VALLÉB DE LA LOIRE ET DB LA SEINE
exercent surtout leur action sur les députés de leur groupe qui siègent près d'eux. Et l'assemblée tout entière cède plus ou moins à leur éloquence. On peut môme ajouter que les bancs sur lesquels siège cette noble assemblée sont parfaitement marqués par les falaises ou gradins, dont je parlais tout à Theure, et qui forment autour de Paris un amphithéâtre assez régulier.
Occupons-nous d'abord des pénétrations du bloc arverne. Ce bloc a pour angle occidental le Limousin et la Marche. C'est une bosse arrondie, de composition granitique, parfaitement visible sur les cartes géologiques. Cette bosse a pénétré dans les plaines de Sologne, dessiné, par un coup donné circulairement, la boucle de la Loire qui a son sommet à Orléans et refoulé devant elle les plaines de la Beauce et du Gâtinais vers le nord, c'est-à-dire vers Paris. Cette poussée a créé, dans la Beauce et le Gâtinais, un dos de terrain à peine sensible, mais suffisant pow' régler le cours des eaux. Et c'est pourquoi TEssonne, la Juine et le Loing portent leurs eaux à la Seine.
Quand on observe attentivement la carte, on voit que les thalwegs des rivières que reçoit la Loire dans cette boucle d'Orléans s'incurvent dans le même sens, indiquant une légère rotation du bloc pénétrant. En même temps qu'il s'élevait vers le nord, ce bloc a tourné de droite à gauche, ce qui se conçoit bien aisément, car d'abord il a dû, sous les poussées latérales, se rapprocher du Morvan, puis s'élever vers le nord, puis, lors de la détente, s'abaisser vers le sud en s'écartant du Morvan. Et ainsi son centre a décrit une courbe dans le sens droite-gauche et il a oscillé en cercle et non pas en ligne droite. Et chacun des points de cette protubérance a décrit une petite courbe fermée et l'a décrite dans le sens droite-gauche. Aussi tous les thalwegs et tous les ourlets qui l'entourent sont-ils infléchis vers la gauche. Et cette influence se fait sentir non seulement jusqu'à la Loire, mais jusqu'à la Seine, jusqu'à Paris. Le Loing, l'Essonne, l'Orge en sont influencés dans toute l'étendue de leur cours ; toute la région convexe, qui est située au sud de la Loire, immédiatement sous Orléans, sur la rive gauche, est comparable à une came énorme qui a exercé sur la rive droite une pression dans le sens droite-gauche, en môme temps qu'une poussée vers le nord ; il y a eu roulement en quelque sorte d'un rivage dans l'autre rivage, et creusement de l'un par l'autre. Les mouvements d'ailleurs, d'abord très étendus, ont été de plus en plus limités, et maintenant sans doute ils ont pris fin ou sont difficilement perceptibles. Mais qui sait? Peut-
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être saurons-nous un jour les reconnaître, comme nous savons constater déjà les variations du magnétisme par les oscillations de Taiguille aimantée. Quoi qu'il en soit, jadis ils ont été très sensibles, puisque le sol en porte Tempreinte.
Le saillant du Morvan, cette autre bosse arrondie, qui termine le massif central au nord-est, a tendu, lui aussi et plus encore que Fautre, à pénétrer dans le bassin parisien et ses oscillations, dirigées exactement dans le même sens que celles de Tautre saillant, se sont fait sentir jusqu'à Paris et même plus loin. L'incurvation des cours d'eau le prouve. Tous, depuis TArmançon jusqu'à l'Aisne et à l'Oise, reproduisent, en l'exagérant, la courbure du dôme du Morvan.
Mais c'est, bien entendu, surtout dans la région qui domine immédiatement le Morvan, c'est-à-dire dans le secteur compris entre l'Yonne et la Seine, que l'action de cette bosse du Morvan s'est fait sentir. Immédiatement au-dessus de lui on remarque un gros bloc de forme à peu près rectangulaire, la forêt d'Olhe, qui a dû être soulevé par la poussée du Morvan et qui doit sans doute son relief à cette poussée. Lui-même, agissant par contrecoup sur la falaise de Champagne, a soulevé cette falaise, ou du moins la partie de cette falaise qui s'étend entre Villenauxe et Montereau. Et ces poussées ont été bien certainement accompagnées d'une oscillation dans le cens droite-gauche, car les thalwegs et les promontoires de la falaise champenoise sont repliés uniformément dans le sens de cette rotation. Les promontoires, qui leur font face sur la rive gauche de la Seine son! naturçUemenl infléchis en sens inverse ; celui de ces derniers promontoires qui s'allonge vers Montereau dans l'intervalle de la Seine et de l'Yonne forme une longue corne aiguë qui, dans son mouvement de progression vers l'ouest, s'est avancée au moins jusqu'au confluent des deux rivières, puis s'est retirée dégageant un vide que des alluvions ont rempli et qui est devenu une vaste plaine. Lui-même s'est étiré et afl'aissé, mais, en somme, il reste encore assez compact. Voilà ce qui s'est passé de ce côté.
Le saillant des Ardennes a pénétré dans la vallée de l'Oise, car on voit au-dessous de ce saillant s'ouvrir une vaste échancrure en forme d'entonnoir qui reproduit à peu près sa forme et dans laquelle l'Oise et ses affluents se précipitent. Vers le fond de cet entonnoir plusieursblocs détachés, le massif de Saint-Gobain et le rocher de Laon, isolés dans une vaste plaine, sont des témoins laissés par cette pointe pénétrante lorsqu'elle s'est retirée de