C. -- LIMITE DE LA FORET A BALOTA (KARPATES MÉRIDIONALES
Derniers sapins écrêtés et privés de branches du côté du vent dominant. Formes naines tapies au ras du sol.
PLANCHE XXXVIII. E. de Martonne. Géographie Physique.
Les différentes fonctions de la vie végétale ne demandent pas la même quantité d'eau. La sécheresse favorise les phénomènes de reproduction chez un grand nombre de plantes; l'humidité favorise le développement de l'appareil végétatif.
L'attention des botanistes s'est surtout portée sur les formes d'adaptation de l'appareil végétatif aux conditions variées de l'humidité. On distingue depuis longtemps des plantes œérophiles, ou xérophytes adaptées à la sécheresse, et des hygrophytes, ou plantes hygrophiles, adaptées à l'humidité, sans compter les plantes aquatiques, qui vivent constamment dans l'eau. Les expériences ont permis de préciser les caractères dus à l'abondance ou à l'indigence de l'eau, de transformer partiellement des xérophytes en hygrophytes. On a reconnu que les modifications portaient non seulement sur les formes extérieures, mais sur la nature histologique des tissus.
Plantes aquatiques. — Les plantes vivant dans l'eau se trouvent dans des conditions très spéciales. Leurs caractères ne sont pas simplement l'exagération de ceux des plantes hygrophiles. Comme celles-ci, elles ont sans doute des feuilles très développées, des tiges allongées et molles; les racines sont très réduites à cause de la facilité d'absorption. Mais la vie dans le milieu aquatique a des conséquences particulières : la lumière tamisée par l'eau étant réduite, les organes assimilateurs se portent vers la surface par l'allongement des tiges et des pétioles. Les échanges gazeux se faisant moins aisément qu'à l'air libre, les feuilles se divisent ou s'allongent en minces lanières, étendant ainsi les surfaces d'absorption, les stomates diminuent ou disparaissent des parties immergées, les tissus sont creusés de lacunes, par où l'air circule directement à l'intérieur de la plante.
Plusieurs plantes aquatiques, notamment les renoncules d'eau, ont à la fois des feuilles flottantes à la surface, ayant la structure des feuilles aériennes et des feuilles submergées, divisées en lanières. Les cultures expérimentales de Gostantin [14] ont montré qu'on peut provoquer chez les plantes terrestres la disparition des stomates, la transformation des feuilles, l'allongement des tiges. Une feuille de renoncule maintenue à demi plongée dans l'eau s'est développée en lanières du côté immergé.
L'influence du milieu aquatique est défavorable à la reproduction des plantes supérieures. Un très petit nombre de phanérogames ont un pollen capable d'agir dans l'eau (Naïadacées, Z estera, etc.). La plupart des plantes d'eau cherchent à développer leurs organes de
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reproduction à la surface. C'est ainsi que les épis bruns des Potamogeton se dressent au-dessus de l'eau, que les fleurs des Nénuphars s'y étalent. Certaines plantes attachées au fond ont une fleur à pédoncule enroulé en tire-bouchon qui se déroule et monte à la surface (Vallisneria). Les plantes phanérogames qui restent en profondeur se reproduisent à peu près exclusivement par bourgeonnement.
Les phénomènes de reproduction sont de nature très différente chez les Algues. L'organisme tout entier diffère d'ailleurs de celui des plantes terrestres : toute trace de feuilles, racines et tiges a disparu. Ce sont les véritables plantes d'eau; la plupart des plantes aquatiques phanérogames ne sont que des formes d'adaptation plus ou moins imparfaites de plantes terrestres à la vie aquatique.
Hygrophytes et xérophytes. — La vie à l'air libre, même saturé d'eau, avec des racines plongeant dans un sol humide, imprime aux plantes terrestres des caractères un peu analogues à ceux des plantes aquatiques : les tiges s'allongent et s'amollissent par réduction du tissu ligneux, les feuilles se développent et s'amincissent. La zone équatoriale humide est peuplée de plantes hygrophiles typiques : les bananiers en sont l'exemple le plus remarquable, les palmiers ont la même origine, bien que certaines espèces aient réussi à s'adapter à des climats relativement secs.
L'excès d'humidité peut avoir des inconvénients. L'eau ruisselant constamment sur les feuilles les mettrait dans les conditions des plantes aquatiques, si l'écoulement n'était favorisé par un réseau de nervures saillantes et un allongement de l'extrémité de la feuille en gouttière, comme c'est le cas du Ficus religiosa (fig. 347). Dans un air saturé, la transpiration devient difficile, comme l'évaporation physique; les échanges gazeux et la synthèse de la sève qui en résulte sont par suite retardés. La plante risque de ne pouvoir se nourrir. De là le grand développement des tissus lacuneux, donnant parfois aux feuilles gonflées de certaines plantes hygrophiles une apparence de xérophiles.
En général, les plantes xérophiles ont cependant des caractères exactement opposés à ceux des plantes hygrophiles. Les racines se développent pour aller chercher de l'eau dans le sol aussi loin que possible ; les tiges sont plus courtes et plus solides, grâce au développement de l'appareil ligneux; l'effort porte surtout sur la réduction de la transpiration et l'accumulation de réserves d'eau. Les feuilles se transforment : leur surface diminue, leur épaisseur est plus
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