‹ Traité de géographie physique; climat - hydrographie - relief du sol - biogéographieChapitre 107 sur 162 · B. ÉROSIONS ÉOLIENNES DANS LES RUINES DES BEAUX ( PROVENCE · texte numérisé non relu

B. ÉROSIONS ÉOLIENNES DANS LES RUINES DES BEAUX ( PROVENCE

Les alvéoles creusés par le mistral ont même apparence que ceux des parois rocheuses dans les déserts.

Planche XXXII.

E. de Martonne. Géographie Physique.

L'évidence de ces actions ne doit pas faire oublier leur caractère local. Elles impriment un cachet particulier au modelé désertique; elles ne sauraient seules en expliquer les grandes lignes. En particulier, il semble exagéré d'attribuer le creusement des vallées àechebka et la formation des vallées aveugles à l'érosion éolienne [Walther, 6]. Celle-ci s'exerce beaucoup plus sur le rebord des plateaux, et particulièrement sur les témoins détachés des falaises qu'elle transforme en gour, qu'à l'intérieur des vallées, où elle est arrêtée par le manteau d'éboulis ensevelissant le pied des escarpements. Le modelé désertique est incompréhensible si l'on ne tient compte à la fois de Féro-

Fig. 306. — Arche naturelle. Chaîne d'Obazzer (Sahara). Dessin d'après une photographie de Foureau.

sion subaérienne actuelle, et même de l'érosion qui a pu s'effectuer dans des périodes récentes plus humides.

Érosion subaérienne. — La rareté des précipitations n'est point, comme on serait tenté de le croire, un obstacle à l'extension de l'érosion subaérienne. L'exemple des mauvaises terres ou bad lands (pi. XII, B) prouve qu'un climat sec favorise l'érosion en lui livrant le sol nu sans couverture végétale. Nous savons d'autre part que, même dans les régions humides, c'est là où l'écoulement est le moins régulier que l'érosion est la plus forte (bassins torrentiels). L'observation prouve que, même dans les déserts, il y a des sortes de crises d'érosion violente, d'autant plus puissantes qu'elles sont plus rares. Les transformations qu'elles font subir à la topographie ressemblent, il est vrai, beaucoup plus à celles que déterminent ailleurs le ruissellement proprement dit ou les débâcles des torrents.

Tous les explorateurs sahariens ont été témoins de ces crues foudroyantes qui se précipitent à la suite des pluies d'orage dans les ouadi desséchés, emportant parfois les campements et les troupeaux

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