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SUCCESSION DBS PHASES DE L'ÉPOQUE QUATERNAIRE

Preuves de l'abondance des précipitations atmosphériques. — Quelles qu'aient été les phases diverses de l'époque quaternaire, il est évident que la première et la majeure partie de sa durée a été marquée, dans les régions accidentées de notre hémisphère, par la grande extension des glaciers; en dehors des montagnes, par l'extrême activité des agents d'érosion et d'alluvionnement. Or ces deux phénomènes ne sont que deux manifestations différentes d'une même cause, qui est l'exagération momentanée des précipitations atmosphériques. Pour substituer, aux cours d'eau de nos contrées, des fleuves coulant à pleins bords dans des lits larges de plusieurs kilomètres; pour permettre, sur toutes les pentes, un ruissellement capable de donner naissance au loess ; pour alimenter les sources qui produisaient les tufs de Moret et de Cannstadt ; pour garnir les calmes d'un épais revêtement de stalagmites, il fallait que la pluie fût infiniment plus ahondante que de nos jours, et cela dans toute la zone qui s'étend depuis le Sahara jusqu'au centre de l'Angleterre, comme depuis la Louisiane jusqu'aux grands lacs américains:

(1) Voir notamment Credner, Traité de Géologie, p. 639.

(2) Voir Winkler in Mourlon, Géol. de la Belgique, 1, p. 294, et 0. van Ertborn, Soc. de géographie d'Anvers, 1881.

DE LAI'PAREKT, TOUT* De GÉOLOGIE. Ï0

L'examen de la faune quaternaire conduit à la même conclusion, et les ina» brables ossements de grands pachydermes dont le diluvium du nord est moi disent assez quelle abondante végétation, conséquence d'un climat doui et t* mide, devait s'offrir aux herbivores.

On sait d'ailleurs qu'aux époques miocène el pliocène, de 1res grand! I» d'eau douce occupaient les vallées des principaux fleuves en Europe, ainsi ip le versant occidental des Montagnes Rocheuses en Amérique. L'entretien de » nappes d'eau suppose un régime particulièrement humide, dont celui de repique quaternaire peut n'avoir été que la continuation.

In nue» te dea coadensenra ■>Miraw». — Mais ce qui tombe en pluie S¥ les régions de faible altitude prend, dans les montagnes, la forme neipw L'établissement d'un régime humide a donc eu pour conséquence nécessaire I» formation de champs de névé el, par suite, celle de grands glaciers. Cette forra» lion, impossible auparavant (si ce n'est peut-être, depuis l'éocène supérieur, dans la région pyrénéenne), faute de condenseurs suffisamment importante.) pu se faire dès la fin du pliocène, c' est-a-dire au moment où les Alpes et us d'autres chaînes venaient d'acquérir leur principal relief. Ce n'est donc past froid qui a fait naître le régime glaciaire ; à lui seul, le froid est impuissant nourrir des glaciers, comme en témoignent suffisamment, par 5000 et COOt d'altitude, les plateaux dénudés du Tibet. C'est la combinaison d'une grandt humidité atmosphérique avec l'existence, jusqu'alors à peu près inconnue, A condenseurs montagneux, aussi importants par leur masse que par leur reus* absolu ; condenseurs d'autant plus actifs qu'au début, la masse des Alpes, p* exemple, était plus grande de tout ce que les érosions lui ont arraché depuis, a même temps que l'altitude des sommets pouvait être, par suite d'un relèvement momentané de la région, supérieure de quelques centaines de mètres a ce qu'eiH est aujourd'hui.

On voit donc que le ruissellement et les grands cours d'eau dans les plainsdune part, les grands glaciers dans les montagnes, d'autre part, ont été deuï phénomènes nécetsairement concomitant*, et c'est pourquoi plus d'un auteur a voulu non sans raison, substituer au mot, souvent employé, de période glaciaire, celui plus général cl tout aussi significatif, de përiode/j/uvuiirefl).

Sans doute, lus progrès du refroidissement polaire, qui avaient commeii'v à se faire sentir nettement dèsle milieu de l'ère tertiaire, n'ont pas été tout * fait étrangers à ce résultat ; mais ils n'eussent pas suffi, à beaucoup prés, et IV- Inde des dépôts quaternaires des régions tempérées, de celles qui échappaient î l'influence du voisinage immédiat des glaciers, atteste que de YEIephas wirr-"*"nalis à \'E. antiquité et de celui-ci à \'E. primigeniut, la transition s'™' faite ?nducllcment, sans qu'il y ait, dans cet intervalle, la moindre trace d'une subit*1 invasion du froid.

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