PLATEAU CENTRAL
houi 11ers de la région. À la Chambodut, près Saint-Just (Loire), ainsi qu'à Lucenay-l'Évêque, on voit ces microgranulites traverser en filons les porphyres noirs, tandis qu'on les retrouve, à l'état de galets roulés, dans les poudingues de la base de l'étage houiller supérieur, à Gortecloux, près Àutun, à Montlifé, Sincey, Decize, etc. En même temps que ces roches ou peu après, se sont épanchés des porphyres à quartz globulaire, présentant déjà dans leur pâte des indices de matière amorphe. Enfin les uns et les autres ont été recoupés par des porphyres pétrosiliceux, comme celui de Montreuillon, qui sont venus former de vastes coulées, à structure fluidale bien marquée. Ces derniers se présentent en quelque sorte comme l'aurore des éruptions permiennes (1). Sur le même horizon se rangent des eurites blanchâtres quartzifères, généralement supérieures au terrain houiller, au contact duquel elles offrent des conglomérats de friction. ï Une série tout à fait semblable existe dans le Beaujolais, où M. Michel-Lévy reconnaît la succession suivante : 1° Porphyre à pâte de microgranulite ou de I micropegmatite, occupant des dépressions dans les couches anthracifères ; 2° P. à quartz globulaire, connu seulement en filons minces ; 3° P. pétrosiliceux % constituant les dernières coulées de la région, accidentées par des failles où l'on observe des lambeaux de l'étage houiller supérieur; ces lambeaux débutent quelquefois par des poudingues où sont contenus des galets du porphyre pétrosiliceux.
Roches trappéennes. — Le dépôt des premières couches permiennes du Morvan a été signalé par la sortie, en d'innombrables fractures, de roches trappéennes (minettes de quelques auteurs) ou porphyrites micacées de M. Michel- Lévy (2). Ces roches forment le plus souvent des filons minces, de 1 à 2 mètres de puissance, se poursuivant parfois sur plusieurs kilomètres, avec une direction comprise entre 120° et 150°. Mais le long de la bordure septentrionale du bassin d' Autun, on les voit s'épancher en dômes et en coulées. Aucune de ces émissions trappéennes ne traverse le trias et on en observe des fragments dans des filons de fluorine et de calcédoine se reliant aux quartz triasiques, tandis qu'elles recouvrent les assises houillères du Grand-Moloy, qui forment la base du permien d'Àutun.
Tel est également l'âge qu'il convient d'attribuer à la roche noire du bassin de la Queune (Allier).
Beaucoup de variétés de ces roches trappéennes offrent une affinité marquée avec les véritables mélaphyres. Du reste, ces roches basiques, qui représentent les whinstones, toadstones, trapps et green rocks des bassins houillers anglais, ainsi que certaines basaltites d'Allemagne, se sont épanchées à plusieurs reprises depuis le commencement de l'époque houillère supérieure. Ainsi M. Grûner (3) en signale dès l'étage de Rive-de-Gier. Quelques-unes ont le caractère d'épan-
(1) Michel-Lévy, Bull. Soc. géol. de France, 3e série, VII, p. 763.
Ci) Loc. cit., pp. 763, 873.
(3) Bassin houiller de la Loire, 1882.
ROCHES ÉRUPT1VES.
chements boueux, comme le oore blatte de Saint Etienne, sorte de grès sehiïtiiii argilo-feldspalhique, blanc, jaune ou gris-verdatre et la roche nommée takmrine, à fragments de couleur claire réunis par un ciment noirâtre, véritable lui a empreintes végétales.
A la même catégorie appartiennent le trapp de Fourneaux, qui recouvre les assises houillères, et la dioritine de Doyel, où une couche noirâtre repose saune autre blanchâtre, comme, en Angleterre, le grec* rock recouvre le *4ïfe rock. Évidemment ces éruptions, d'un caractère plus ou moins boueux, se Mil fait jour à diverses reprises au milieu des marécages de la fin de l'époque houillère.
Dans le Beaujolais comme dans le Horvan, des minettes, analogues à la roche nommée fraidronile dans la Lozère et des porphyrites micacées, passant au nwUphyre, percent les assises houillères.
ÉMiuiona trinaïqnca. — Les bords du Morvan ont été, à partir de la An à Keuper, le théâtre d'abondantes émissions calcèdonieuses. Ces émissions od non seulement rempli, dans la granulite et autres roches anciennes, de nombreu filons bien orientés, se dressant parfois à la surface à des hauteurs de 40 mètra et atteignant une puissance de 60 mètres ; mais elles ont aussi formé, au-des&K des marnes bariolées triasiques, des nappes épaisses parfois de 5 à 6 mètres- Interrompues pendant le dépôt des sédiments rhétiens, les émissions ont reprit avec l'hettangien et aussi avec le sinémurien, dont elles ont plus d'une fois siliciflé les calcaires, pour se terminer avec le début du liasien, dont la base seoir offre quelquefois des traces de silicificalion (1).
La barytine, la lluorine, l'halloysite, la galène, l'oligiste, la pyrite et les carbonates de cuivre accompagnent le quartz et attestent la liaison intime de ce epanchemenls avec le phénomène des filons métallifères.
De même, la série des émissions anciennes du Beaujolais est close par At grands filons de quartz, avec fluorine et barytine (Itomatièclie, etc.), qui reiuplissent des failles importantes et sont d'Age triusique et liasiuuc.
PTRÉRÉEI, EtTEREL, HAStIF AÏ.PIM
Granité et pegOMtlte de* Pyrénées. — Le granité apparaît en piusielirpoints de la chaîne centrale des Pyrénées, où il forme le sommet du iVlhoii. Li roche est a grain fin ou moyen, assez égal, avec orthose blanc et mica noir. Son injection a profondement modifié les schistes cambriens en les rendant in.n'lifères. Lue belle variété porphyroïde de granité s'observe au-dessus de la v.illi-e du Lys et du lac d'Oo, empalant, au pic du Dé, des fragments volumineux du schiste cristallin (2).
f, VU. p. 771, 923.