FORMATIONS SÉDIMENTAIRES
Divisions ioBJauaeatales de la Merle sMImealalre. — Sous ces réserves,
il est néanmoins possible, si Ton s'en tient aux traits généraux, d'encadrer l'histoire géologique dans une série de grandes divisions, suffisamment reconnaissablés sur tout le globe. Nous allons indiquer sur quels principes ces divisions sont fondées, en nous servant, autant que possible, pour leur désignation, des termes dont le récent Congrès géologique de Bologne a recommandé l'emploi (1).
Le stratigraphe distingue, en dernière analyse, des lits, couches ou strates* caractérisés par la constance de leurs caractères minéralogiques et, s'il y a lieu, par celles de leurs restes fossiles. Ces couches forment des horizons, dune étendue d'ailleurs limitée, qu'on peut désigner par le nom de l'espèce fossile la plus typique parmi celles qui composent leur faunule ou leur florule.
Plusieurs couches possédant certains caractères communs se groupent en une assise, dont la faune est caractéristique d'un âge déterminé. Les subdivisions homogènes des assises se succédant les unes aux autres à la manière des zones successives d'une agate ou d'un jaspe, on les désigne souvent, au point de vue paléontologique, sous le nom de zones, qu'on définit par l'adjonction du nom du fossile dominant.
Les assises, a leur tour, peuvent être réunies en étages, correspondant à des éimjues (2), sauf, si les circonstances l'exigent, a y introduire des subdivisions sous le nom de sous-étages.
i Vue réunion homogène et rationnelle de plusieurs étages constitue un
système (ô) ou terrain, embrassant dans le temps toute une période.
Enfin les svstèmes eux-mêmes sont susceptibles de former, par leur réunion, j de grands grouj)es, chacun représentant l'ensemble des sédiments qui se sonl
déposés pendant une ère déterminée.
Tandis que la distinction des lits, celle des assises et souvent môme aussi celle des étages peuvent n'avoir qu'une valeur régionale, il est désirable que les systèmes tiu moins soient applicables à toute l'étendue du globe, à la condition de reconnaître que les limites d'un système donné peuvent varier plus ou moins
i (\) Session de septembre 1881.
f Ci) Le mot à' époque n'est peut-être pas 1res heureusement choisi pour désigner une succession
d'âges: car au point de vue grammatical, ce mot doit être appliqué à un moment délini de l'histoire. Néanmoins et faute d'une richesse de tenues que notre langue ne comporte pas, nous nous en tiendrons à cette désignation.
(3) On a fait au mot de système, adopté par le Congrès de Bologne, une objection fondée sur ce que cette expression s'applique plutôt, dans le langage usuel, à un assemblage de propositions et de principes enchaînés entre eux. Mais, dune part, ce mot a l'avantage de pouvoir être facilement accepté par les géologues étrangers et, d'autre part, le sens qui lui est ici donné est parfaitement conforme aux traditions de la science. Ainsi le Dictionnaire de l'Académie déûnit le Système, *n Histoire naturelle, une distribution méthodique et artificielle de* êtres, jtropre à en faciliter rétudeet il ajoute que ce mot signifie aussi assemblage de corps, réunion dcê parties d'un tout. 11 est d'ailleurs évident que c'est toujours une idée systématique qui préside au groupement de plusieurs étages en un même ensemble. Knfin cette expression a fait dans la science, par la pn-
I blication du livre de M- Harrande sur le System? Silurien de ta liohéme, une apparition assez
éclatante pour que, malgré la popularité dont jouit en France le mot de terrain, nous n'ayons aucune répugnance à accepter sur ce point le vote du Congrès Géologique.
suivant les régions, c'est-à-dire que la période correspondante n'a pas dû commencer ni finir partout au même instant.
Division des temps géologiques en trois grandes ères. — Mettant ces
principes en application, nous distinguerons, dans la série des formations sédimentaires, trois grands groupes : 1° le groupe primaire ou paléozoïque, caractérisé par la grande distance qui sépare ses types organiques de ceux du temps présent ; 2° le groupe secondaire ou me'sozoïque, où commencent à apparaître les précurseurs du monde organique actuel ; 3° le groupe tertiaire ou webzoïque, dans lequel la faune et la flore n'offrent pour ainsi dire plus que des types modernes.*
Quant à l'ère où nous sommes, elle peut porter le nom d'ère moderne ou quaternaire et elle est essentiellement caractérisée par l'apparition de l'homme sur le globe, tandis que l'ère tertiaire est le règne des mammifères et que l'ère secondaire correspond à la prépondérance des reptiles.
On peut se demander si les trois groupes qui viennent d'être énumérés ont bien la môme importance et si le premier ne représenterait pas, quant à la durée, quelque chose d'équivalent à l'ensemble des deux autres. II est certain que l'épaisseur normale des dépôts primaires est énorme. M. Dana (4) l'évalue presque au double de celle des groupes secondaire et tertiaire et, si cette épaisseur devait être considérée comme la mesure de l'intervalle de temps correspondant, il n'y aurait pas de proportion entre le premier groupe et les deux suivants.
Toutefois il importe de considérer que l'énergie de l'action sédimentaire n'a certainement pas été constante à la surface du globe et que le temps écoulé ne constitue pas, à lui seul, un élément suffisant pour la division des périodes. Ce qui caractérise les derniers âges de la terre, c'est la localisation et la spécification de plus en plus accentuées des conditions physiques et physiologiques. À ce point de vue, la division, depuis si longtemps consacrée, des trois groupes primaire, secondaire et tertiaire paraît assez bien fondée et, en attendant, que les progrès de la science aient démontré l'opportunité d'un autre mode de* groupement, nous nous en tiendrons à celui qui, jusqu'à présent, a partout formé la base de l'enseignement géologique.
(1) Manual of Gcology, 2° édition, 1873, p. 112.
DErXIÈME 5ECTI0X
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