‹ Traité de géographie physiqueChapitre 13 sur 44 · LORRAINE · texte numérisé non relu

LORRAINE

France, a un tracé brisé : il présenteun angle saillant, l'angle du Maine, qui s'avance au loin dans Tinlérieur du bassin parisien, et deux faces ou facettes qui se creusent légèrement à partir de cet angle et se dirigent obliquement Tune vers le Cotenlin, Vautre vers la Vendée.

Une chaîne assez puissante dite montagne d'Arrée, monts de Bretagne, montsdu Menez, borde le coté supérieur. D'autres lignes de hauteurs, mais moins accentuées, bordent les autres cotés.

C'est ainsi que le côté occidental, qui regarde le golfe de Gascogne, est longé sur une grande longueur par un pli rectiligne dit sillon de Bretagne. Le côté oriental, qui regarde la France, est le moins élevé des trois.

Tous ces traits ou la plupart s'expliquent par les chocs que la Bretagne a reçus du saillant terre-neuvien. Ces chocs ont porté tantôt dans le golfe de Gascogne et tantôt dans la Manche. Ceux qui ont sillonné le golfe de Gascogne ont frappé la Bretagne par en dessous, tantôt dans un sens, tantôt dans Taulre, érodant circulairement son rivage et lui donnant la courbure rentrante qu'il présente et qui se raccorde avec la ligne des côtes landaises. D'innombrables débris arrachés aux rivages, Yeu, Noirmoutier, Belle-Ile, Groix, les Glénans, Ouessant, bordent la côte à faible distance. Un lambeau à demi détaché, la presqu'île de Quiberon, tend à suivre le même chemin et à s'éloigner vers le large. Les coups qui ont passé au nord de la Bretagne ont arraché du rivage breton un lambeau énorme, le Cotentin, et l'ont redressé vers le nord. La cavité ouverte entre la Bretagne et le Cotentin, c'est-à-dire le golfe de Saint-Malo, est un autre golfe de Gascogne, creusé par la môme cause et dont l'ouverture regarde le même point de l'horizon: Terre-Neuve.

Daus cette cavité on trouve un alignement d'îles remarquables, Guernesey, Jersey, les Minquiers, les îles Chausey, enfin le mont Saint-Michel, qui sont soit des débris enlevés à la côte bretonne par le ciseau terre-ncuvien etdisposéspar lui dans l'ouverture du golfe de Saint-Malo, soit des débris abandonnés dans ce golfe par leCornouailles anglais. Cette dernière hypothèse est la plus probable. Ainsi que nous l'avons déjà dit, l'Angleterre, et toute la Grande-Bretagne, n'est qu'un agrégat de blocs, de roches et de sédiments tassés et truelles ensemble au-dessus de la France par la truelle terre-neuvienne, et chaque coup ou passage de cette truelle a eu pour effet d'appuyer cet agrégat contre les côtes françaises. II se peut donc que les îles Normandes soient des débris du

Comouailles anglais, enfoncé dans le golfe breton, puis retiré.

Quoi qu'il en soit, le golfe de Saint-Malo a été certainement ouvert par la pointe terre-neuvienne. D'autres coups de celle pointe, d'autres coups de Téperon lerre-neuvien ont passé sous la Bretagne. D'autres enfin ont porté d'aplomb sur son extrémité, désagrégeant et fendant son angle, ouvrant la rade de Brest et la baie de Douarnenez, disposant en croix la presqu'île de Crozon, enfin martelant et condensant toute la Bretagne.

Tous ces chocs formidables ont eu, bien entendu, pour effet d'enfoncer la Bretagne très profondément dans la France. Aussi l'angle oriental du triangle breton a-t-il, à plusieurs reprises, pénétré dans l'intérieur du bassin parisien, soulevant et retournant ses sédiments, comme un soc de charrue soulève devant lui les guérets, et creusant une encoignure aiguë dont le sommet est vers Nogent-le-Rotrou et d'où sortent le Loir, l'Huisne, la Sarthe, etc.

De plus, les sédiments soulevés par ce soc se sont dressés en ourlets que nous appelons collines du Perche. Enfin sur les terrains soulevés parce soc et inclinés par lui vers la Seine, les eaux s'écoulent en divergeant, suivant les rayons d'un vaste cône. L'Orne, la Dive, la Toucques, la Bille, l'Iton et l'Eure forment les divers rayons de cet éventail hydrographique.

Voilà ce qui concerne . la Bretagne. J'ajoute que le bloc armoricain, en raison, sans doute, de sa position avancée et des actions incessantes, des poussées lentes ou des tractions qui le travaillent, a éprouvé des variations très sensibles depuis les temps historiques. Cette pierre angulaire de la France branle sans cesse. Dans le Finistère, des villes florissantes à l'époque romaine ont disparu englouties sous les flots ; et dans le golfe de Saint-Malo, vers l'an 800 de notre ère, la mer a fait brusquement irruption et recouvert pour toujours une vaste étendue de forêts, la forêt de Scissy. Jadis, le rocher de Malo et aussi le mont Saint-Michel étaient situés dans l'intérieur des terres, comme "est aujourd'hui encore le rocher de Dol. Il paraît également certain qu'au moyen âge les îles Normandes, Jersey, Guernesey, Aurigny, étaient unies au Cotenlin par une grève découverte à marée basse. Bref, on a de nombreuses preuves que l'Armorique est un bloc sans cesse branlant.

Auvergne. — Prise avec le Limousin, la Marche, le Morvan, la Côte-d'Or, les Cévennes, le plateau du Ségala, c'est-à-dire considérée dans son ensemble, l'Auvergne a la forme d'un

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triangle, dont les angles sont constitués par le Limousin, le Morvan et les Ce venues. Ce dernier angle est aigu et se prolonge en pointe, par les monts de Lacaune et la Montagne-Noire, dans la direction des Pyrénées ; les deux autres sont arrondis. Tous trois sont détachés ou presque détachés du corps du triangle par des vallées profondes, la vallée du Lot, de TArroux, de la Creuse et de la Dordogne. L'un des côtés du triangle arvenie regarde le nord et le plateau parisien. Ce côté s*incurve vers l'intérieur du triangle et les chaînes ou collines qui le forment s'entr'ouvrent pour livrer passage à la Loire et a TAllier. Comme le coté correspondant de la Bretagne, cette face du triangle arverno est donc entamée profondément, et de plus elle présente un accident semblable au Cotentin, le Morvan, qui pointe vers le nord exactement comme le Cotentin.

Le deuxième côté regarde le sud-ouest et la vallée de la Garonne. Il se creuse, lui aussi, vers l'intérieur du triangle et présente la même courbe que le côté homologue de la Bretagne. De plus il se crevasse, à peu près comme la côte bretonne, pour livrer passage à des cours d'eau qui s'échappent de l'intérieur du triangle, l'Isle, la Dordogne, le Lot, l'Aveyron, le Tarn, l'Agout, affluents de la Garonne.

Le troisième côté regarde l'est et la vallée du Rhône et de la Saône. Il est longé de près par ces deux fleuves et il présente une courbe convexe vers l'extérieur, avec un saillant obtus qui touche le Rhône vers Lyon.

Dans l'intérieur du triangje arverne, on trouve une grande chaîne incurvée en forme de fer à cheval qui enveloppe le cours de la Loire et de l'Allier. Cette chaîne porte les noms de monts du Charolais, du Beaujolais, du Vivarais, de monts Lozère, de monts d'Aubrac, enfin de monts d'Auvergne. Cette chaîne en fer à cheval révèle l'origine de la nodosité montagneuse qui nous occupe : c'est une boucle rocheuse reployée sur elle-même exactement comme un fer qu'un maréchal-fcrrant martèle après l'avoir chautTé à blanc. Et de même que sous le marteau du forgeron des étincelles jaillissent du métal, de même sous les coups des marteaux terrestres le feu central a jailli du bloc arverne par toutes ses fissures, par tous ses pores.

Si Ton considère la carte au 1/320000, on constate que les monts du Morvan forment, avec ceux du Nivernais, une boucle convexe vers le nord, c'est-à-dire un dôme au-dessus de l'Auvergne. Le sommet de cette boucle est à Clamecy. La boucle s'entr'ouvre

pour livrer passage à l'Yonne et ses branches se recourbent pour se souder Tune à la Côte-d'Or par TAutunois, Taulre aux collines de Combrailles par le Nivernais. Ainsi cet appendice du Morvan et du Nivernais n'est autre chose qu'un dôme qui surmonte le feston arverne, et l'Auvergne n'est autre chose qu'un cirque écrasé et réduit à une faible largeur, tandis que sa longueur s'est développée excessivement. C'est, aux dimensions près, un cirque comparable à ceux que forment l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud. La flèche du cirque arverne est lare du grand cercle mené de Clamecy à Mende. Elle est dirigée du nord au sud.

Voilà ce qui concerne l'Auvergne. On donne aussi à cette nodosité montagneuse le nom de massif central de la France. Mais ce terme est impropre. Une nodosité montagneuse n'est point un massif, pas plus qu'un nœud dans un tronc d'arbre n'est un tronc d'arbre.

Lorraine. — Comme les deux blocs armoricain et arverne, la Lorraine a la forme d'un triangle. L'espace circonscrit par le Rhin, la Meuse et les Ardennes a, en effet, une forme triangulaire. Mais il faut ajouter à la Lorraine, pour voir la forme de ce triangle dans son intégralité, toute la chaîne des Ardennes avec l'Eifel, le Hunsrûck et les chaînes qui prolongent les Ardennes outre Rhin, c'est-à-dire le Taunus, le Westerwald et le Winterberg.

Ces dernières chaînes constituent l'angle nord-oriental du triangle lorrain, angle qui est retranché du corps du triangle par une brèche où coule le Rhin. Le Winterberg, plateau de forme aiguë, constitue la pointe de cet angle. Cette pointe se recourbe vers le nord et le nord-ouest en longeant la Wéser. Une foule de rivières, TEder, la Diemer, la Rtihr, la Lippe, l'Ems, s'en échappent dans tous les sens.

L'angle nord-occidental du triangle se trouve à l'autre extrémité des Ardennes, dans l'espace compris entre Sambre et Meuse. Cet angle aussi est retranché du corps du triangle par une brèche où coule la Meuse ; et c'est aussi un centre de dispersion des eaux. La Sambre, l'Oise, l'Escaut et une foule d'autres rivières en descendent.

Enfin l'angle méridional est formé par la haute Lorraine. Son extrême pointe est au ballon d'Alsace. Cet angle tend à se détacher, lui aussi, du corps du triangle, car de la brèche de

Saverne (Vosges) à celle du Rupt de Mad (côtes de Meuse) toute la Lorraine est traversée par une dépression continue et profonde qui s'étend de Test à l'ouest et est marquée par des étangs ou des rivières. Le canal de la Marne au Rhin suit cette dépression. L'angle méridional du triangle lorrain est aussi, bien entendu, le point de départ d'une foule de rivières qui vont en divergeant dans tous les sens, soit vers l'extérieur, soit vers l'intérieur du triangle. La Saône, TOgnon, la Savoureuse, la Lizaine, la Moselle, le Madon sont les principales de ces rivières.

Les trois côtés du triangle lorrain sont formés :

1** Par les Ardennes et les chaînes qui prolongent les Ardennes sur la droite du Rhin et qui vont finir au Winterberg ;

2° Par les Vosges et leurs prolongements, le Hardt, le Hunsriick, le Taunus et le Westerwald. Toutes ces chaînes se prolongent, en effet, ou se sont prolongées les unes les autres, comme nous le verrons tout à l'heure;

3' Par les côtes de Meuse et la chaîne des Ballons. Ces deux chaînes aussi se prolongent et n'en font qu'une seule.

Des trois côtés du triangle lorrain, ce dernier est le plus faible comme épaisseur et relief. Les côtes de Meuse qui bordent la rive droite de la Meuse sont des collines plutôt que des montagnes. Mais la chaîne se relève dans Talignement des Ballons et elle a sa plus grande élévation à son extrémité inférieure, au. ballon d'Alsace.

La face qui nous occupe est droite, ou à peu près droite, avec une légère incurvation en dedans que la courbe de la Meuse rend sensible à l'œil. Tout le monde sait que cette face, qui est la gorge du bastion lorrain, a été renforcée par nous depuis que nous avons perdu le bastion lui-même et qu'elle porte une ligne de forts.

La deuxième face du triangle lorrain est formée par les Vosges et leur prolongement, le Hardt. Cette chaîne des Vosges est beaucoup plus haute et plus épaisse que celle des Ballons et des côtes de Meuse. Elle a, comme cette dernière, sa plus grande épaisseur et ses plus grandes altitudes dans sa partie méridionale. C'est la même progression qu'on observe dans toutes les chaînes du faisceau alpin, ou, d'une façon plus générale, dans tous les faisceaux de chaînes sans exception : toutes les rides s'abaissent en s'éloignant du centre du faisceau, de son cœur, et en allant vers la circonférence.

Donc la chaîne des Vosges suit cette progression. Elle se con-

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tinue par le Hardt, qui est moins élevé que les Vosgeé et aussi moins compact.

Mais on remarque au point de soudure de ces deux segments de chaîne une chose curieuse : c'est que le Hardt s'infléchit et se reploie en arrière des Vosges vers Tintérieur du triangle, for- •mant une boucle ou un rejet très prononcé. Cette boucle est crevée en son fond, autrement dit il y a non seulement ploiement, mais brisure de la chaîne et jeu relatif de ses deux tronçons. Entre les deux tronçons, dans la boucle brisée, coule une rivière, la Bruche, sous-affluent du Rhin ; c'est là ce qu'on appelle la trouée de Saales, le passage le plus large et le plus commode de toute la chaîne; par lui on passe presque de plain-pied d'Alsace en Lorraine.

Une autre brèche s'ouvre un peu plus au nord, c'est la brèche de Saverne. Mais là les deux tronçons n'ont pas joué l'un contre l'autre et le passage est fort étroit.

Au mont Tonnerre, qui forme l'extrémité du Hardt, la chaîne paraît finir. Elle s'allonge, en effet, vers le coude du Rhin en pentes mourantes depuis le mont Tonnerre, et on ne lui voit pas de prolongement direct sur la rive droite du Rhin.

Mais, attendu qu'aucune chaîne ne disparaît brusquement sans laisser de traces, le prolongement du Hardt doit se retrouver quelque part. Et, en efl'et, la carte géologique montre que la chaîne se reploie sur elle-même une seconde fois en formant une boucle semblable à celle de Saales, mais beaucoup plus large et plus puissante, et qui recèle dans son intérieur la vallée de la Nahe, affluent du Rhin. L'autre paroi de la boucle, c'est-à-dire l'autre segment de la chaîne, le segment qui prolongeait jadis le. Hardt, est formé par une chaîne étroite, mais puissante, comprise entre la Moselle et la Nahe, qu'on appelle le Hunsri'ick, et qui se prolonge au-delà du Rhin directement par une autre chaîne pareille, le Taunus, séparée du Hunsrûck par une autre brèche étroite où coule le Rhin.

Cette chaîne du Taunus se reploie ou se brise à son tour, comme l'ont déjà fait précédemment les Vosges et le Hardt, et forme une troisième boucle ouverte vers le Rhin, qui recèle dans son intérieur la vallée de la Lahn, et dont la paroi de gauche est formée par le Westerwald, tronçon assez compact et presque rectiligne qui va s'unir aux plateaux du Winterberg et terminer ainsi le trajet de la longue chaîne que nous suivons depuis le ballon d'Alsace.

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Mon lecteur saisit bien vite la raison de ces reploiements. C'est ainsi que doit faire une chaîne qui reçoit sur sa tranche terminale (ici le Winterberg) des poussées violentes et qui ne peut s'échapper ni à droite ni à gauche: elle se divise en tronçons qui glissent les uns contre les autres, formant autant de replis ou de poches plus ou moins profondes accompagnés de rejets plus ou moins considérables. Des divers replis des Vosges le plus considérable et le plus important au point de vue militaire est celui qui entoure la vallée de la Nahe, car il est extrêmement large et son fond entr'ouvert livre un passage commode aux armées, tandis que la trouée de Saales n'est qu'un corridor étroit. Quant au troisième repli, qui recèle la vallée de la Lahn, il est, il est vrai, très ouvert lui aussi et très large, mais il aboutit au Rhin qui en barre l'entrée et lui enlève toute utilité. Voilà ce qui concerne le côté oriental du triangle lorrain. J'ajoute qu'il est' longé sur une très grande longueur parle Rhin, qui le traverse ensuite à angle droit, et que, de l'autre côté du Rhin et parallèlement à la chaîne des Vosges, s'élève une chaîne symétrique, le Schwarz-Wald. Les géologues ont constaté que ces deux chaînes qui se font face sont composées des mêmes roches, identiquement, et ils en ont conclu, avec beaucoup de raison, qu'elles ont dû être jadis unies, c'est-à-dire qu'elles n'ont fait, à une certaine époque, qu'une seule et môme chaîne qui s'est ensuite divisée. Mais comment ? C'est ce que nous verrons plus tard. Pour le moment bornons-nous à constater qu'elles sont séparées l'une de l'autre par un long corridor formant fossé. Ce fossé longe la face orientale du triangle lorrain ou la plus grande partie de cette face.

Le reste de cette face n'est précédé par aucune défense semblable, mais par un pays mouvementé hérissé de blocs et de chaînes bouleversés d'une manière terrible et présentant même des traces nombreuses de volcanicité. Le Vogelsberg est un volcan qui a jadis été très actif, à en juger par les quantités de laves et de basaltes épandues sur ses flancs.

La paroi môme du rempart lorrain est entamée et la boucle formée par le reploiement du Taunus a perdu son sommet, sa partie convexe. Le Winterberg aussi est entamé et ses rameaux s'étendent et s'éparpillent dans toutes les directions. Le plus important de ces rameaux est le Teutoburger-Wald, qui pro* longe la pointe du plateau et se replie vers le nord-ouest parallèlement à la Wéser, qu'il longe pendant quelque temps. Ensuite,

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il va en mourant dans la direction de TEms et disparait sous les alluvions du Hanovre.

Chose remarquable, cette chaîne de Teutoburger-Wald est doublée à quelque distance, du côté de TAUemagne, par une autre chaîne pareille, le Wiehen-Gebirge, qui se prolonge parallèlement à lui, à peu près comme le Schwarz-Wald s'élève devant les Vosges. Un corridor large au début et qui va en s'effilant sépare ces deux chaînes jumelles. La Wéser suit longtemps ce corridor, puis s'en échappe à droite par la brèche de Minden, qui a une certaine importance, car c'est une porte d'entrée vers l'Allemagne du Nord, vers l'Allemagne proprement dite. Le reste du couloir sert de lit à une petite rivière, l'Else, qui porte ses eaux à la Wéser.

Quelle est l'origine de ce couloir de la Wéser, de ce couloir compris entre le Teutoburger-Wald et le Wiehen-Berg ? C'est ce que nous verrons plus tard.

Le troisième côté du triangle lorrain est constitué par les Ardennes et par leur prolongement, les plateaux de l'Eifel des Hohe-Venn, du Sauerland et du Winterberg, où ce côté finit.

Les Ardennes sont non pas une chaîne comme celle des Vosges, relativement étroite et très longue, mais un entassement de chaînes formant un grand croissant épais en son milieu, aigu en ses extrémités, et d'une traversée très difficile à cause du très grand nombre de ses rides et de l'âpreté de ses pentes. Ses bois» ses marais ou /an^/ie^, ses vallées encaissées, en ont fait pendant bien longtemps une contrée redoutée, environnée de mystères et de légendes, et aujourd'hui encore c'est un obstacle sérieux pour les grandes armées. Bien que pour le relief ce côté du triangle soit inférieur aux Vosges, et de beaucoup, il n'en est pas moins la face la plus solide et la mieux défendue du bastion lorrain.

Le Chiers et la Semoy, puis la Moselle, puis la Sieg enveloppent au midi le croissant des Ardennes qui se grossit du reste en ses extrémités, à droite, du Westerwald, dans lequel il se soude au côté vosgien ; à gauche, des hauts de Meuse et de l'Argonne, par lesquels il prend contact avec le côté occidental.

Du côté du nord, le croissant ardennais se creuse, enveloppant dans sa courbe une vaste région basse, la région hollando-belge, traversée par deux fleuves, le Rhin et la Meuse, qui tous les deux s'échappent du fond du croissant, qu'ils traversent par des brèches étroites.

J'ai dit dans la leçon sur YEurope que le croissant des Ardennes

a été modelé par l'éperon Scandinave qui, frappant d'abord l'Angleterre et arasant ou désagrégeant ses côtes orientales, a pénétré dans la France et donné dans la région belge ses coups de balan- <5ier circulaires. Ce coussinet de chaînes, disposées en croissant, tourne en effet sa concavité vers la Norvvège. Mais ce n'est peutêtre pas une raison suffisante pour affirmer qjae c'est la Norwège qui l'a façonné. Ce peut être un autre balancier. Quoi qu'il en soit, au fond, c'est-à-dire dans la concavité du croissant, on trouve de riches gisements de houille, produit de la trituration des forêts de Tàge primaire dans cet immense mortier. Le pilon, quel qu'il soit, quia travaillé dans ce mortier a broyé et étendu par couches curvilignes et concentriques ces forêt^ abattues ou ces amas de végétaux venus peut-être de fort loin et charriés par le flot des mers jusqu'à cette place.

L'intérieur du triangle lorrain est occupé par un seul bassin, celui de la Moselle, et ses accidents sont déterminés, au moins pour la plupart, par les replis ou rejets des Vosges, replis ou rejets qui ont leur écho dans l'intérieur du triangle et qui produisent les inflexions principales de la Sarre, de la Seille, des deux Nied et de la Moselle elle-même.

Voilà ce qui concerne le triangle lorrain.

Danemark. — Une quatrième nodosité de forme triangulaire ou trapézoïdale, comme les trois précédentes, s'élève au nord-est de la Lorraine, comme la Lorraine s'élève au nord-est de l'Auvergne, et continue la chaîne française et la termine. C'est le Danemark. Cette nodosité, de formation récente, nullement granitique, constituée de terrains crétacés et d'alluvions.qui dissimulent sa parenté avec la Lorraine, l'Auvergne et la Bretagne, est cependant un des anneaux de la chaîne française. Ses angles sont arrachés ou près de l'être comme ceux de la Lorraine ou de l'Auvergne. L'un de ces angles, l'angle oriental, est même tout à fait désagrégé et réduit en poussière insulaire. L'angle supérieur, le Jutland, également arraché, s'enfonce dans une crevasse aiguë qui divise la péninsule Scandinave ; mais il n'a nullement été l'instrument de cette division, c'est-à-dire l'outil qui a creusé l'encoignure de Christiania. Au contraire, il s'y est moulé, et l'outil qui a creusé l'encoignure est bien loin de là : c'est Terre-Neuve.

Le troisième angle du triangle danois est constitué par le Holstein, il est presque isolé du reste du triangle par une dépression où passe aujourd'hui un canal maritime unissant la

mer du Nord à la Baltique. Et il est isolé du continent par l'Elbe et la Sude.

Je ne décris pas ce triangle plus en détail, à cause de son éloignement. 11 me suffit d'avoir montré les attaches françaises de cette terre danoise. Le Danemark est une Lorraine, une Auvergne ou une Bretagne dç formation relativement nouvelle, qui ferme la trouée ouverte dans la muraille du cirque européen par Téperon terre-neuvien.

. Plateau souabe-francom'en. — Une cinquième nodosité montagneuse, accolée à la Lorraine, dont elle n'est séparée que par une longue et étroite coupure, la vaUée du Rhin alsacien, s'élève à la limite orientale de la France. C'est le plateau souabe- franconien.

Ce plateau, symétrique en quelque sorle de la Lorraine, dont il constitue l'autre moitié, la moitié de droite, est circonscrit par trois fleuves, le Rhin, le Danube et la Wéser, avec son affluent la Werra. Et il est bordé par trois chaînes, qui dominent ces fleuves, et qui sont : le Jura souabe-franconien, le Schwarz-Wald avec ses annexes (Odenwald, Spesshardt, Vogelsberg, RhOn-Gébirge), enfin le Bôhmer-Wald avec son prolongement aigu, le Thuringer- Wald.

Les trois angles de ce triangle en sont détachés plus ou moins complètement par trois vallées, les vallées du Mein, du Neckar et de la Regnitz, répétée plus près du sommet par la Nab.

Je ne décris pas en détail ce bloc qui est hors de France ; je me borne à faire remarquer qu'il a, par sa pointe méridionale, exercé son action sur la France, et notamment sur le Jura, dont il a érodé la partie supérieure d'un coup de balancier curviligne ou de plusieurs, soulevant sous ses chocs la muraille du Lomont et d'autres rides parallèles, et soulevant aussi dans le col de Valdieu les collines sur lesquelles s'élève Belfort. Ces chocs contre la tranche septentrionale du Jura ont fissuré cette chaîne dans le sens longitudinal : la Birse, le Doubs, le Dessoubre coulent dans les fissures ainsi produites, descendant vers le nord depuis l'intérieur de la chaîne. Le coude du Doubs à Saint-Hippolyte reproduit par sa forme celle du saillant de la Forêt-Noire et tourne vers lui son ouverture. Il paraît donc évident que l'hydrographie comme l'orographie de cette région sont, au moins en partie, le résultat des actions mécaniques de ce saillant.

Dans ses derniers balancements vers l'ouest, le môme saillant a creusé la dépression où coule TlU, qui est un autre Rhin, ou, si

Ton préfère, un ancien lit du Rhin, et cela simplement en se rapprochant un peu des Vosges et refoulant devant lui les limons ou loess de la vallée. Puis une autre trépidation moins accentuée a porté le saillant de la Forêt-Noire jusqu'au Rhin et soulevé Tourlet qui sépare celui-ci de rill. Une nouvelle et légère poussée aurait pour résultat de rapprocher encore le cours du fleuve du saillant, et le thalweg actuel du Rhin deviendrait un autre lll, une autre rivière subordonnée.

Voilà ce qui concerne le bloc souabe-franconien. Le lecteur, en jetant les yeux sur une carte géologique, observera le reploiement curieux du Jura franconien dans le voisinage du Bohmer-Wald; la cause de ce reploiement, c'est la pénétration de laBohôme dans Téventail des chaînes françaises. Poussée par lesTatra, par le poing des Karpathes, la Bohême s'est, en elTet, enfoncée dans la région française et a relevé vers le nord les rides supérieures des Alpes, tandis qu une autre pointe, le saillant terre-ncuvien, relevait vers le nord les rides situées au nord des Pyrénées : d'où Féventail de chaînes et de thalwegs divergents qui constitue la France. C'est à une échelle immense la reproduction de l'éventail qui surmonte les Alpes algaviemes, ou le Saint-Gothard, ou les Pyrénées centrales. Les mômes causes, agissant sur ce théâtre, ont ciselé les formes d'ensemble et les détails secondaires. Tout s'explique par les chocs ei les pénétrations de deux éperons rocheux, l'un encore engagé et noyé dans la masse qu'il a frappée, l'autre séparé d'elle et aujourd'hui distant de plusieurs milliers de kilomètres, l'éperon thuringien et l'éperon terre-neuvicn.

Les effets des pénétrations de la pointe thuringienne dans le faisceau de droite ont été les suivants :

1* La Forêt-Noire et la chaîne des Vosges unies ensemble ont été séparées des Alpes, et le couloir où coule aujourd'hui le Danube a été ébauché par un coup droit ou par plusieurs de cette pointe. La preuve que la Forêt-Noire a été jadis soudée aux Alpes, c'est qu'on trouve en Suisse des monts entiers, le Righi par exemple, qui sont composés de roches identiques à celles de la Forêt-Noire. Cette entaille a ensuite été élargie et approfondie par les oscillations des Alpes. L'ourlet jurassique a été soulevé dans l'intervalle, et maintenant cette haute barrière rocheuse qui s'interpose entre la Forêt-Noire et les Alpes nous dérobe leurs rapports et leur solidarité ancienne.

2" Les Vosges et la Forêt-Noire ont été de même séparées les unes de Taulre par un coup ou plusieurs du même outil, qui s'allon-

geait d^abord parallèlement à elles, alors que ces chaînes étaient parallèles aux Alpesou moins inclinées sur les Alpes qu'elles ne le sont aujourd'hui. Leur redressement progressif dû aux poussées postérieures est encore bien fait, il est vrai, pour nous dissimuler le phénomène. Aussi les géologues, tout en reconnaissant l'identité des roches et des aspects physiques des deux chaînes, ont-ils méconnu, à notre avis du moins, la véritable cause de leur scission. Certains l'attribuent aux érosions du Rhin, prenant ainsi l'effet pour la cause, d'autres disent qu'il s'est produit dans l'écorce terrestre un plissement parallèle à la direction des Vosges et de la Forèt-Noire, plissement qui a fait surgir ces deux chaînes, sous la forme d'une longue voûte bombée, dont la clef de voûte s'est ensuite effondrée, de sorte que les deux chaînas restent seules debout représentant les pieds-droits d'une voûte écroulée. C'est la théorie d'Elie de Beaumont. La vraiecause est plus simple, mais aussi plus secrète. Une pointe rocheuse aiguë» introduite dans une chaîne jadis unique, l'a fendue comme une bûche qu'une hache entame sur sa tranche et divise du haut en bas. Jusqu'où s'est étendue la pénétration de cette pointe? C'est ce que nous verrons en étudiant la vallée du Rhin alsacien et regardant de près ses versants.

Mais peut-ôtre aussi que cette double chaîne est l'œuvre de la pénétration elle-même? Cela est encore possible. En tout cas, la pénétration a dû nécessairement surélever les deux parois en contact avec l'outil pénétrant. Mon lecteur choisira l'hypothèse qui lui plaira le mieux. Mais, pour moi, la double chaîne des Vosges et du Swartz-Wald est une branche des Alpes.

Considérons maintenant les effets de ce môme outil, de cette môme hache thuringienne sur la partie septentrionale de cotte branche ou chaîne vosgienne. Là nous trouvons, nous Tavons dit déjà, un grand désordre. La pointe orientaledu triangle lorrain est bouleversée et dans l'intervalle qui le sépare du triangle souabefranconien s'élèvent des blocs épars, tels que le Vogelsberg qui est un volcan; les laves ont jailli d'ailleursde beaucoup d'autres fissures et dessinent une longue traînée qui marque fort bien la ligne de séparation des triangles ; même la vallée de la Lahnquise creusedans un pli des Vosges entre le Westerwald etleTaunusen est remplie. On en trouve aussi dans la boucle formée par le reploiement du Hardt et duHunsrûck. 11 est donc évident que la pointe du Thuringer-Wald a bouleversé cette région et qu'elle y a multiplié ses coups : d'où le désordre qui y règne.

Mais voici le Irait le plus curieux. Vis-à-vis même la pointe du Thuringer-Wald se creuse un long couloir compris entre deux chaînes d'ailleurs peu importantes comme relief, mais très régulières comme alignement, le Teutoburger-Wald et le Wiehen- Gébirge. L'entrée évasée de ce couloir est tournée vers la pointe percutante; son fond au contraire se resserre, tout en gardant Tampleur correspondante à la largeur de la pointe. Ainsi on ne peut douter qu'elle n'y ait pénétré; ce couloir est un fourreau d'épée, le fourreau de l'épée thuringienne. Nous trouvons en quelque sorte la répétition de ce qui s'est passé tout à côté dans le couloir des Vosges et du Schwartz-Wald.

Considérons de plus près la carte, nous verrons sur ladroite, et en dehors de ce couloir de la Wéser, un bloc isolé, le Harz, qui paraît être un bloc réséqué de la pointe du triangle lorrain par la hache thuringienne et rejeté sur la droite. Un examen plus attentif de la carte confirme cet aperçu. Le Harz allonge ses rameaux vers l'Elbe comme le Win terberg allonge les siens vers la Wéser, et cette avant-pointe de la Lorraine répète les formes de l'autre pointe encore soudée au triangle lorrain. Du reste, la composition géologique du Harz est la même que celle du Wintcrberg, de l'Eifcl, du Westerwald et des Ardennes.

Le fait saillant qui ressort de cette discussion, c'est que la France projette dans l'intérieur de l'Europe un bastion avancé, la Lorraine, que ce bastion ne se termine point au Rhin, mais à la Wéser, et qu'enfin un bloc détaché, arraché par une cause violente, se trouve en pleine Allemagne du Nord, entre la Wéser et l'Elbe. Ce bloc, c'est le Harz.

Résumons ce qui .précède.

Trois triangles rocheux aux angles arrondis se touchant deux à deux et se soutenant de proche en proche par des ligaments de collines, tels sont en résumé les accidents orographiques les plus marquants qu'on trouve dans l'intérieur de la France.

Un quatrième triangle accolé à l'un d'eux, au triangle lorrain dont il a été retranché, continue la série de ces blocs.

Un cinquième, le Danemark, dont je n'ai parlé que pour mémoire, à cause de son éloignement, la termine, d'un côté tout au moins, ou plutôt la relie à un bloc plus considérable, la Scandinavie, qui fait partie de la lèvre supérieure du cirque européen.

Et, de l'autre côté, la série se continue par d'autres blocs dont nous n'avons encore rien dit, à cause de leur éloignement, mais que mon lecteur aperçoit assez : le Cornouailles, le Pays de Galles,

rirlande, l'Ecosse, l'Islande elle-même prolongent la série et la rattachent au Groenland, qui fait partie delà lèvre supérieure du cirque nord-américain.

Tous ces blocs forment, en se soudant les uns aux autres d'une manière plus ou moins intime, une grande chaîne incurvée, ou un feston immense dont les branches ont une longueur en quelque sorte indéfinie.

Mais, pour nous en tenir à la partie qui est située sur le continent et qui n'est interrompue par aucune brèche, on voit qu'elle se compose des cinq triangles : breton, arverne, lorrain, souabefranconien, danois. Ces cinq triangles forment, en se soudant les uns aux autres, un grand feston montagneux, une longue et large chaîne incurvée vers le sud, dont le fond est au mont Lozère, et dont les extrémités sont au cap Saint-Mathieu et à la pointe de Skagen (Danemark). Les anneaux de cette chaîne sont constitués par des triangles rocheux, qui adhèrent l'un à l'autre et se soutiennent de proche en proche. Ce sont comme ces triangles infiniment plus vastes qui constituent nos continents et qui forment par leur assemblage une chaîne immense enveloppant le globe. La pensée se présente que ces petits triangles, qui forment la chaîne française, ont pu se façonner et se modeler les uns les autres, comme les triangles continentaux, et sinon se faire entièrement, du moins se donner l'un à l'autre les derniers coups de lime ou de ciseau.

Cela est vrai. Il est certain que, par leurs angles qui se touchent, ces blocs triangulaires se sont choqués et élimés les uns les autres. La preuve, c'est que ces angles sont les uns arrondis et émoussés, les autres creusés comme les alvéoles dans lesquelles viennent se loger les apophyses osseuses des articulations d'un squelette. Ainsi l'angle méridional du triangle breton se creuse et même très profondément, tandis que l'angle occidental du triangle arverne s'arrondit: la Vendée a reçu l'empreinte du saillant arrondi de la Marche et du Limousin : — la Vendée est l'alvéole de l'apophyse limousine.

De môme l'angle inférieur du triangle lorrain se creuse ; il présente non une seule pointe, comme je l'ai dit pour abréger, mais un arc concave, l'arc des Faucilles, dans lequel est venue rouler l'apophyse rocheuse du Morvan.

Enfin l'angle supérieur gauche du triangle danois, c'est-à-dire le Jutland, engage sa pointe dans la fourche Scandinave. Et visiblement cette pointe s'est moulée dans cette fourche.

Bref, il y a eu jeu, actions et réactions mutuelles des divers blocs composant la chaîne française. Cela n'est pas douteux. Dans la leçon suivante, consacrée à Tétude des vallées françaises, nous constaterons que chacun de ces blocs a pénétré dans les vallées qui lavoisinent et s*y est mû, sinon avec une entière indépendance, du moins dans d'assez larges limites pour y laisser des traces bien visibles de ses passages et de ses oscillations.

Ainsi ces petits triangles, j'allais dire ces petits continents lorrain, breton et arverne, se sont comportés à peu près comme, les grands continents eux-mêmes. Les chocs et les conflits de ces derniers ont trouvé leur écho dans les chocs et les luttes des moindres fragments qui les composent. Chacun d'eux est le père d'une innombrable famille dont Jes membres, quoique unis entre eux, quoique frères ou époux, ne laissent pas de se quereller ensemble et de se battre, tandis que le père de famille lutte pour l'existence commune. Les coups que ces petits frères ennemis se portent les uns aux autres ne sont pas bien graves, ils n'entraînent pas une rupture complète ; ce sont, si vous le voulez, de simples caresses, mais qui n'en laissent pas moins quelques éraflures sur leurs visages enfantins.

J'ai terminé l'étude de l'orographie de la France.

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