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ANCIENS GLACIERS

1 restes d'Ursus spelaeus et Elephas primigenius sont associés à El. antiquus, E. in- P termedius et Rhinocéros Jourdani. Les vestiges de l'industrie humaine y font défaut, tandis qu'ils abondent, à 100m plus bas, dans les graviers à El. primi- ? genius de la vallée de la Saône (i).

> Pyrénées, Vosges, Auvergne. — Les Pyrénées, aujourd'hui si dépourvues de ? glaciers, alimentaient, à l'époque quaternaire, des fleuves de glace de 50 à 1 70 kilomètres de longueur. Celui de la vallée de la Pique n'avait pas moins de ! 900m de puissance à Luchon, et le glacier d'Ârgelès, reconstitué par Collomb et Martins, mesurait encore plus de 400m à son débouché dans la vallée du Gave. Ce dernier glacier a laissé, comme traces de son passage, de magnifiques surfaces polies et striées sur les rochers calcaires de Lourdes. Longtemps protégées contre la destruction par une couverture de gravier morainique, ces surfaces ont apparu dans toute leur fraîcheur lors du déblaiement opéré pour le dégagement des abords de la basilique.

Les Vosges, dont l'altitude atteint 1400m, l'Auvergne, dont les principaux sommets dépassent 1800m, ont eu aussi leurs glaciers quaternaires, dont l'expansion a dû coïncider avec plus d'une éruption volcanique. Les preuves en ont été fournies, pour l'Auvergne, par les observations de M. Julien. Ainsi se sont formées les anciennes moraines, avec gros blocs de granité, de la vallée de la haute Dordogne et celle qui, dans les Vosges, barrant au sud le lac de Gérardmer, l'oblige à chercher une issue par la gorge de la Vologne.

Anciennes oscillations des glaciers. — L'extension des glaciers a subi, sous le rapport de l'intensité du phénomène, des phases diverses, et quelquefois l'extrémité libre des masses de glace s'est retirée assez loin et assez longtemps pour que, sur l'ancienne moraine, il s'établit des lacs où se formaient des liguites. Puis une recrudescence des précipitations neigeuses est survenue, qui a déterminé le recouvrement des lignites interglaciaires par une nouvelle moraine. C'est ainsi que s'expliquent les lignites d'Utznach, de Dùrnten et Wetzikon, près de Zurich, où l'on a trouvé des restes de Rhinocéros etruscus, Bos primigenius, Elephas antiquus, avec une flore comprenant le sapin, le pin des montagnes, l'if, le chêne rouvre, le noisetier, le myrtil. Cette végétation, à peu près identique avec celle du forest-bed de Norfolk, atteste à quel point le voisinage des grands glaciers influait peu sur la température générale, et combien celle-ci était éloignée d'une excessive rigueur. Des alternatives de ce genre se montrent dans tous les anciens districts de glaciers, notamment en Angleterre, où, pas plus qu'ailleurs, il n'est nécessaire de recourir à l'hypothèse de plusieurs époques distinctes de froid. L'inévitable irrégularité des précipitations neigeuses, pendant la phase humide de l'époque quaternaire, suffit à justifier de telles oscillations.

Remarquons du reste que l'existence des lignites ne suppose pas toujours l'interruption du phénomène glaciaire, le combustible fossile pouvant provenir (1) Arcelin, Revue de* Questions scientifiques, Bruxelles, janvier 1881.

ÉPOQCB QUATERKAIHK.

d'une forêt détruite par h glace et dont les débris seraient Tenus s*< un point de la moraine.

LMaltoatlM ëmm wmtUmm glaefars. — Le fait que les anciens pal» gbrii se montrent à nous, sans la moindre discontinuité, du haut eu bas des ga aujourd'hui occupées par les glaciers, prouve jusqu'à l'évidence que ces ga étaient déjà creusées, dans leurs dimensions actuelles, quand le phéuonrise ciaire a commencé ses manifestations. Cette conclusion est pleinement d'au avec celle que nous a fournie l'étude des dépôts des pays de plaines. Wé& quelle qu ait été, dans les Alpes, l'étendue des champs de glaces, il n'y a pi de calotte continue, mais seulement de grands glaciers distincts, capables raison de leur énorme puissance et de leurs nombreux affluents, de pousser extrémité libre jusqu'à une distance considérable des champs d'alimentatias comme aussi de cheminer parfois, en vertu de leur pente générale, sur m où les détails du relief pouvaient être discordants avec le sens de la marche, observations de M. Lory ont établi que, dans les Alpes dauphinoises, il nés' formé de glaciers, à l'époque quaternaire, que sur les massifs dont les sohs atteignent, aujourd'hui, une altitude de 1600 métrés au moins (S). La vallé la Durance, de Sisteron à la mer, n'a jamais laissé reconnaître aucun vestigi l'action glaciaire, et il en est de même des Alpes Maritimes, dont le déni était alors le Yar, démesurément agrandi (5). A plus forte raison les manifestai glaciaires du Plateau central et des Vosges devaient-elles être localisées dm voisinage des principaux sommets. La même conclusion s'applique à TAq terre, aux montagnes Rocheuses, ainsi qu'aux glaciers quaternaires des i ghanies. Quant à la Scandinavie, non seulement le sens des stries et la fin des roches moutonnées y indiquent des glaciers distincts et définis, quoi largement étalés, mais la profusion des blocs erratiques, que les ice-berg$ semés sur l'Allemagne du Nord, prouve que partout ces glaciers devaient l dominés par des crêtes rocheuses, dont les débris se disséminaient à k surface.

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