PÉRIODE SILURIENNE. G
conglomérats, argiles, schistes, calcaires et, au moins dans les régions où, comme en Russie, aucune action mécanique n'est venue déranger l'assiette primitive des couches, celles-ci ont conservé une composition originelle qui ne permet pas de les distinguer des formations les plus modernes. A part quelques exceptions, l'élément cristallin contemporain du dépôt, si abondant parmi les roches cambriennes, fait ici défaut et quand des cristaux se sont développés dans la masse des sédiments, il est toujours facile d'en reconnaître la source extérieure, soit dans le voisinage d'une roche d'épanchement, soit dans le métamorphisme mécanique déterminé par les dislocations que le terrain a subies.
Ainsi il est probable que dès le début de la période silurienne, les océans avaient acquis une composition à peu près identique avec celle qu'ils ont aujourd'hui. Leur étendue était d'ailleurs considérable et la division en bassins, autant qu'on en peut juger par la distribution géographique des faunes, était infiniment moins accentuée que de nos jours. Tandis que la période primordiale n'offre guère que des espèces littorales, la faune silurienne comprend des familles qui s'accommodent d'eaux plus profondes. Néanmoins les formations de plages dominent encore et, ce qui le prouve, c'est la grande étendue occupée par chaque nature de dépôts. A l'heure présente les dépôts littoraux ne forment guère qu'une mince frange autour de continents bien définis; au contraire, l'étude des sédiments siluriens nous montre, la plupart du temps, des rivages très instables, constamment remaniés par une mer qui, au lieu de côtes élevées, ne rencontrait devant elle que des plages marécageuses et incertaines. Les rides dues au clapotement des vagues y abondent, ainsi que les fentes de retrait produites par le dessèchement des argiles et moulées ultérieurement par du grès qui est venu les recouvrir.
En tout cas c'est toujours le faciès marin qui domine sans partage ; à peine, au sommet du silurien, voit-on apparaître quelques plantes terrestres, et si des mollusques ont alors habité la terre ferme, du moins leurs dépouilles n'ont pas pu arriver jusqu'à nous.
Division» du système. — Depuis 1846, M. Barrande a nettement établi la division de la faune silurienne (non compris la faune primordiale, que nous en avons détachée pour la ranger avec le cambrien) en deux groupes : la faune seconde où dominent encore les trilobites, tandis que les céphalopodes y sont très peu représentés, et la faune troisième, remarquablement riche en céphalopodes à coquilles droites ou enroulées ainsi qu'en brachiopodes et contenant de nombreux genres de trilobites qui lui sont propres.
La faune seconde étant celle qui caractérise les grès de l'Armorique ainsi que les schistes ardoisiers d'Angers, de Vitré et de tant de points de la Bretagne, nous donnerons à l'étage qui la contient le nom d'étage armoricain, tandis que celui d'étage bohémien sera appliqué aux couches qui renferment la faune troisième, magnifiquement développée en Bohême et si magistralement décrite par H. Barrande. Notre étage armoricain représentera ainsi le groupe siluro-cambrien que
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M. Sterry-Hunt avait proposé d'établir avec la l'aune seconde, pour rappeler q dans l'origine, ces assises étaient comprises dans le cambrien de Sedgwick- CaraMéreH {laiéontoiugiqnr*. — Comme dans la faune primordiale, nt
Vif. 175. i7B, 177. Tête et abdomen de V.algmc»e Tritlan — Fig. 178, 179. Cahjmttu Blumenbaclii, Brongt., de l'a ■•lie Rouaull, des schistes armoricains de Bretagne.
Fig. 180.
Brongt., des schistes armoriciins de Bretagne. ise de Wenloek. — Fig. 180, Calgmemr Aragti.
avec un caractère beaucoup moins exclusif, c'est la famille des trilabita qui forme le trait dominant de la faune silurienne. En effet les poissons n'apparaissent
Fig. 185. Fig. 186.
Fig. 101. Tète de IMauinile* H/iurmanni. Barr., de l'étage G de Bohême. — Fig. 182. .Uaphui f grattant, . Murch., de Uandeilo.— Fig. 185. Tr in « clrm Pitageraréi. Hou mil, drs schistes armoricains de Bretagne. Fig. \U. lllmtta IMiiiû, Sait, de l'étage armoricain d'Angleterre.- Fig. 185. T.'le d'rtownnofoliu Btw gaiarli, Detlong., du grés de Uaj, — tig. 186. Abdomen d'/fenumafala* delpMnot*phatHi, Konig, de Dudley. — Fig. 187. Abdomen tïHomanolottu Yicariji, Sait., du grés de Hay.
qu'au sommet du système et dans des couches qui établissent sou passage *u système dèvonien.