GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE
Lorsque, cessant d'envisager le globe terrestre comme une unité astronomique, on cherche à pénétrer plus avant dans la connaissance de ses formes visibles, la première tâche qui vienne s'offrir est la détermination de la part prise à la constitution de sa surface par les trois éléments les plus généraux qu'on y puisse distinguer, l'élément gazeux ou atmosphère, l'élément liquide ou océan, l'élément solide ou terre ferme.
DOHlftES RELATIVES A L'ATMOSPHÈRE •
Éteadve et mute de l'atmouphere. — L'atmosphère ne peut être étudiée directement que jusqu'à 8000 ou 40 000 mètres d'altitude au-dessus du niveau de la mer. À cette hauteur, l'air, très raréfié, ne contient plus assez d'oxygène pour suffire aux besoins de la respiration.
La plus grande incertitude règne encore sur la hauteur qu'il convient d'assigner à l'enveloppe atmosphérique qui nous entoure. 11 est vraisemblable qu'elle forme un sphéroïde plus aplati que le globe terrestre, ses molécules ayant dû obéir plus facilement à l'action de la force centrifuge. Si l'on cherche à quelle distance de la surface, dans le plan de l'équateur, la force centrifuge des molécules atmosphériques doit être égale à leur poids, on trouve que cette condition est réalisée à une altitude de plusieurs milliers de kilomètres (42 000 kil., d'après Laplace). Mais il est vraisemblable que l'atmosphère est fort loin d'atteindre cette limite. En cherchant à déduire sa hauteur des observations relatives à la durée du crépuscule tropical, M. Liais a trouvé 380 kilomètres. D'autres auteurs, d'après les bolides, dont l'inflammation est attribuée au passage rapide de ces coq» dans notre atmosphère, assignent à cette dernière une épaisseur de 600 à 700 kilomètres. Enfin Biot, en se fondant sur les lois de la raréfaction de l'air, ne lui donnait pas plus de 48 kilomètres.
Du reste, ces incertitudes ont peu d'inconvénient en ce qui concerne la géologie; car tous les phénomènes atmosphériques qui peuvent l'intéresser sont à peu près concentrés dans la zone comprise entre l'océan et le sommet des plus hautes montagnes. D'ailleurs les quatre cinquièmes en poids de la masse de l'atmosphère sont situés au-dessous de 10000 mètres d'altitude, c'est-à-dire au-dessous de la hauteur qui paraît avoir été atteinte en 1862 dans l'ascension aérostatique de MM. Glaisher et Coxwell.
En tout cas, si la hauteur de l'atmosphère est inconnue, sa niasse ne fait l'objet d'aucun doute, car elle se déduit de la hauteur barométrique. On peut ainsi affirmer que la masse totale de l'atmosphère n'est que la douze cent millième partie de la masse totale du globe (1). Néanmoins une partie seulement de cette masse si faible suffit pour causer les agitations de l'océan et leur faire produire les effets destructeurs que chacun sait.
RtPARTITIOlf DES COZCTIlf EU TS ET DES OC±A*S
laéf»llté deeette répartition. — Le trait caractéristique de la surface du globe, c'est l'inégalité dans la répartition de l'élément liquide et de l'élément solide.
En premier lieu, la superficie entière du globe étant de 510000 000 de kilomètres carrés (plus exactement 510050 000 d'après la Fisica del Globo de Boccardo), 375 000000 appartiennent à l'océan et 155000000 seulement aux continents.
Il y a donc, sur la surface du sphéroïde, 8 parties d'eau pour 5 parties de terre ou, plus exactement, 276 d'eau pour 100 de terre, soit à peu près le rapport de 5* à 3*. Plus communément, exagérant un peu la part de l'océan, on dit qu'il couvre les trois quarts de la surface terrestre.
Cette inégalité de distribution se retrouve, encore plus accentuée, quand on étudie le mode de répartition de la mer et de la terre ferme dans les deux hémisphères.
La terre ferme est concentrée d'une façon marquée dans l'hémisphère boréal, où elle occupe une surface d'autant plus considérable qu'on s'approche davantage du cercle polaire. Ce résultat est rendu encore plus saillant si, dans l'évaluation des surfaces relatives, on détache de l'océan la mer du Nord qui, en dehors d'un chenal étroit et profond, situé le long de la côte Scandinave, ne possède guère plus de 80 mètres de profondeur.
Au contraire, dans l'hémisphère austral, la superficie occupée par les continents diminue constamment à partir de l'équateur et la limite moyenne de la terre ferme (abstraction faite du continent antarctique), y est le parallèle de 40°; c'est-à-dire qu'à moitié chemin du pôle et à une latitude égale à celle de Bordeaux, il n'y a plus d'autre continent que les terres australes.
L'Amérique du Sud, qui se prolonge plus loin que les autres continents, n'atteint, au cap Horn, que 56° de latitude S., soit la latitude d'Edimbourg et celle de la côte de Labrador. L'Afrique se termine à 54°51', c'est-à-dire à 100 kilomètres plus près de l'équateur que ne l'est le détroit de Gibraltar. Enfin la Tasmanie ne dépasse pas 43*50' de latitude S., soit presque la latitude de Boston et celle du nord du Portugal, tandis que la nouvelle Zélande finit à 47f.
(1) John Herschel: Mcteorology. 16 — cité par E. Reclus, la terre, II, 290.