GÉNÉRALITÉS SUR LA PÉRIODE CAHBRIEHRE
Caractère* généraux et divisions de la période. — La période Cambrienne (1) est celle qui a vu éclore les premières manifestations bien caractérisées de la vie organique.
Ces manifestations ne se traduisent au début que par des traces assez indistinctes, qu'on a cru pouvoir rapporter à des annélides. Çn même temps le caractère phylladien, c'est-à-dire celui de schistes à éléments cristallins, avec microlithes de staurotide, de tourmaline et d'autres minéraux, domine dans les premiers dépôts de cet âge. Mais bientôt apparaissent de véritables schistes argileux, généralement dépourvus de cristallinité, parfois accompagnés de calcaires et contenant cette remarquable faune de crustacés à laquelle M. Barrande a donné le nom de faune primordiale. On peut donc distinguer, dans le système cambrien, deux étages: l'inférieur, assez étroitement lié aux laïcités sous-jacents, est surtout formé de phyllades, de quartzites et de poudingues, où dominent, en fait de colorations, le gris d'ardoise, le vert et le rouge pourpre ou lie-de-vin. Cet étage a ses types les mieux définis dans le pays de Galles et dans la vallée de la Meuse, entre Mézières et Givet. Nous lui donnerons le nom d'étage ardennais, en souvenir du terrain ardennais de Dumont. L'étage supérieur a d'abord été reconnu en Bohême; puis la Scandinavie en a fourni un type plus complet et enfin la faune primordiale a été retrouvée dans le Pays de Galles, sans parler des autres régions, notamment de l'Amérique du Nord, où son existence n'est pas moins certaine. Nous croyons convenable d'attribuer à cet étage le nom de scan-
(1) Le nom de cambrien, tiré de l'ancienne dénomination romaine du pays de Galles, a été créé en 1835 par Sedgwick pour désigner l'ensemble des schistes et des grés qui, dans ce pays, étaient alors reconnus comme inférieurs aux premières assises nettement fossilifères et que, pour cette raison, on appelait la grauwacke sans fossiles. Mais, par suite d'une erreur dans l'appréciation des relations stratigraphiques, on avait compris dans ce système des couches qui, en réalité, étaient supérieures aux assises fossilifères en question. C'est pourquoi, tandis que Sedgwick réclamait ces dernières pour son étage cambrien, Murchison crut devoir englober presque tout ensemble dans son système silurien. A peu près à la même époque, M. Barrande constituait également, en Bohème, un système silurien dont la base renfermait une faune, nommée par lui primordiale, alors inconnue en Angleterre, mais retrouvée depuis dans l'ancien cambrien moyen de Sedgwick. Aujourd'hui la plupart des géologues paraissent d'accord pour appliquer le nom de cambrien à tout ce qui renferme la faune primordiale. Nous nous rangeons à cet avis, en faisant, de l'ensemble des couches correspondantes, non un étage, mais un système, en raison de son épaisseur et de l'importance de son rôle.
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parait devoir être rangé dans la classe des Isopodes. Les trilobites se distinguent par leur division longitudinale en trois lobes, ainsi que par leur facile séparation, dans le sens transversal, en trois segments qui sont la tête, le thorax et l'abdomen ; le thorax pouvant d'ailleurs se partager en anneaux indépendants. Les yeux sont remarquablement développés dans quelques genres de trilobites et sont munis d'un nombre parfois prodigieux de facettes.
Les trilobites primordiaux appartiennent aux genres Paradoxides (fig. 170), Plutonia, Microdiscu», Agnostus (fig. 168), Arionelliu, EUipsocephalut, Conocephalites ou Conocoryphe, Otenus (fig. 167), Sao, Dicellocepkaliu, etc. La classe des crus-
ïg. 187. Olexn* mirrnn». Sa»., des Lingula flaga. — Fig. 188. igiu'iii iatrgcr, Bejr. lie l'étage G da Bohême. — Fig. «69. Thrca gregaria, M. et H. tp., du gré) da Potidam. — Fig. 170. Paradoiidri Bohémien*, Barr., de (iiiicli (Bohème). — Fig. 111, Diclyottema faciale. Sait., da ulmien de 5p>.
lacés est encore représentée dans cette faune par d'autres genres, tels qa'Bymenocaru, LeperdUia, etc.
A ces fossiles s'associent des bracliiopodes des genres Lingula (fig. 165), Lingulella(ftg. 166), DUcina, Obolus, etc., ainsi que des pléropodes, Theca ou Byolitet (fig. 169), des protozoaires, probablement spongiaires, Arckœocyathui, Protospongia et un organisme réticulé, Dictyonema (fig. 171), qui parait être un hydrozoaire.
Quelques auteurs signalent aussi, au sommet de la série primordiale, l'apparition d'une autre famille d'hydrozoaires, celle des graptolithes; mais son épanouissement n'a réellement lieu que dans le système silurien. Enfin la famille des Méduseï serait aussi représentée dans la faune cambrienne si, comme le pense H. Nathorst (1), il convenait de rapporter à des animaux de ce genre les traces décrites en Scandinavie comme Astylospongia, Spalantjopsit et Agelacrinws.
Pour terminer cette énuraération, il y a lieu de mentionner, comme dans l'étage ardennais, des organismes douteux, probablement des tubes d'annélides, tels que les Scolititux d'Amérique.
Condition* physiques de In périade. — Il est assurément remarquable que
{I) Compta randus de l'Académie dei u
M de Suide. — Geol. Uagavne. 1882, p. 24.
désigné l'assise inférieure sous le nom de groupe deCaerfai, dont on a fait l'étage annélidien, en raison de la prédominance des annélides.
D'après cela, l'équivalent de l'étage ardennais se réduirait à ce groupe inférieur, que M. Hicks divise de la manière suivante à St-David's.
3. Caekfw supérieur : grès pourprés et verdâtres, d'environ 3U0- d'épaisseur, ne contenant
que des annélides.
2. Caebfai motes : schistes rouges, de 15», avec Lingulella, Ditcina, Leperditia Cambremis. 1. Caerfai 15FÉRIEDR : 140» de grès schistoïdes verdâtres et 20- de conglomérats quartzeux, avec
annélides seulement.
L'étage scandinavien peut être divisé, d'après les trilobites dominants, en deux sous-étages, le paradoxidien à la base et Yolénidien au sommet (1). Voici d'ailleurs, du haut en bas, le tableau des assises que comprend cet ensemble :