquelles se sont alignées plus tard, près de Clermont, les masses volcaniques des monts Dômes : c’est dans les larges sillons dirigés du Nord au Sud, qui séparent ces chaînes, que se sont déposés les terrains d’eau douce de la Limagne d’Auvergne, et de ' la haute vallée de la Loire.

La vallée du Rhône qui, à partir de Lyon, se dirige aussi du Nord au Sud, a de même été comblée jusqu’à un certain niveau par un dépôt tertiaire dont les couches Inférieures, très-analogues à celles de l’Auvergne, sont également d’eaü douce , mais dont les couches supérieures sont marines. Ici la régularité des couches tertiaires a été fortement altérée, dans les révolutions liées aux soulèvements très-récents des Alpes occidentales et de la chaîne principale des Alpes.

La même direction se retrouve dans le groupe des îles de Corse etde Sardaigne, dont *■ * les côtes présentent des dépôts tertiaires ré- « .

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cents en couches horizontales. La ligne de direction des îles de Corse et de Sardaigne, prolongée vers le Nord, traverse la partie nordouest de l’Allemagne, en passant à peu de distance de la masse basaltique du Meissner qui, ainsi que plusieurs autres masses de même nature situées dans les contrées voisines, se co-ordonne à des accidents qui courent du Nord au Sud, en affectant toutes les couches secondaires , ainsi qu’on peut le vérifier sur les belles cartes de M. le professeur Hoffmann.

Il est assez curieux de remarquer que les directions du système du Pilas et de la Côted’Or, de celui des Pyrénées, et de celui des îles de Corse et de Sardaigne, sont respectivement presque parallèles à celles du système du Westmoreland et du Hundsruck, du système des ballons et des collines du Bocage, et du système du nord de l’Angleterre. Les directions correspondantes ne diffèrent que d’un petit nombre de degrés, et les systèmes correspondants des deux séries se sont succédé dans le même ordre, ce qui conduit à l’idée d’une sorte de récurrence périodique des mêmes directions de soulèvement ou de directions très- voisines.

M. Conybeare, dans un articleinséré dans la Philosophical magazine and journal of science ^ troisième série, deuxième cahier. Août i85a, p. 118, place immédiatement après la période du dépôt de l’argile de Londres, l’époque du

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redressement des couches de l’île de Wight et du district de Weimouth, dont il rapproche plusieurs autres lignes de dislocation, de meme peu éloignées de la direction E.-0. qui s’observent en Angleterre. Rien ne prouve cependant que le redressement des couches de l’argile de Londres, dans l’île de Wlght, soit aussi ancien que M. Conybeare l’a supposé ; car on ne voit nulle part les couches tertiaires subséquentes reposer sur les tranches de celles de l’argile de Londres; les faits parlent même contre la supposition de M. Conybeare; les couches alternativement marines etfluviatiles d’Headen-Hill, présentant des traces de dérangement, soit dans leur dlsposlliqu, soit dans leur hauteur absolue comparée à celle des couches correspondantes de la côte opposée du Hampshire. Toutefois il ne serait pas impossible qu’une partie des dislocations que M. Conybeare a rapprochées, eussent ete produites pendant la période tertiaire; quelles correspondissent, par exemple, à la ligne de démarcation qui existe entre le grèsde Fontainebleau et le calcaire d’eau douce supérieur des environs de Paris, ou à celle qui s’observe entre ce dernier calcaire et les laluns de la Touraine. Or, s’il en était ainsi, la direction des dislocations de l’île de Wight étant sensiblement parallèle à celle du systemedes Pays- Bas et du sud du pays de Galles, on aurait un quatrième exemple du retour à de longs in-

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tervalles des mêmes directions de dislocations dans le même ordre.

Le système des Alpes occidentales comparé au système du Rhin, dont il partage la direction à quelques degrés près, pourrait fournir un cinquième terme à la série de rapprochements qui indique cette singulière périodicité des directions des dislocations.

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