‹ Traité de géologieChapitre 481 sur 533 · PYRÉNÉES. ESTEREL · texte numérisé non relu

PYRÉNÉES. ESTEREL

Des cailloux de granité existent dans les conglomérats siluriens de la vallée de la Sègre ainsi que dans les poudingues triasiques ou permiens du val de fiaigorry (i).

Au nombre des épanchements pyrénéens qui paraissent devoir être rattachés à la période granulitique, nous rangerons la pegmatile à grands cristaux de feldspath et à mica souvent palmé de fiagnères de Luchon et d'Àx. Cette roche, qui est tourmalinifère, pénètre en filons nets, non seulement dans les schistes d'apparence gneissique du cambrien ou du silurien inférieur de Luchon (route du Portillon), mais aussi dans les schistes noirs de la montée de Superbagnères, que plusieurs auteurs attribuent au silurien supérieur.

Dans le massif de la Maladetta, la tourmaline se montre en masses assez considérables, pénétrées de cristaux hexagonaux d'apatite.

Ophites anciennes. — Peut-être conviendrait-il de réserver ici une place aux épanchements de la période triasique. En effet, plus d'un auteur incline à considérer une partie au moins des ophites pyrénéennes comme formant des coulées subordonnées aux marnes bariolées keupériennes, et représentant, dans la région, l'équivalent des mélaphyres du nord. Même, pour quelques-uns (2), il y aurait des ophites antérieures au dévonien, d'autres carbonifères, d'autres enfin triasiques. En présence des grandes divergences d'opinion qui régnent encore à <5et égard entre les géologues, nous croyons qu'il serait prématuré d'accepter dès aujourd'hui, comme définitive, l'existence d'éruptions triasiques dans les Pyrénées. Mais en traitant de la série moderne, nous aurons soin d'indiquer les arguments très sérieux sur lesquels cette opinion peut être appuyée. Quant à l'hypothèse d'après laquelle les ophites résulteraient du métamorphisme d'un calcaire du trias ou du lias, nous ne la mentionnons que pour ajouter qu'elle nous semble insoutenable, en raison des caractères microscopiques si franchement éruptifs de la roche et du succès avec lequel MM. Fouqué et Michel-Lévy l'ont reproduite par fusion ignée.

Porphyres et mélaphyres de l'Ester cl. — Les éruptions porphyriques et mélaphyriques de l'Esterel appartiennent en entier à l'époque permienne (3). 11 est des points où le porphyre quartzifère, à pâte brune et à texture fluidale, est interstratifié, en bancs horizontaux, au milieu des schistes foncés et des grès micacés à Walchia. D'autres nappes porphyriques se montrent contemporaines du poudingue permien à galets de gneiss. Il y a d'ailleurs de nombreux passages du porphyre à des argilolithes panachées de vert, de rouge el de violet et de ces dernières à une roche schisteuse, rubanée, verte ou violette, dont les feuillets contiennent des nodules de quartz radié, qu'entoure une auréole feldspathique.

Les mélaphyres vacuolaires de la plaine de Fréjus sont en blocs au milieu d'un grès qui repose sur des schistes rouges, que traverse la pyroméride. A la base des

(1) Zirkel, Zcits.. d. deulsch. geoL Gesellschaft, XIX, p. 109. .(2) Dieutofait, Comptes rendus, XC1V, p. 6tt7. (?>) Potier, Bull. Soc. géol. de France, 3" série, V, pp. 745, 754.

ROCHES ÉBDPttres.

schistes rouges s'observe on grès à cristaux de quartz et de feldspath, rforipa porphyriqne. Les peduieina du Colle de Grains datent de la même époque.

Craalie. pn4*g-iB<- et frgmmtîtt *t» «lp«. — Le granité forme des Êka considérables an milieu des gneiss et des micaschistes du baupbiné. Dam L même contrée, on rencontre aussi des traces du granité fomdmW* mtmi, intimeiKi lié au terrain primitif. Hais celte roche est surtout développée dans le massif <h Sirnplon, dont elle constitue la base, supportant les gneiss et micaschistes pa l'intermédiaire du gneitt granUo'uU.

Dans une notable partie des Alpes, la granuliie parait être représentée pa la prologine.

Le massif du Pelvoux offre, selon H. Lory (1), le passage progressif de la protogine à une véritable gramdiic à deux feldspath» et deux micas (parmi lesquels le mica blanc est le plus rare). La granulîfe domine du coté des gneiss et b prologine du coté des chloritoschtstes. Il semble que la granuliie ait été injectée entre les feuillets des schistes ehloriteux, où sa transformation en prologine aurait été d'autant plus complète qu'elle serait en nappes plus minces. Hais il reste à savoir si cette injection est contemporaine de la formation des dùoriloschisles ou si elle lui est postérieure.

C'est aussi à la granuliie que semble devoir être rattaché, malgré la rareté di mica blanc, le beau granité de Baveno, sur le lac Majeur, à feldspath tantôt blanc tantôt rose. A cette roche est subordonnée une pegmatite lourmalinifère, connut pour le beau développement des cristaux d'orlhose, dont beaucoup offrent mv macle caractéristique de cette localité.

Forphypr». ValonaliK, Ik|mo. — Les roches porphyriques sonl assez TO» dans les Alpes proprement dîtes. Il exisle cependant â Yalorsine. en relation avt un affleurement houiller, une miaogranulite de couleur grise, avec cristaux dquailz bi pyramide.

En revanche, sur le versant méridional de la chaîne, aux environs de Luirai*', on observe un beau développement de porphyre*, qui s'enchevêtrent. en quelqiisorle, les uns dans les autres, tant par l'effet de dislocations relativement i-êct-in» que par suite des circonstances de leur éruption (2). La roche la plus ancienne est un porphyre noir magnétique, identique avec les porphyres aiithracifére* du Plateau central en France. Ensuite vient un porphyre rouge, analogue aux p-rphyres houillersdu Morvan et traversant en liions minces le porphyre noir. Ewio les épancbements les plus récents sont ceux des porphyres bruns iv texture (luidale de Cugliate, absolument semblables aux porphyres perniiens de l'Ësterel.

Le poudingue quarlzifère de Manno, au nord de Lugano, ne contient aucun caillou porphyrique, tandis qu'il s'en trouve beaucoup dans les conglomérai: triasiques voisins (5). Or le poudingue de Manuo est anthracifère et contient

Il l Hall. Soc. géel. de Frai-ce, Z' sùric. X, p. 1*3. (ïj Hichel-Lévy. Bull, de la Soc. oéol, de France, 3- série, IV, p. 111.

(3) farte, gi'olig. du Tettiii. par Segri, Sproallco et Tarawelli. Matériaux pour ta carie gtoL de la Saute, t&O.

Page 1