‹ Traite de geognosie, ou expose des connaissances actuelles sur la constitution physique et minerale du globe terrestre. Par J.F. D'Aubuisson de Voisins ... Tome premier 3 Tome 3Chapitre 28 sur 38 · ETC DES · texte numérisé non relu

ETC DES

qui est le Spifalei', a jusqu’à 36 mètres en quelques points; enfin celui de Guanaxuato, au Mexique, aurait de 40 à 45 mètres, d’après M. de Humboldt.

Ces filons si larges et qui ont généralement aussi une grande étendue, ne sont pas cependant toiijours les plus abondants en substances métalliques; les mines d’pr et d’argent de Cremnitz, en Hongrie, en sont un exemple; le filon principal de ces mines, qui a jusqu’à 3o mètres de largeur, n’est presque pas exploité, et on s’attache à travailler plusieurs petites branches qui partent de ce filon. 11 semble que la matière métallifère ait été trop peu abondante pour subvenir au remplissage d’une si vaste cavité, et qu’elle s’est concentrée de préférence par une sorte d’attraction en quelques rognons que l’on exploite si le hasard y conduit. D’ailleurs, une pareille dilatation n’a pu se faire sans que d’énormes blocs se soient détachés des parties latérales pour tomber dans la fente, et ce ne sont guère que leurs Intervalles qui ont pu se combler de minérais.

Ces faits nous amènent naturellement à examiner de quelle manière se sont distribuées les diverses matières qui ont pénétré dans la fissure et quelles sont les rapports qui existent entre elles; cette étude forme le second objet essentiel que nous nous sommes proposé d’examiner dans cette section.

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SUR LES DÉPÔTS MÉTALLIFÈRES. SlQ

Depuis long- temps les mineurs, sans se rendre compte de la structure complète des i filons, avalent cependant remarqué qu’il sy trouvait des substances qui leur annonçaient, soit l’approximation, soit la disparition future du minéral. Ainsi a Scbemnltz, les intervalles stériles des filons du Spltaler et du Pieberstollen sontcomposes d une argile tenace. Tant qu’elle dure, il n’y a point de minéral à espérer; mais une fois qu’elle vient à s étrangler et qu’à sa place il se présente du quartz et ^ du spatb, on ne tarde pas à retrouver le minéral.

Dans plusieurs exploitations de la Transylvanie, les filons d’or sont stériles tant qu’on se trouve dans un quartz bien blanc et transparent; mais aussitôt qu’il prend une couleur foncée et se garnit de druses cristallines, le métal se manifeste de nouveau.

A Joachimsthal, en Bohème, c’est ordinairement le cobalt qui annonce l’approche du minéral.

Les terres b runes ochracées et ferrugineuses accompagnent les minérais dans le Bannat, et dès que les argiles bleuâtres se montrent au toit ou au mur, on peut prévoir la disparition du métal; car celles-ci deviennent bientôt si puissantes, quelles occupent toute la largeur du filon. Les filons de Pontgibaud - nous ont offert quelquefois des circonstances analogues. :

520 ÉTUDES -

Le fer spathique était un bon indice daiiÿ les filons de cuivre de Baigorri et dans cem^^ de plomb de Châtelaùdren en Bretagne,

Certains minerais se trouvent d’ailleurs fréquemment associés ensemble. Ainsi il est ordinairede rencontrer lablende avec lagalène. Le cobalt, le nikel et le bismuth natif sont ordinairement réunis. L’étain se rencontre presque toujours avec le wolfram, le molybr déne et la pyrite arsénlcale. L’argent natif est assez fréquent dans les gangues spathiques, et l’or, au contraire, dans celles quartzeuses et ferrugineuses. ^

D’autres minérais, au contraire, semblent^ s’exclure mutuellement; aussi voit- on l'are-^, ment l’étain avec le minérai d’argent. Le cinabre est ordinairement seul ou tout au plus avec quelques pyrites ferrugineuses.

Tous ces faits proviennent en général de l’époque relative à laquelle tel ou tel filon,]

, ou ses diverses parties ont été comblées; car,

• cotbme nous l’allons démontrer, les filons ont> éprouvé en général une série périodique d’in^^ tercalations diverses, avant de parvenir à leur,, état actuel ou avant que leur formation fût.

‘complète. ’ ÿv ifio . ' ,

Les premiers faits qui amenèrent à la con>^ clusion que nous venons d’énoncer, durent ■ naturellement être frappants; car, comment concevoir dès l’abord qu’une bande aussi.

filon pouvait être considérée-.

Di.-,

comme un terrain dont l’ensemble est subdivisible en une série de strates dilférentes en âge comme en composition; c’est cependant ce qui a lieu dans les cas les plus généraux, et les exemples eu sont même plus nombreux qu’on ne se l’imagine vulgairement.

IVerner, qui, le premier encore, appela l’attention sur ce sujet, cita d’abord des exemples évidents de liions formés immédiatement dans des filons plus anciens et qui ne font avec eux qu’un seul et même corps; tel est notamment le Jobannisgang à Rothemberg, près de Sclnvarzenbcrg, dont une partie bien distincte se nomme la bande rouge et jaune.

A Marienberg , dans le Einboruergang, le fil on se compose d’une zone de minérais d’étain et d’une autre de minérais d’argent; toutesdeux nettement trancbées.Dansla mine de Morgenstern, près Freiberg, le filon Abraham traîne avec lui une masse appelée Grober Spathgang.

M. d’Aubuisson a vu à Zinnwaîd des filons de wake à côté de filons'd’étaiiiV’sahs'i^ue leur matière se mélangeât ensemble. Vraisemblablement, ajoute-t-il, l’un des deux était déjà consolidé lorsque l’autre a pris naissance. Ce fait est analogue à celui que nous a déjà olfert le filon argentifère de Segen-Gottes à Joachimstbai.

De pareilles observations durentnécessairement se développer entre les mains deWerner :

522 ÉTUDES

1] mentionna expressément que les filons composés découches parallèles aux salbandes, qui, dans leur cristallisation, se sont appliquées successivement les unes sur les autres, et dont les zones qui sont immédiatement sur les salbandes, ont été formées les premières/

. Il observa cette régularité déstructuré dans plusieurs et même dans le plus grand nombre des filons, et il cite à cet égard particulièrement le filon de Segen-Gottes, près GersdorlF en Saxe, dans lequel, à compter du milieu, formé de deux couches de spath calcaire et contenant de petites druses de distance en dis>r tance, on trouve placées les unes sur les autres,

} et dans le même ordre de chaque côté treize -Qouches de fossiles différents; tels que spath fluor, spath calcaire,spalh pesant, galène, etc.

,•5 Dans le filon septentrional Grégorius, les t deux couches attenant aux salbandes, oonsistent en quartz cristallisé; puis se trouve de chaque côté une couche de blende noire,* mêlée de pyrite sulfureuse; par-dessus on voit de la galène et de la mine d’argent grise, de . la mine d’argent rouge, du glaserz aigre; la couche du milieu, et par conséquent, la plus ^ nouvelle est en spath calcaire. .

^j,^Ç’est*en généralisant de pareilles données') ^â^jBtemles^combinant avec celles qui résultaient^^ du paralljélisme , qu’il est parvenu à distinguer ^'les^huitsortesde dépôts dudistrictde Freiberg,:. /sai|^ autres qu’il a

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laissés dans le vague, faute d’observations aussi précises.

M. d’Aubuisson mentionne aussi un filon, composé de couches de baryte sulfatée et de chaux fluatée diversement colorées et disposées avec une si exacte symétrie de part et d’autre, qu’avec la règle et le compas on n’aurait pu faire mieux. Ce géologue remarque que cette structure est exactement ce qu’elle aurait été si la fente eût été remplie d’un dissolvant ou de diverses dissolutions qui auraient successivement déposé sur les parois différents précipités, et il ajoute que la coupe de certaines géodes et celle de certains tuyaux de conduite dans lesquels les eaux ont fait des dépôts successifs , présentent des faits analogues.

Cette extrême régularité n’a pas toujours lieu : quand par exemple les filons renferment des fragments de roche adjacente, empâtés dans leur masse, le métal s’est porté de préférence autour d’eux, et il les a enveloppés d’une couche plus ou moins épaisse. Ces faits sont fréquents dans les mines du Hartz. Le plomb sulfuré y porte le nom de ringertz ou de minêrai en anneau.

Lorsque la matière qui constitue les dépôts dont nous venons de parler a manifesté une tendance à la cristallisation, on remarque que la pointe des cristaux est toujours tournée vers l’intérieur du filon, ou au moins vers le

côté qui lui présentait le plus d’espace vitfé pour son développement. Chaque couche sdccessive prend en conséquence sur celle de ses faces tournée vers la plus ancienne, l’empreinte des cristaux adjacents, tandis que les cristaux qu’elle porte sur l’autre face enfoncentleurpoiute dans lasuivante. Enfinles cristaux qui ont achevé le remplissage, se présentent leurs sommets et s’engrènent les uns dans les autres quand ils viennent à se rencontrer.

Quand ces couches successives ne se j oignent pas et qu’elles laissent un vide entre elles , il en résulte des cavités revêtues de cristaux, qui forment les druses, les Jours ou les poches à cristauoc. Ces cavités sont presque toujours , parallèles aux salbandes etse trouèrent le çjtis souvent dans les renflements des élons, ou la matière incrustante paraît, par ‘«îonséquent, n’avoir pas abondé suffisamment pour pouvoir opérer leur remplissage complet : elles sont évidemment les restes de l’oiièVerture primitive.

L’élude soignée que nous avons été à même âe faire des filons métallifères des environs çj^de Pon tgibaud , nous met à même de rapporter ici le résultat de nos propres observations, ^et comme elles sont de nature à bien déve- *llopper les faits dont nous nous occupons en ^ce moment, nous les exposerons dans tout accidents divers qu’ils nous

une période de cinq

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SCR LES DÉPÔTS MÉTALLIFÈRES. 5a5

années, pendant lesquelles nous avons été attaché à leur exploitation, généraliseront les aperçus que nous venons de citer, et feront voir combien la régularité générale se maintient avec constance, malgré les anomalies apparentes qui choqueraient un observateur privé du temps nécessaire pour retrouver un chaînon rompu au milieu de celte confusion.

Les preraièi’es fissures qui se sont opérées lors de la formation de ces filons, ont été l’emplies d’un granité à petits grains, dont nous avons déjà eu occasion de parler en traitant de l’ensemble géologique de leur système. Ces granités, qui, du reste, se retrouvent de tous côtés dans la contrée, aflTeclent des directions variées et ont dû posséder une grande fluidité originaire, car on en voit des veinules bien suivies d’un à deux pouces au plus d’épaisseur dans les schistes qui avoisinent Pécbadoire. D’un autre côté aussi ils forment des masses puissantes, qui sont saillantes dans les vallées par suite de la dégradation de la roche encaissante.

L’irrégularité deleur allure leurfaitsouvent 'rencontrer les filons métallifères en certains points , pendant qu’ils les accompagnent ou • les remplissent en d’autres. Le hasard jiaraît en quelque sorte avoir présidé seul à leur distribution, en sorte que certaines parties des filons métallifères en sont, pour ainsi dire, entièrement remplies, tandis qu’en d’autres

ÉTUDES

places on n’en voit aucune trace apparente»^.

Lespoints des fiions où ils se sont répanduat sont généralement pauvres en métaux. Les» veines riches s’y perdent fréquemment en^ forme de coin, et eux-mêmes affectent réci-j;, proquement cette terminaison quand ils pé* nètrent dans les parties riches, soit qu’ils sCj. rangent contre les salbandes, soit qu’ils res^^

teiit au centre de la masse.

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Ils ont pour la plupart subi dans les filons^ la décomposition eu kaolin^ ce qui empêche; de les reconnaître au premier coup d’œi^j maisilssonttoujoursaisésàdistinguerde toutes^t les autres formations par leur quartz, qui esl^ commesablonneux, et leur mica en très-petiteaf lames; dimension qui est en rapport direct^ avec la finesse du grain de la masse originaire^ ^’^On découvre dans quelques-uns de ces„ filons, notamment sur la hauteur du chemin^ de Barbecot à Pranal, des fragments de 1% roche encaissante, qui sont fondus avec la* masse environnante : c’est le plus ancien| exemple de l’empâtement de ces débris dn* roches éti’angè res dans les filons de la contréfiif. le fait se répète à plusieurs reprises, et.q.e^ fragments, que l’on rencontre ainsi dans tous les points des filons y sont entrés à dive^'^^. époques. Ils sont tous de même nature quele% roches voisines, c’est-à-dire, schisteux, et ent-, 6é“éral^| i^eux : preuve qu’ils n’ont pa% ^lônsport; on en retrouve mém^

SUR LES DÉPÔTS MÉTALLIFÈRES. SsT'

avec touteslessubstancesaccidentellesqu’ellesrenferment dans les environs; ainsi il en existe ^ans le (ilon de Barbecot qui contiennent des grenats analogues à ceux qui sont inclus dans quelques coucbes du micaschiste voisin. * *^?^lls paraissent être tombés par les ouver-f tures supérieures des filons ou détachés des» parois par l’effet de la cassure. Leur volume est très- variable : ils sont demeurés incohérents dans les parties des filons où les infiltrations subséquentes ne les ont pas cimentés;' ils ne montrent en général qu’un faible degréd’altération, etsont très-reconnaissables, malgré l’action des agents qui ont pu agir sur» eux pendant le remplissage de la fente. Les grandes masses sont, comme on le conçoit d’avance, infiniment moins attaquées que les menus fragments. D’ailleurs, ils ne présen-; tent nuis indices de fusion ou de frittei,’,|fejfe^4 se détachent même souvent nettement de^" substances enveloppantes, à l’exception, ce^ pendant, du cas où ils ont été empâtés par le granité. Quelquefois les morceauxschisteux^ sont infiltrés de petites lamelles de sulfure de

plomb et autres parties minérales des filons.*.

- Ce phénomène de la présence des fragments dans les filons de Pontgibaud n’est pas spécial à cette localité : c’est au contraire un de ces faits qui, par leur généralité, rendent inu-' tiles les citations de localités; obsei'verons que quelques mines

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quables sous ce rapport, eu ce qu’elles présentent des points tellement comblés de ces débris incohérents, que l’on serait conduit à supposer un véritable remblai elTectué par la main de l’homme, si l’on se trouvait à la proximité d’anciens travaux.

La période granitique précédente a été suivie d’une dislocation du sol assez puissante par laquelle la vraie direction des filons a été déterminée; elle a servi de prélude à l’introduction d’une matière siliceuse, accompagnée de sulfures de fer et de pyrites arsénicalcs, qui ont rempli, soit les nouvelles fissures du granité, soit les parties du filon qui n’en avaient pas été obsti-uées.

Ces dépôts siliceux peuvent se distinguer en trois variétés: l’une, noire-grisâtre, qui domine à Pranal; l’autre, brune, qui domine à Rosiers et se retrouve à Barbecot; enfin, la troisième, qui n’est qu’un quartzblanc laiteux, est unie si intimement avec les précédentes, tantôt les traversant sous forme de veinules, tantôt traversée récipi’oquement par eux, ou bien disséminée en petits nodules dans leur masse, de telle manière qu’il devient impossible de douter de leur contemporanéité.

Les silicates bruns sont extrêmement tenaces; quelquefois leur aspect devient fibreux, et ils ressemblent à des petites tourmalines; ils sont fusibles au creuset brasqué , à la température d’uu essai de fer et produisent

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des grenailles de fonte avec un laitier Liane, maculé de vert clair. Exposés à l’air, aux affleurements des filons, ils se suroxident en prenant une teinte brune claire ou rousse , et deviennent moins cohérents.

Les silicates noirs de' Pranal possèdent à peu près les mêmes caractères que les précédents; mais ils sont évidemment plus siliceux, et ce qui est remarquable, les places qu’ils ont occupées dans le filon se sont aussi trèsfortement chargées postérieurement en minérais de plomb, contrairement à ce que nous avons vu pour les points granitiques.

Ils empâtent tous beaucoup de fragments anguleux de roches schisteuses; quelquefois même de granité à petits grains. On y trouve des pyrites sulfureuses et arsenicales contemporaines, disséminées comme le quartz blanc et quelquefois même si intimement, qu’elles deviennent imperceptibles à la vue; mais le choc du marteau en décèle la présence par l’émanation sulfureuse et ai’sénicalequi en résulte, et d’ailleurs l’exposition à l’air en détermine la vitriolisation et la conversion en arséniates verts pulvérulents ou mamelonnés.

Cessortes de py ri tessont donc très-anciennes dans ces filons. INous verrons d’ailleurs qu’elles ont accompagné toutes les périodes subséquentes, en sorte qu’elles sont l’un des produits les plus constants de chacune d’elles, sans être

Celle époque est encore bien caraclériséci par une absence presque complèle de traces de cristallisation; car, à l’exception des appareu-- ^ ces rares de tourmalines, que nous avons indi-. quées, on ne voit rien , même parmi les pyrites, qui puisse offrir l’indice d’un clivage distinct. Ces dernières sont tout au plus granulaires, et le plus ordinaii-ement à cassure inégale. 11 semble que la matière, dont elles sont le produit, était tellement saturée que le dépôt se prenait promptement en masse et arrêtait à diverses hauteurs les débris extérieurs qui tombaient dans le filon. On ne pourrait pas supposer que la cristallisation ait été troublée par une agitation continuelle d’un liquide surcbai'gé d’éléments; celte hypothèse ne rendrait pas aussi bien compte que la précédente, des espècesde marbrures que formentlequarU blanc et les pyrites dans le silicate brun; circonstance que l’on peut comparera celle que le sulfure de fer présente dans les savons mai’- ■ brés, et dont la production exige que le savon ait, au moment où on le coule, une consistance qui ne doit pas dépasser un certain degré; car ^qn sait que s’il est trop épais, la masse est uni- ' formément colorée, et s’il est trop fluide, le sulfure gagne le fond.

La troisième période a débuté par une nouvelle dilatation du filon. Les dépôts précédents ont été fracturés fortement et en divers sens; tantôt les lambeaux en sont restés

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adhérents au mur, tantôt au toit. Quelquefois Ja fissure les a traverses par le milieu. Cette dislocation n’a pu s’effectuer sans qu’il se produisit de nombreux fragments. Des masses supérieures sont descendues à un étage inférieur, et la portion restée en place se trouve ainsi coupée brusquement.

La nouvelle fracture ne s’estpas bornée dans le filon même; mais elle s’est quelquefois prolongée dans la roche encaissante, et y a foi’mé des branches peu étendues, dans lesquelles ou ne trouve que des produits plus modernes que les précédents : preuve irrécusable de la moindre ancienneté relative de ces rameaux. Peut-être doit-on rapporter à celte même dislocation les filons du toit ou du mur de ces mines qui ne renferment pas de ces silicates bruns que nousvenons de mentionner, comme étant le produit de l’époque précédente. Ou ■, concevrait ainsi très-bien pourquoi ces filons'' secondaires se chargèrent de minéral dans les points correspondants à ceux où le filou ' principal est quelquefois resté pauvre, puisque la dilatation totale de celui-ci a dù être ‘ diminuée en raison de celle acquise par la j branche voisine, la somme des dilatations ~ restant invariable. ,

Le remplissage de cette période se compose de nouveaux fragments de la roche encafssante, des débris du remplissage précédent, et enfin, des dépôts chimiques. Il est inutile

de nous occuper de nouveau des premiers, qui n’ajouteraient rien à ce que nous connais- ^ sons déjà. Nous ne nous arrêterons pas davantage à la description de divers accidents qu’ils présentent quand ils sont en grandes masses j tels que les stries par frottement; le poli des surfaces qui ont glissé, etc. : choses que l’on peut se figurer aisément; tandis que les dépôts chimiques sont du plus haut intérêt, tant par leur mode d’enchaînement avec la gangue, que par leur nature variée et leur structure. Celte étude offre en outre un avantage spécial , en ce qu’elle peut conduire à déterminer des travaux de recherche sur des données mieux fondées que celles que l’on établit souvent aveuglément surles premières fissures que le hasard fait rencontrer. En effet, quandbien même les altérations superficielles auraient enlevé d’un aflleurement toutes les traces de métaux, les gangues pierreuses ont ordinairement résisté, et si elles se trouvent douées des caractères propres à une période métallifère d’un système donné, nul doute qu’on sera autorisé à faire des fouilles plus profondes et plus dispendieuses, et dont le succès est par conséquent |)lus certain que si elles ne présentaient que des matières provenant des périodes de stérilité.

Nous distinguerons les produits chimiques de l’époque en question en deux grandes classes; savoir: les quartz et les sulfures.

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Les quarlz se distinguent de tous les autres par leur texture éminemment esquilleuse, et même par une certaine tendance à la cristallisation, qui a acquis, vers les dei’niers temps de l’époque , assez d’intensité pour produire des pointements cristallins, qui Lérissent la surface de quelques druses. On peut en conclure que le dépôt a été de m»ins en moins précipité, et que l’affluence desproduits a été même assez modérée vers la fin. Cependant en somme ces quartz peuvent être considérés comme de véritables hornsteins ou quartz néopètres. Leur couleur est essentiellement blanche; mais ils passentsouvcnt au gris ou au brun par suite d’une interposition de matières étrangères, notamment quand ils se trouvent en contact avec les débris dessilicates bruns de la période précédente, dont ils paraissent avoir absorbé une partie du principe colorant.

Quelquefois, mais rarement, ils se sont déposés à l’état granuleux et ressemblent à ces sels pulvérulents que l’on obtient en évaporant rapidement les liqueui's dissolvantes. L’ensemble de la masse prend alors un aspect granulaire et subcristallin, comme celui de certains sucres poreux.

Les plus petits cristaux de quarlz des druses de cette époque se trouvent dans la mine de Barbecot, où ils dépassent rarement la grosseur d’une pointe d’ajguille; ils sont plus

développés à Pranal, où leur diamètre atteint jusqu’à deux ou trois millimètres, el enfin, aux Combres leur dimension s’est encore agrandie. Ces trois filons parallèles sont à l’ouest l’un de l’autre. en sorte qu’il semblerait que la tendance à la cristallisation à une époque déterminée a été dans cette localité de plus en plus développée, à mesure que l’on s’avance de l’est à l’ouest, perpendiculairement aux filons; nous en verrons d’autres preuves par la suite. Ces quartz ont encore éprouvé sur place de petites fractures, occasionées par des retraits ou par des secousses, et ont été agglutinés immédiatement par des infiltrations, soit quartzeuses, soit de sulfures contemporains. La texture de ces veinules de jointure est plus cristalline que celle de la masse qu’ils cimentent; ce qui confirme encore le fait du développement de la cristallisation vers les derniers termes de la période.

Du reste, cesquartzontaccompagnéintimement les sulfures; car, tan tôt ils les recouvrent, tantôt ils en sont recouverts, et, enfin, ceuxci y sont fréquemment disséminés plus ou moins uniformément, en sorte que l’ensemble prend souvent une texture porpbyroïde, à cristaux de grosseur variable, régulièrement espacés sur de petits fragments; mais dans les grandes masses cette disposition n’a plus lieu; souvent les sulfures s’y disséminent si gra-

SLR I.ES DÉPÔTS Mj':TALI.I PÈRES. 555

duellement que le quartz en prend la nuance, et qu’il devient imj)ossible d’en séparer les moindres parlicspar lesprocédcsmécaniqucs.

Ce cas est fréquent pour les galènes à fines facettes et pour les blendes.

Les sulfures de celte période sont encore les pyrites sulfureuses et arsénicales, les gar lènes, les blendes, les pyrites cuivreuses et peut-être quelques traces de sulfure d’antimoine, de bournonite et de fahlerz, que l’on a rencontrés çà et là, mais toujours à la surface des autres matières, en sorte qu’il devient douteux si l’on ne doit pas les l'apporter à une époque subséquente.

Les premiers de ces sulfures n’affectent aucun ordre constant, l’un par rapport à l’autre; tantôt la galène enveloppe la pyrite, tantôt elle|en est enveloppée. La même diffusion se remarque par rapport à la blende; quelquefoismême celle-ci présente entre cbacune de ses lamelles des petites couches excessivement minces de galène, qui lui communiquent un éclat métallique très- trompeur. Cette simultanéité de formation sans combinaison est une forte preuve du peu d’aflînité réciproque de ces deux sulfures, etlamême répulsion chimique se manifeste d’ailleurs aussi d’une manière marquée dans les traitements métallurgiques.

Nous croyons du reste inutile d’insister en. détail sur les caractères minéralogiques et

les formes cristallines variables de ces divers minerais, ces accidents n’ayant qu’un intérêt local et borné. Nous nous contenterons d’observer que généralement la pyrite sulfureuse est frès-efllorescente; que les pyrites arsénicales et cuivreuses sont rares, et ne jouent, par conséquent, qu’un rôle très- secondaire. La blende, au contraire, est très-commune; elle est brune ou noire; ses cristaux suivent la loi de dimension que nous avons observée relativement an quartz, en allant d’un (lion à l’autre de l’est à l’ouest; il en est de même des galènes : celles-ci sont ordinairement à petits grains ou à grains moyens, antimoniales et argentifères. On rencontre cependant aussi des masses de galène à grandes facettes, et ces soi tes deminérais suivent, par rapporta leur teneur eu argent, la loi si fréquemjient observée de leur enrichissement, à mesure que leur texture devient plus fine. Leur forme est l’octaèdre, plus ou moins modifié par des troncatures sur les arêtes, et jamais on n’en a rencontré qui aient eu la forme cubique, commune qu’elle soit d’ailleurs dans les autres mines.

Aprèsque le dépôt des matières précédentes se fut effectué en diminuant d’intensité et en donnant lieu à des cristaux d’autant plus réguliers par cela même qu’ils étaient plus superficiels , il est survenu une nouvelle secousse dans le filon, dont le résultat principal a été d’en détourner les agents qui ame-

naient la blende et la galène, et d’y introduire le sulfate de baryte, ou au moins des sels capables de le produire par leur réaction.

Cette quatrième période a été accompagnée desmêmes accidents que lesau très phénomènes du même ordre, c’est-à-dire, de glissements, de fractures dans les dépôts préexistants et d’éboulements des parties disloquées. De nouvelles branches se sont ouvertes, et c’est à cette époque que l’on peut rapporter certaines veinules qui ne contiennent que de la baryte sulfatée, et disposées, soit dans le voisinage, soit même à une assez grande distance des filons principaux.

Assez ordinairement la dilatation s’est effectuée de telle manière que la nouvelle fissure se trouve au milieu même du filon; mais souvent, parle déchirement des masses antérieures, elle s’est tout à coup portée transversalement au toit ou au mur; enfin, elle a été multiple, en sorte que le sulfate de baryte occupe diverses branches parallèles ou obliques dans le filon ancien , et a pénétré ainsi danslcs druses qui n’avaient pas encore été comblées.

11 résulte de cette inégalité d’action que non-seulement le dépôt de baryte n’est pas uniforme, mais qu’il occupe plus spécialement certaines colonnes, tout comme nous avons déjà vu quelques dépôts des époques précéd en tes. Pe u t-ê tre a ussi ce m i n érai a- t-il ép ro uv é l'inlluence de ces actions répulsives ou attrac-

ÉTUDES

llves, développées par les matières du fdon lui-même, et dont nous avons déjà cité tant d’exemples; ce qui tendrait à le prouver, c’est que les dépôts siliceux qui ont continué à paraître dans cette même période, alTectent jusqu’à un certain point de ne passe trouver en mélange avec lui ou dans les mêmes parties du filon.

La matière siliceuse a cristallisé cette fois très-régulièrement; elleforme degroscristaux de quartzprismé, hyalin, quelquefois enfumé, qui ont jusqu’à o,o5 de diamètre; ils sont d’ailleurs toujours en recouvrement sur les sulfures des époques précédentes, ce qui prouve leur âge postérieur.

Quant au sulfate de baryte, il est généralement en grandes lames, d’un blanc pur, opaque, et ne présente que très-rarement des cristaux déterminés; -il forme fréquemment des échantillons très -caractéristiques par leur mode de structure; ainsi il n’est pas rare de trouver des morceaux dont le centre est un fragment de roche ancienne, enveloppé parla formation des quartz esquilleux et des sulfures de plomb et de zinc de la précédente époque, sur lesquels il vient se superposer à son tour.

Il est encore à remarquer que quand il enveloppe directement des roches anciennes, il a pris ordinairement une teinte violacée, qui se perd peu à peu, à mesure de l’éloignement du contact; ce fait confirme celui que nous"

SCK LES DÉPÔTS MÉTAl.LIFÈnES. 55g

avons déjà avancé à l’occasion de la coloration des quartz esquilleux, savoir que les dissolvants qui l’ont amené ont agi sur les roches préexistantes en leur enlevant quelques matières colorantes solubles; mais le peu d’intensité de celte action prouve aussi à quel point ces dissolvants étaient peu énergiques.

Quelques sulfures ont encore paru au milieu de cette suite de dépôts barytiques et quartzeux; ils sont peu abondants et se composent de pyrites ferrugineuses et de bournonites. Leur contemporanéité ne saurait être douteuse; car souvent ils sont interposés en lamelles ou en petits cristaux déterminables, aplatis et couchés entre les lames mêmes de la baryte sulfatée.

La cinquième période correspond encore à une nouvelle dilatation du filon; elle s’est opérée principalement entre les salbandes et leséponles, sans que cependant la règle soit invariable. Les dépôts chimiques ont cessé de se manifester avec intensité. Le nouveau rempli.ssage a été principalement formé par des argiles que l’on peut considérer comme provenant d’infiltrations venant de la surface; elles forment les lisières du filon, en sorte que celui-ci s’est enfin constitué dans son étal de perfection, et les époques subséquentes ne nous montreront plus que des traces de dé-»^ gradation.

Ces argiles sont très -tenaces et onctueuses

ÉTCDE3

quand elles sont pures; mais fréquemment surchargées de détritus, provenant du filon lui même, tels que des fragments anguleux de galène, de blende, de quartz, de baryte sulfatée. Leur couleur ordinaire est grise, quelquefois rubannée de blanc ou de jaune par des mélanges d’ocre. Leur texture estscbis> toïde, a feuillets très-lisses, et elles sont dans un étal de compression d’autant plus évident, qu’en recevant le contact de l’air et de l’immidité, elles se gonflent avec une force prodigieuse. Les mineurs mettent à profit cette propriété, pour faciliter l’abattage des minérais, en poussant d’abord sur un seul des côtés du filon quelques toises d'avancement. Pendant cette opération, la lisière argileuse de l’autre salbande se dilate et détermine la désagrégation des portions du filon qu’on y avait laissé adhérentes, et qui peuvent alors être détachées sans l’ecourir à la poudre.

Dans d’autres mines, où ces argiles ont acquisplus d’épaisseur, leur force de gonflement est telle que les plus gros bols de soutènementse fendent par cet effort gradué, au bout d’un temps assez court, sans qu’il y aitéboulement de l’argile, qui reste adhérente à ellemême. Les parois des galeries se rapprochent ainsi les unes des autres, et l’on est forcé de recommencer au bout de quelques semaines un nouvel élai-glssement et un nouveau boisage, aucun n’étant capable d’op-

jpSdiiMw résistance à cette poussée continue. ^nmjKpendamment de ces argiles, on trouve iHKSgibaud des lisières qui sont évidemproduit d’une altération intense âtinôclies encaissantes; il en est résulté divers ^|m$ilicatcs, qui quelquefois ne se délaient ^u^^ns l’eau et rentrent dans la classe des SjmW‘ prétendues endurcies.

■■ Ç^produits chimiques de cette époque sont tous inclus dans les argiles précédentes et se composent de quelques quartz laiteux ou cristallins, infiltrés d’un calcaire lamellaire, quelquefois cristallisé en rhomboïdes, combiné avec une forte dose de carbonate de fer, et dont la couleur rose paraît due à une matière organique; car il laisse surnager une quantité assez abondante d’une matière huileuse quand on en opère la dissolution par l’acide muriatique. £n même temps l’on obtient des pail*. letles excessivement fines de sulfure d’argent, qui y étaient disséminées; enfin, quelques bournonites et des pyi’ltes cubiques ou. prismatiques ont encore cristallisé au milieu des argiles. Les pyrites cubiques présentent quelquefois ce fait remarquable que l’une de leurs extrémités est formée par une pyrite arsénicale nettement distincte; circonstance ^qui démontre clairement qu’il n’y^a pas^de com-, binaison réelle entre ces deux^espèces, comme on a cherché quelquéfois*^Æ. i’étoblirjjet qui explique en même temps pouçqudi'on obtient

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dans cei lains cas des sublimes de sulfure d’ar sénic dans les essais au chalumeau exécutés sur ces minérais.

Souvent ces pyrites cubiques ont éprouvé sur place des compressions indiquées par leurs fragments réagglutinés immédiatement^ par des infiltrations quartzeuses, en sorte, Jt que les diverses parties sont en regard les unes des autres; tandis que les plans ne se^ suivent plus. Ces brisements viennent encore f l’appui de l’état de condensation dans lequel nous avons dit que se trouvaient les argiles qui l’enferment ces pyrites, et prouvent quelques dérangements postérieurs.

La sixième et dernière époque a débuté encore par des dislocations du filon; mais le remplissage venant d’en haut, au lieu de se composer de fragments anguleux, n’est formé que par des sables et galets provenant d’une alluvion ancienne, qu’on peut considérer ici, par rapport au cours de la Sioule, comme purement locale. Toutes les parties tendres du filon de Pranal, où ces phénomènes sont les plus prononcés, ont été excavées jusqu’à d’assez grandes profondeurs par l’impétuosité des tori'ents, qui ont déposé la matière alluviale. Cet effet a été surtout très-marqué au filon latéral de Ilenii. II a été interrompu par un dépôt de galets et de sables qui recouvre ailleurs les allleurcments des filons et

de bar-

bccot, dans le filou du Prêt ou rencontre encore un pareil encaissement de galets, élevé de plusieurs mètres au-dessus de la rivière actuelle. Il en est de même aux Combres et sous la coulée de lave pyroxéiiique qui, venant du volcan de Loucbadière,a terminé son cours auprès du pont de Péchadoire.

Il est à remarquer que tous ces gîtes de galets sont disposés uniquement sur la rive gaucbe de la Sioule, quoique desparliesplanes de la rive droite aient pu leur prêter un lit convenable. Celle circonstance paraît difficile à e.xpliquer dans toute autre bypotbèse que celle d’un soulèvement ou ailaissement d’une des rives, tandis que l’autre serait restée stationnaire par suite d’un défaut de liaison intime entre elles, occasioné par la grande faille ou rupture iiTegulière dans laquelle la Sioule a pris son cours.

Les alluvions en question sont composées principalement de roches primitives du pays, de quartz et d’une grande quantité de basalte très-péridoteux, et comme d’ailleurs elles sont recouvertesen divers points, soit par la coulée du volcan de Louchadière, soit j)ar celle du volcan de Pranal,ou est en droit d’en conclure que cette période a été contemporaine aux éruptions des volcans à lavespyroxénécs et basaltiques, dontles convulsions ont étéla cause des dernières cassures que manifeste le filon.

11 n’y aurait donc rien d’étonnant si l'on

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venait à rencontrer dans le pays des filons métallifères coupés et embranchés par des dylvesb,asaltiques. Cela parait même avoir eu lieu pour quelques filous des environs de Courgoul et de Saurier au sud-est des Monts- Dores, dans lesquels on trouve des bandes de basalte plus ou moins décomposé.

Les sables qui accompagnent les galets renferment beaucoup de fer titanéj ils ont pénétré, en vertu de leur ténuité, dans des fissures du filon de Pranal, trop minces d’ailleurs pour laisser passer les galets. On en a rencontré de pareilles dans le premier d’jircade, avant son Intersection avec le filon principal. Ces sables contiennent aussi quelquefois des morceaux de bois parfaitement conservés, encore flexibles et seulement un peu macérés et filamenteux par suite de leur longue exposition dans l’humidité.

A partir de cette époque, les dépôts siliceux, fei'i’ugineux et calcaires, ont continué à paraître jusqu’à nos jours avec les sources minérales; mais avec cette différence essentielle et difficile à expliquer, que la silice n’est plus que dans un état gélatineux, ou autrement, à l’état d’acide parasilicique, et ne parait plus susceptible de cristalliser. Le fer est uniquement à l’état d’hydrate deperoxide; le calcaire seul, en vertu de ses affinités énergiques, a pu conserver l’acide carbonique,

continuellement et

avec une excessive abondance, soit libre, soit dissous dans les eaux, non-seulement par les filons, mais encore par les fissures multipliées, dont le sol est traversé.

Les diverses matières qui accompagnent ces sources se mélangent en toute proportion et constituent des dépôts d’ocres à base de silice gélatineuse ou des travertins plus ou moins purs; mais il n’y a plus de formation de carbonates doubles ou multiples comme dans la période précédente , puisque le fer est peroxidé.

Ces dépôts ferrugineux et calcaires tendent constamment à obstnier les travaux du mineur, en sorte que, si après l’épuisement du filon on laissait les galeries fermées pendant une longue série d’années, et que la masse pût acquérir une certaine compacité par les

infiltrationssuccessives,ilyauraitlieuà établir des exploitations nouvelles sur des minérais de fer hydratés silicifères et calcifères. Déjà même l’on trouve de ces ocres très-compactes cimentant les remblais, et leur surface mamelonnée est quelquefois dorée comme celle de certains hydrates de fer ordinaires et d’ancienne formation.

Ces comblements périodiques et inégaux, ces dislocations répétées, les morcellements qui en ont été la conséquence, les dilatations variables à chaque secousse, toutes les altérations et autres bouleversements qui ont dû

54G. êtddes

résnllcr d’aclions si diverses, rendront suffisamment raison de l’irrégulière distribution des minerais dans ces filons, quelque bien réglée que soit d’ailleurs leur allure générale.

Il peut paraître étonnant que nous ayons trouvé une série aussi remarquable de dilatations dans un seul et même filon; mais le lait n’oiTre en lui-même rien d’incompatible avec ce que nous connaissons d’ailleurs dans la nature. Si elle a procédé au soulèvement des montagnes par une première action d’une intensité excessive qui a caractérisé l’ensemble de leur système, on peut concevoir à la suite de cette première secousse , des agitations d'un ordre inférieur, par lesquelles a eu lieu l’épuisement plus ou moins complet de la force primitive, ou qui ont achevé de déterminer< la position d’équilibre entre les parties disloquées.

Qui ne connaît à cet égard le fait de l’ascension graduelle de certaines parties des côtes de la Suède, dont la somme est d’environ un pied par vingt-cinq ans. Croit-on que ce bombement puisse s’effectuer sans que certaines fissures de la contrée se dilatent d’une certaine quantité. Les oscillations qu'a éprouvées le temple de Sérapis, près de Pouzzoles, ont dû encore nécessairement amener de pareils résultats?

Passons actuellement à des faits d’un autre ordre; ils sont relatifs aux changements que

présentent les minerais par rapport à leur distance de la surface.

On voit des filons qui se trouvent déjà noblés sous la terre végétale; d’autres ne le deviennent qu’à une certaine profondeur ; enfin , le minerai peut y changer complètement de nature, et le filon en éprouver un appauvrissement.

En Hongrie, les minéraisles plus ilclies ne se trouvent pas immédiatement à la surface, ni à une grande profondeur; ils occupent une position moyenne entre 8o et i5o toises audessous du niveau du sol , quelles qu’en soient les irrégularités. Plus bas, le mélange du minéral avec la gangue devient de plus en plus intime ; aussi les opérations de lavage qu’il faut faire subir aux minérais avant la fonte se compliquent à tel point que souvent on est forcé de suspendre l’exploitation sans que les filons se soient montrés plus étroits qu’à leur affleurement. Dans la Transylvanie, beaucoup de veines d’or ont été remplacées dans la profondeur par des minérais de plomb. Dans le Bannat on a vu le fer opérer cette substitution.

MM. Plie de Beaumont et Dufrénoy ont aussi observé en Angleterre, une certaine gradation pour quelques filons de cuivre du Cornouailles; ils deviennent insensiblement plus riches à une plus grande distance du jour, sans que la nature delà gangue change entièrement; mais le quartz, par exemple, au

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lieu de foi'iner des masses solides, se pénètre de Bssures et de cavités. Dans d’autres cas. une des gangues augmente beaucoup en proportion, relativement à l’autre; ainsi, quand la ‘ masse est formée d’un mélange de quartz et de chlorite , celle-ci finit par dominer au point de rester pure.

D’autres filons ont donné du cuivre près de la surface, tandis qu’on les a trouvés riches en étain dans la partie inférieure; mais pour cet exemple, ajoutent ces géologues, il est probable que le phénomène est dû à la rencontre de deux liions, dont l’un est cuprifère et l’autre stannifère. 11 serait, dans tous les c^V bien à désirer que les exemples que nous veno&s ^e citer fussent examinés de nouveau avec tout le soin nécessaire. Nous avons dû les présenter tels qu’ils ont été signalés ; mais d’un autre côté la nature de la roche encaissante n’a-t-elle pas changé et produit par une sorte d’alfinité élective des modifications analogues à celles que nous avons déjà signalées. La différence de température entre le voisinage de la surface et la profondeur, peut-être aussi la pression d’une si grande colonne de matières fluides, ont pu occasioner des changements dans le mode de cristallisation, et, par conséquent, dans l’enchevêtrement des matières d’un filon. Les expériences que M. Beudant a faites pour déterminer les modifications que diverses causes mécaniques

auraient pu amener dans la cristallisation, prouvent suffisamment que cette dernière est capable d’un effet remarquable.

Enfin, le contact de l’air ou au moins le libre débouché que l’atmosphère présente en quelque sorte à des vapeurs ou à des gaz emprisonnés à une plus grande profondeur par les parois du filon, a encore pu jouer un rôle dans ces actions, par suite de la différence de tension qui en est résulté. Quoi qu’il en soit, quelques causes analogues ont dû nécessairement agir à Joachimsthal en Bohème. Pious avons vu combien les rapports entre les minerais, les porphyres et les basaltes y étaient intimes; ces faits, combinés avec l’élargissement de quelques-uns de ces filons en profondeur et leur terminaison en coin vers le haut, rendent impossible toute autre théorie que celle de leur remplissage par des agents venant de l’intérieur de la terre, et cependant la plusgrande partie des minéraiss’estconcentrée dans les parties supérieures des fiions , comme le démontre l’bistorique de ces mines.

Il résulte en effet des écrits de Mathésius et de la chronique de J oachimsthal , qu’elles prirent dès leur origine, en i5i6, une extension, étonnante. Les minérais riches qui se ti^oUvaient dès la surface, provoquaient de tous côtés des recherches. Vingt-cinq filons nobles étaient déjà exploités au bout de quatorze ans, à dater de leur découverte. Dans les quarante-

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quatre premières années, le bénéfice net dépassa plus de quatre millions ; au bout de soixante ans on avait produit 1,391, 56g marcs d’argent, et cependant la production avait déjà décliné- vers le milieu du meme siècle, à tel point qu’en l’année i58g l’empereur Rodolphe fut dans la nécessité de désigner une commission pour faire une enquête sur la cause de la décadence de ces mines. Elle constata que la profondeur métallifère avait été généralement dépassée. Cependant, beaucoup de cesgites montrent du minéral à une grande profondeurj mais ces exemples sont isolés et inhérents à des relations de contact aisées à démontrer; ainsi les uns se trouvent en rapport avec la couche calcaire, ou bien avec le porphyre, etc. Les croisements de filons y ont encore occasioné une plusgrande profondeur métallifère qu’aux autres points.

Le fait déjà signalé de l’absence du minérai dans les parties supérieures des filons de Procopi et de Junghauerzecher n’est pas contraire aux résul ta ts que nous venons d’énoncer. En effet , si le métal n’a commencé à s’y montrer qu’à la profondeur de 100 toises, cela tient uniquement à ce que le filon est fermé au-dessus de ce niveau; mais aussi il cesse d’en fournir en quantité exploitable à la profondeur de 40 à 60 toises plus bas, en sorte que l’étendue métallifère ne se distingue en rien de celle qui est générale dans la contrée.

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Dans tout ce qui précède sur la disposition des minerais, par rapport à leur distance du jour, nous avons, autant quepossible, cherché à éviter de mentionner les faits qui auraient pu provenir des altérations superficielles. Celles-ci ont aussi occasioné des changements très-remarquables à la partie supérieure des filons, et l’on doit ranger parmi leurs produits les fréquents dépôts d’hydrate de fer, connus des mineurs sous le nom de chapeau de fer des fions; mais nous insisterons sur ces nouveaux faits quand il sera question des modifications que les espèces minérales éprouvent par les agents atmosphériques et autres.

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