‹ Traité de géologieChapitre 121 sur 533 · VARIATIONS DE L'ACTIVITÉ VOLCANIQUE. 4J · texte numérisé non relu

VARIATIONS DE L'ACTIVITÉ VOLCANIQUE. 4J

1ère et, pendant quelque temps, on pouvait croire que le Vésuve èluît entré définitivement dans une phase nouvelle, comportant des éruptions tranquilles par le sommet, sans explosions et sans crevasses du cône. Mais en avril 1872 avait lieu une éruption par fissure et H. de Yerneuil (1) constatait qu'il s'était produit une projection de cendres et de lapilli inusitée depuis 1822, en sorte que, malgré une accalmie momentanée, le foyer intérieur n'avait rien perdu de sa puissance.

Quelques résultats généraux peuvent être déduits de cette rapide revue de la manière d'être du Vésuve. La violence des paroxysmes de 79 et de 1651 nous apprend que, en général, l'intensité des éruptions est d'autant plus grande que la période antérieure de repos a été plus longue, ce qui prouve que les gaz dégagés de l'intérieur ont du s'accumuler peu à peu au point d'acquérir une pression considérable. Ensuite, il suffit de jeter les yeux sur une carte du Vésuve (fig. 76} pour constater qu'il s'est produit, au dix-neuvième siècle, un

Fig. 76. — Le ïfe

notable déplacement dans la direction de l'activité éruplive. Ce déplacement serait surtout inarqué si l'on avait pu figurer à part les laves émises depuis 1855. Eu effet, à partir de celte époque, les émissions laviques semblent avoir abandonne Us pentes se dirigeant vers Pompéi pour se porter de préférence à l'ouest, vers l'Observatoire. Ce fail s'est reproduit successivement en 1855, 1858, 1860, 1867, 1871, 1873. Les coulées tendent à passer entre la pointe de la Somma el 1 Observatoire en empruntant le ravin délia Vctrana, qu'elles risquent du combler peu à peu en rendant de plus eu plus critique la position du poste d'études intrépidement choisi par M. Palmieri.

(11 Compte* rendus, LX\IV, p. 1373.

¥oleans divers. — L'Epomeo, situé dans l'île d'Ischia, s'est reposé pendant dix-sept siècles avant sa dernière éruption de 1302. À Java, le Gelung-Gung n'avait jamais laissé soupçonner le foyer qui bouillonnait dans son voisinage lorsque éclata, en 1822, une éruption aussi formidable qu'inattendue.

La plupart des grands volcans des Andes ont de longues périodes de repos et on en peut citer un, au Mexique, le Ceboruco, dont l'activité s'est révélée pour la première fois en 1870. Presque tous les volcans du Chili sont en ce moment inactifs et souvent leurs cratères, comme ceux de l'fslande, sont envahis par des amas de glace ou de neige, d'où s'échappent parfois des émanations gazeuses. D'autres, au contraire, comme le Cotopaxi, ont des éruptions assez fréquentes et il en est un dans l'Equateur, le Sangay, peut-être le volcan le plus destructeur qu'il y ait au monde, dont l'activité ne s'endort jamais ; ainsi, en temps normal, Wisse et Garcia Moreno y ont compté jusqu'à 267 explosions par heure, d'intensité variable et avec projections de cendres et de sable.

L'Etna peut encore être cité au nombre des volcans dont l'activité s'est le plus régulièrement soutenue. Les tufs qui en entourent la base attestent que les éruptions y ont commencé bien avant la période actuelle. À maintes reprises l'histoire a enregistré des paroxysmes dont témoignent suffisamment les innombrables cônes parasites qui jonchent les flancs de la montagne et les éruptions qui se sont produites de nos jours, comme celles de 1865 et de 1879, ont gardé exactement le même caractère que celles qui les avaient précédées.

Volcans en activité constante. Stromboli. — À peu de distance de l'Etna,

dans les îles Lipari, se trouve le Stromboli. Ce volcan, dont le sommet atteint 925 mètres d'altitude, est percé, un peu au-dessous de la cime, d'un cratère de 725 mètres de diamètre, où, de mémoire d'homme, la lave n'a jamais cessé de bouillonner. Grâce à des circonstances exceptionnellement favorables, quelques observateurs, notamment Spallanzani, Hoffmann et Poulett-Scrope, ont pu apercevoir le fond du cratère à travers les nuages de vapeur qui s'en échappent sans cesse. On a reconnu que la lave bouillante montait toutes les deux minutes de six mètres pour retomber ensuite. Au point culminant de sa course, la surface se gonflait, des bulles de gaz de plus d'un mètre de diamètre s'en échappaient et projetaient en crevant une pluie de cendres et de scories. Ces oscillations de la lave sont évidemment dues à la vapeur d'eau qui, en s'accumulant dans les profondeurs du foyer, soulève la matière fondue jusqu'à ce que sa pression soit devenue assez forte pour lui permettre de triompher du poids qu'elle supporte. D'après Hoffmann, il y a dans le cratère des ouvertures distinctes, l'une pour les vapeurs sulfureuses, une autre pour les projections de scories incandescentes, une troisième, située plus bas, pour l'émission d'une lave basique analogue à celle de l'Etna. Le sel ammoniac est fréquent parmi les produits sublimés du Stromboli. La frappante régularité dont ce volcan fait preuve depuis tant de siècles a engagé quelques observateurs et notamment Ch. Sainte-Claire Deville (1), à le

(I) Comptes rendus, LXVI, . 677.

Page 1