‹ Traité de géographie physiqueChapitre 32 sur 44 · DES THÉORIES GÉOLOGIQUES · texte numérisé non relu

DES THÉORIES GÉOLOGIQUES

des couches très peu anciennes inclinées à Thorizon. C'est une grande invraisemblance, pour ne pas dire une grande erreur, qui disparaîtra de la science.

On ne se demandera plus également pourquoi les couches de sédiment d'un même bassin sont d'apparences et de compositions diverses, pourquoi les unes sont des sables, les autres des conglomérats, les autres des limons ténus, les autres des amas de coquilles microscopiques* ou de débris madréporiques, pourquoi enfin une foule de débris organisés, soit végétaux, soit animaux, sont mélangés pêle-mêle avec ces couches.

En effet, sachant que tous ces matériaux, organisés ou non, viennent de très loin, et non pas seulement du cirque limité dans lequel on les trouve, mais de toutes les parties de la planète^ et de toutes les profondeurs des océans^ et de toutes les hauteurs de la terre ferme, on ne doit plus être surpris de la diversité et du mélange de tous ces matériaux.

Lorsqu'un soc de charrue amène à la surface d'un champ des terres d'un autre aspect que celui du champ, vous étonnez-vous ? Eh bien ! les socs qui ont labouré le sol terrestre ont fait de même. J'ajoute que les eaux des océans, brassées par ces socs puissants dans les bassins océaniques, avec tous les limons et toutes les matières terrestres, puis projetées violemment sur la terre ferme, puis ramenées dans leur lit par des aspirations puissantes des pistons qui les avaient projetées, puis projetées encore par d'autres coups de ces pistons, ont complété le mélange de toutes les roches, de tous les êtres contemporains de l'époque où l'événement s'est produit, et en a fait un amalgame complet^ caractérisant cette époque. Voilà l'explication de la différence tranchée des couches de sédiments que l'on trouve dans un même bassin à des profondeurs différentes, et voilà l'explication de l'analogie surprenante de toutes les couches contemporaines les unes des autres créées simultanément sur des théâtres géologiques très divers, et même situées dans des hémisphères opposés de la planète.

C'est ce qui fait que, dans des bassins distants parfois les uns des autres de milliers de lieues, on trouve la même série stratigraphique, c'est-à-dire la même succession de couches se superposant dans le môme ordre. Mais on trouve aussi des différences, bien entendu, et ces différences ne doivent plus surprendre, étant données les causes qui ont produit chacune de ces couches. Les variations des échelles stratigraphiques des divers lieux ne seront donc plus des sujets d'étonnement et d'inquiétude, mais au con-

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traire on concevra la possibilité de les expliquer, et les recherches de ces varialions deviendront une des parties les plus intéressant^ de la science géologique.

« Nous sommes, écrivait Cuvier, il y a quatre-vingts ans, dans « son Discours sur les révolutions du globe^ dans l'ignorance la « plus absolue sur les causes qui ont pu faire varier les substances « dont les couches se composent ; nous ne connaissons pas même a les agents qui ont pu tenir certaines d'entre elles en dissolu- « tion, et Ton dispute encore sur plusieurs si elles doivent leur « origine à Teau ou au feu. Au fond, Ton a pu voir ci-devant « que Ton n'est guère d'accord que sur un seul point, savoir que « la mer a changé de place. Et comment le sait-on, si ce n'est « par les fossiles? »

Maintenant, voici ce qu'écrit sur le même sujet un géologue célèbre, M. Jules Marcou :

« La classification des roches stratifiées n'est que provisoire, elle n'est propre véritablement qu'à la zone tempérée septentrionale, et même, dans cette zone, elle est limitée aux bassins de l'océan Atlantique et de la Méditerranée. Aussitôt que Ton sort de ces limites et que l'on arrive soit dans Tlnde, soit sur le Missouri et en Californie, de prime abord on vient se buter contre des difficultés qui, d'abord regardées et surtout traitées assez légèrement par la plupart des observateurs, se dressent de plus en plus comme des obstacles qui ne peuvent être passés < sous silence, ni encore moins tournés. A plus forte raison, lorsqu'on sort de la zone tempérée septentrionale, on ne trouve plus que des anomalies, des difficultés qui, loin d'aller en s'éclaircissant avec le temps, prouvent au contraire de plus en plus l'insuffisance des classifications et le peu de valeur des lois dites paléontologiques*.

Et M. Marcou donne des exemples : « Une même couche du Pundjab, épaisse d'un pied et demi, réunit des formes fossiles qui, dans l'Europe centrale, se répartissent entre des terrains très distincts, les terrains carbonifère, triasique et jurassique. En Californie, les fossiles tertiaires et crétacés sont mélangés, etc. »

Nous osons espérer que dorénavant les anomalies si curieuses que

signale M. Jules Marcou ne surprendront plus, ni lui, ni personne.

On ne se demandera plus également pourquoi les fossiles enfouis

i Bulletin de la Société de Géographie de Paris, 1873, !•' vol., p. 638.

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dans les sédiments sont si bien conservés, si nettement moulés dans la pierre qui les enveloppe. Leur enfouissement subit dans des limons humides, convertis instantanément en roche dure, explique ce fait, et bien d'autres encore relatifs aux fossiles, tels que leur accumulation par bancs entiers en certaines places, leur absence complète en d'autres places, leur identité dans une môme couche, qu'ils soient en haut ou en bas de cette couche ou au milieu, et aussi les anomalies nombreuses que Ton observe : déformations d'individus, mélanges fortuits d'espèces appartenant à des époques diverses, colonies ou groupes d'individus transportés dans des milieux où ils font tache, etc. Mais c'est surtout Tétat de conservation de tous ces êtres qui est frappant et significatif, et vous vous êtes demandé sans doute, cher lecteur, comment celte particularité singulière, cette exception à toutes lès lois naturelles connues avait pu être réalisée sur une échelle si vaste et si générale. Vous en voyez maintenant la raison : c'est que les sédiments ont été formés non pas lentement, mais brusquement, non pas à force de siècles, mais à la minute môme et pour ainsi dire avec la rapidité de l'éclair. Car sans cela il est bien clair qu'il n'aurait pu y avoir ni moulage ni conservation des fossiles. Un cadavre placé dans les conditions ordinaires ne se conserve pas : il se dissout.

Cuvier, le grand Cuvier, écrit pourtant dans son Discours sur les révolutions du globe :

« Une comparaison scrupuleuse des formes de ces dépouilles, « de leur tissu, souvent même de leur composition chimique, ne c< montre pas la moindre différence entre les coquilles fossiles et <( celles que la mer nourrit ; leur conservation n'est pas moins par- " faite ; l'on n'y observe le plus souvent ni détrition,ni ruptures, c( rien qui annonce un transport violent ; les plus petites d'entre c< elles gardent leurs parties les plus délicates, leurs crêtes les plus « subtiles, leurs pointes les plusdéliées. Ainsi, non seulement elles « ont vécu dans la mer, elles ont été déposées parla mer, c'est la « mer qui les a laissées dans les lieux où on les trouve ; mais cette « mer a séjourné dans ces lieux; elle y a séjourné assez longtemps « et assez paisiblement pour y former les dépôts si réguliers, si « épais, si vastes et en partie si solides que remplissent ces c< dépouilles d'animaux aquatiques. Le bassin des mers a donc « éprouvé au moins un changement, soit en étendue, soit en situa- « tion. Voilà ce qui résulte déjà des premières fouilles et de l'ob- « servation la plus superficielle. »

Ce raisonnement paraît irréprochable, et bien déduit, n'est-il pas vrai; et d'ailleurs, Tautorité de Cuvier et celle de tous les géologues qui l'ont suivi, c'est-à-dire de tous les géologues de notre siècle, dispense d'y regarder de plus près.

Cependant, si nos archéologues raisonnaient comme nos géologues, lorsqu'ils découvrent des ossements et des armes dans un tumulus gaulois, ils diraient : « Voilà un chef gaulois qui a vécu « dans ce tumulus. C'était sa hutte ou sa maison. Voici autour de « lui son cheval et ses chiens. Voici sa monnaie de poche. Voici « ses armes. » Et ceux qui découvrenttout un cimetière: «Voici une « cité romaine ou gauloise qui a dû être très florissante. Les habi- « tants y sont littéralement entassés les uns sur les autres. » Ceux qui explorent les ruines de Pompéi et y trouvent des peintures, des sculptures, des objets de toutes sortes intacts, des hommes môme moulés dans la cendre, diraient : « Voilà une ville qui n'a « éprouvé bien certainement aucun dommage depuis sa fondation, « car tout y est en bon ordre. » SiChampollion ou Mariette avaient raisonné comme Cuvier, lorsqu'ils ont découvert les momies des Pharaons dans les Pyramides d'Egypte, ils auraient dit ; « Voilà « les Pharaons qui ont habité ces pyramides. Elles leur servaient « sans doute de trônes et de palais. C'est du haut de ces monu- « ments qu'ilsdonnaient leurs ordres à l'Egypte. Au-dessous d'eux, « sur les gradins des quatre faces, se tenaient leurs ministres, leur « cour et les divers ordres de l'Etat ; dans la plaine, le peuple « prosterné. Ce devait être un coup d'œil magnifique. » Bref, ils auraient pu dire de fort belles choses. Mais il est fort heureux pour la science archéologique qu'ils ne les aient pas dites ni pensées.

Les premiers géologues, voyant les choses avec leur simple bon sens, ont cru que les fossiles représentaient les restes d'animaux antédiluviens mêlés aux limons jetés par le déluge sur les continents. Ils se trompaient sans doute en disant qu'il n'y avait eu qu'un déluge. On le leur a bien prouvé, mais en tombant dans une erreur plus grande.

« Pendant longtemps, écrit Cuvier dans son Discours sur les « révolutions du globe, on n'admit que deux événements, que « deux époques de mutations sur le globe : la Création et le « Déluge. Et tous les efforts des géologistes tendirent à expliquer « l'état actuel en imaginant un certain état primitif, modifié « ensuite par le déluge, dont chacun imaginait aussi, à sa manière, « les causes, l'action et les effets. »

Nous voici revenus, à bien peu de chose près (un S ajouté au

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mot déluge)^ aux errements dont Cuvier se moquait il y a moins d'un siècle; mais son ironie ne nous touche pas. Nous ne rougissons pas de revenir à des errements qui sont justes. Tout en rendant hommage au génie qui a su reconstituer les êtres fabuleux des premiers âges, avec combien de plaisir je relirais, si j'en avais le temps, non seulement ces vieilles théories qui paraissent si ridicules à Cuvier, mais le récit de Noé lui-môme, la tradition biblique ! Voici pourtant ce que je m'en rappelle :

« Et reversas siint aqxiae desuper terrain eiindo et redeundo. Et « les eaux pour retourner dans leur lit parcouraient le sol en « allant et venant dans leurs oscillations. »

« Et aquœ fueinint eiindo et deficiendo usque ad mensem decimitm; « in decimOy in unâ mensis die^ visa simt capita montium. Et les « eaux continuèrent à osciller en descendant jusqu'au dixième « mois; et au premier jour de ce mois émergèrent les têtes des « montagnes. »

Mais qui sait si on ne m'accusera pas de m'ôtre entendu avec Noé? Il y a, en effet, dans ces oscillations dont ce vénérable patriarche nous parle, et qui ont /ait aller et venir les océans sur les continents avec impétuosité pendant dix mois consécutifs, un accord au moins suspect avec mes théories. Une chose pourtant me rassure sur les suites de cette accusation, c'est que je crois que nos géologues français ne se font plus guère d'illusions sur la valeur des théories de Cuvier depuis que l'un d'eux, M. Oscar Durand-Savoyat, a présenté à l'Exposition de 1889 une collection de 6.000 fossiles dont l'enfouissement subit a dû être reconnu par tout le monde savant. Après cela, il est permis de croire que les convictions de nos géologues sont au moins ébranlées. Mais il est si dur d'avouer qu'on s'est trompé !

Autre question: Qu'est-ce que la houille? C'est, disent ou disaient naguère nos géologues, le produit de la décomposition des forêts de l'âge primaire. Mais comment ce produit a-t-il pu se conserver tout en se décomposant? La houille a la même composition que le bois, ou à fort peu près. Si les forêts de l'Age primaire ont pourri à l'air, ou dans l'eau, comment leur substance s'est-elle conservée si bien, comment s'est-elle disposée par couches parallèles régulières, renfermant non seulement des empreintes de branches et de feuilles, mais même parfois des troncs entiers ? Allez voir dans les forêts vierges les plus épaisses du monde s'il se forme de la houille ! Pour moi, j'ai eu beau courir dans celles de l'Asie à la recherche de mines d'or : j'ai vu quelques

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mines d or, mais je n'ai jamais vu de houille. Et je vous assure cependant que j'ai traversé des forôts bien épaisses, bien imposantes, bien vieilles, sinon d'aussi vieilles que le monde.

Quelle est donc Torigine de la houille? Elle est exactement la même que celle des sédiments. La houille est un sédiment formé avec du bois, une pâte ligneuse provenant de la trituration des forêts de Tâge primaire par des éperons rocheux, et étalés par couches, exactement comme les autres sédiments, au fond des anfractuosités naturelles, ou sur les versants des chaînes, par ces éperons rocheux, par ces truelles puissantes, qui ont passé sur ces versants ou dans ces anfractuosités. Et la tourbe, elle aussi, est un sédiment ligneux, mais meuble. C'est le diluvium de la houille, la partie des forêts antédiluviennes qui a échappé au pilonnage et à la trituration, et qui est allée s'échouer çà et là, portée par les courants diluviens, tantôt sur les cimes des chaînes, tantôt dans les cols, dans les vallées étroites et k issue resserrée, tantôt dans les fonds naturels.

Et le pétrole, qu'est-ce? Encore un produit de la trituration des végétaux terrestres ou marins, mélangé d'eau de mer et resté à Tétat liquide, enfermé dans des poches ou cavités naturelles entre les diverses assises sédimentaires. Certes, il n'importe guère, au moins eii apparence, aux géographes que la houille, la tourbe ou le pétrole soient ceci ou cela ; mais cela importe aux ingénieurs et aux mineurs, car cela peut aidera diriger leurs recherches, et c'est pour ce motif que nous en parlons ici. De même qu'ils sauront désormais qu'ils doivent chercher les métaux dans les éperons montagneux les plus disloqués, les plus éprouvés par le travail mécanique qu'ils ont accompli, de même ils sauront qu'ils doivent chercher la houille et le pétrole au fond des crevasses creusées par ces éperons, dans la masse des ourlets soulevés par ces éperons, ou au pied de ces ourlets et sur les rivages des lacs ou des mers qui représentent leurs empreintes. Ils pourront même fixer avec une certaine approximation les places des gisements de houille ou de pétrole, ou d'or ou d'autres métaux, sur les cartes géographiques. Voilà l'excuse des critiques que nous émettons sur les théories existantes, si ces critiques ont besoin d'excuse, car ces théories que nous critiquons n'apprennent rien d'utile sur toutes ces questions d'un intérêt majeur. Elles n'aident ni l'ingénieur, ni le mineur, ni le chercheur d'or ou d'argent, ni le chercheur de 'houille, ou de pétrole, ou de tourbe.

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Enfin, dernière conséquence de cette formation rapide des sédiments : on ne sera plus obligé d'attribuer à la terre un âge aussi fabuleux. Chaque couche de sédiment exigeant (d'après ce qu'on croyait) des siècles ou des milliers d'années pour se former, l'âge de la teiTe augmentait d'autant. Par les calculs les plus modérés, Ton arrivait à un chiffre formidable de 20 millions d'années pour Tâge de la planète, mais certains géologues lui donnaient généreusement cent millions d'années ; il y a divergence d'opinions comme vous voyez. Nous aurons le plaisir d'avoir une terre plus jeune, et personne, je pense, ne s'en plaindra.

Les vues échafaudées sur cette durée prodigieuse des âges géologiques et de l'âge total de la terre, celles des darwinistes notamment, seront-elles amenées à se modifier du fait de cette réduction de tous ces âges à de justes limites? Je n'en sais rien. Je crois que toute science, si elle n'est ni un songe, ni un mensonge, doit nécessairement aboutir à cette cause dernière: la Divinité. Mais ce qu'on prend souvent pour les causes dernières, pour les lois primordiales de la nature, ou pour les vues de la Divinité, n'est que l'une de ses voies. Et ainsi s'expliquent les tendances matérialistes de certaines écoles, spiritualistesde certaines autres.

11 est un fait certain, c'est que l'objection, ou l'une des objections capitales que les spiritualistes faisaient aux darwinistes, et que ceux-ci ne savaient trop comment résoudre, s'évanouit. Les premiers disaient aux seconds : « Si les espèces animales se modifiaient comme vous le dites et se transformaient les unes dans les autres, on devrait constater quelques différences entre les fossiles d'une couche de sédiment épaisse de plusieurs mille mètres et qui a mis des milliers d'années à se former, car les uns sont enfouis en haut, les autres au milieu, d'autres enfin en bas de la couche. Ils ne sauraient donc être» tout à fait pareils. Or ils sont identiques. Donc vos théories sont erronées. »

On ne pourra plus dire cela. La formation des couches, l'enfouissement des fossiles étant choses instantanées, l'objection disparaît. Mais s'ensuit-il que l'homme descende du singe ou des poissons?

Voyez ce qui se passe pour les continents : ils ont beau se choquer, se heurter et se façonner les uns les autres, ils restent continents. Mais en se martelant ils se condensent et se façonnent les uns les autres. De même, il peut se faire que les espèces animales se modifient, se perfectionnent par la lutte contre les espèces antagonistes et que, bien loin de se fondre les unes dans

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les autres, elles se séparent, se caractérisent et s'affirment de plus en plus, et que leur type se. dessine de mieux en mieux, bien loin de s'effacer et de passer à un type distinct. De môme que les continents restent continents, de môme, peut-ôlre aussi, les lions restent lions, les chèvres restent chèvres, et les choux restent choux.

Au surplus, tout cela ne regarde les géographes que très indirectement. C'est l'affaire des naturalistes et des philosophes. Mais il n'en est pas de même des théories géologiques. Celles-là nous touchent de près, et c'est pourquoi je me suis permis de présenter les obsefrvations les plus urgentes qu'il y a lieu de faire sur elles. Il y en a bien d'autres que mon lecteur fera ou fait déjà de luimême. Encore une pourtant : ces théories nous viennent pour la plupart d'Angleterre ou d'Allemagne. Toutefois, soyons justes ; elles ont été imaginées par des Français, Cuvier, Elie de Beaumont, Lamarck, etc. ; et ce n'est qu'une honnête restitution que nous font les savants allemands ou anglais, lorsqu'ils nous les renvoient revues, corrigées et surtout augmentées. En vérité, nous n'avons rien à nous reprocher, rien à nous envier les uns aux autres. Nous avons mieux à faire, c'est de nous aider les uns les autres. géologues ! nous vous tendons la main. Nos deux sciences sont sœurs et se doivent un appui mutuel et fraternel.

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