CHAMPS DE FRACTURE. REMPLISSAGE DES FILONS
brani en Bohême, peut donner, en élévation aussi bien qu'en plan, une idée assez nette de la constitution d'un champ de fracture, avec ses directions multiples, mais le plus souvent conjuguées et se répétant parallèlement. En cherchant à reproduire artificiellement quelque chose d'analogue, M. Daubrée (1) n'a pu y réussir qu'a l'aide d'une torsion imprimée, par un bout, à une longue plaque de verre épais, solidement encastrée à l'autre extrémité. Les fêlures ainsi obtenues (fig. 569) reproduisent, avec une assez grande exactitude, l'aspect d'un plan de mines dans un district métallifère. D semble permis d'en conclure que les filons sont des fractures déterminées par des mouvements de torsion, auxquels certaines parties de I ecorce terrestre ont été soumises lorsque les efforts de dislocation étaient déviés par quelque cause profonde.
Cette conclusion semble d'autant plus admissible que tous les champs de fracture remarquables, du moins ceux qui donnent Fjg m 0am wtieqle des fllons du di,. lieu aux véritables filons concrétionnés, sont »■■■« M*ri»-Ad«iberi a Fr«br»m (d'après
Mil. Michel-U.j et Choulelte).
concentrés dans des régions de terrain primitif
ou de sciiistes anciens, c'est-à-dire dans des massifs dont la consolidation
remonte à une haute antiquité. Or quand les efforts de dislocation qui, à diverses
Fig. 569.
rerrc épaii (d'après H. Diobrêe).
reprises, ont troublé, suivant des directions variables, l'équilibre de l'écorce terrestre, venaient buter contre les parties avancées de ces zones résistantes, il est naturel qu'ils y aient fait naitre quelque chose d'analogue à une torsion.
FHÉKOllÈHEI DE REMPLISSAGE. d£TBHMIHATIOK DE L'AGE RELATIF
Divers muiM de ren>pllui|«, — Occupons- nous maintenant des phénomènes qui ont pu déterminer le remplissage des filons. A priori, le remplissage d'une (1) Êtudeê dr Géologie ryathétique,
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GITES MÉTALLIFÈRES.
fente doit pouvoir s'opérer de trois manières : 1° par injection directe ; 3* pu sublimation ; 5° par circulation d'eaux minérales.
Le premier cas parait avoir été très rarement réalisé. Il est arrivé sans doult que des roches éruptives, injectées dans des fentes, ont amené avec elles des substances métalliques qui, plus tard, s'en sont séparées. Hais la manière dool cette séparation a du s'accomplir fait rentrer le remplissage métallifère de ce fentes, au moins à titre d'annexé, dans les formations de la troisième catégorie, La sublimation a probablement été plus fréquente; mais il n'y a pas d'exemple qu'elle se soit opérée par voie sèche, et c'est généralement dans un véhicule aqueux ou dans la vapeur d'eau que les métaux ont du être entraînés. Ce phénomène ne serait donc encore qu'un cas particulier du troisième mode, qui correspond, dans le passé, a l'activité des sources chaudes et thermo-minérales it la période actuelle.
Ce troisième mode est d'ailleurs très complexe ; car les substances minerais ont pu venir du dehors, ou seulement de l'intérieur, ou de l'un et de l'autre a la fois; elles peuvent enfin avoir été empruntées, en totalité ou en partie, i li - roche encaissante elle-même, auquel cas on a ce qu'il est permis d'appeler des gites A' exsudation ou de sécrétion, bien différents de ceux dont le remplissage est du surtout à des apports internes et auxquels peut s'appliquer le nom de gltet d'émanation.
Principale» catégorie* de nions. — Mais, en réalité, ce qui importe surtout, c'est la manière dont s'est opéré le dépôt du remplissage dans la fente. Or, à ce point de vue, l'observation indique qu'il y a trois catégories principales île filons.
1" Ceux pour lesquels le remplissage a immédiatement suivi la production des cassures, ce remplissage étant d'ailleurs le résultat des émanations d'une roche éruplive, dont la venue au jour a été la cause déterminante de la formation des fentes. Cette catégorie, qu'on peut appeler celles des gîles d'émanation directe. est principalement représentée par l'ensemble des gites stannifèret.
2° Ceux où le minerai s'est ultérieurement concentré en amas dans certaineportions d'une fente primitivement remplie par l'injection d'une roclie érupuV Parmi ces gites, qu'on pourrait appeler gites de départ, se classent bon nombre de gisements cuprifères.
3U Ceux où les gangues et les minerais se sont déposés lentement, par cirrulation d'eaux ou de vapeurs, appliquant leurs produits sur les deux lèvres delà fente en forme d'incrustations, que ce dépôt ait eu lieu par simple évaporalitm et condensation, ou par suite de phénomènes éiectrochimiques. Le caractère du remplissage est alors d'être disposé en zones symétriques relativement aux parois, chacune d'elles étant constituée par des matières concrétionnées, comme les stalactites des grottes, et qui ne prennent de formes cristallines distinctes que là où il subsiste, au centre du filon, des cavités béantes ou druses. Les filons de cette classe ont reçu d'Élic de Bea union t le nom de filons concrétionnét ou d'in*