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ANALYSE DES DISLOCATIONS

Jura comme dans l'Isère, la plupart de ees escarpements ont leur face tournée vers la France, ce que Thurmann a exprimé en disant que les failles jurassiennes ont le regard français dominant.

Lorsqu'un accident de la nature d'une faille est dévié par une cause qui

0/N.O. SV Laurent dn?o«t C*« Chartreuse C*?om Col ie Cucheron E.SX.

Fig. 585. — Coupe au 100000e do massif de la Grande-Chartreuse (d'après M. Lory).

\, calcaires à Amm. ienuilobalus ; 2, cale, a Ter. janitor ; 5, cale. * ciment de Berrias; A, néocomien; 5, urgonien etgault; 6. sénonien; 7, mollasse; 8, alltmons anciennes; 9, alluvioos modernes; F, grande faille de Yoreppe; F, grande faille de la Chartreuse; F", grande faille d'Entremont.

l'oblige à se courber, on observe que la convexité est fréquemment dirigée du môme côté que le regard. Thurmann a le premier fait cette remarque dans le Jura, où, sur 80 chaînes courbes, il y en a 60 dont la convexité est tournée vers la France. La même observation peut s'appliquer aux Alpes occidentales, où la concavité fait face au Piémont, tandis que les failles de l'Isère ont le regard français.

Joints. — Indépendamment des grandes failles, les terrains disloqués sont parcourus par de nombreuses cassures en rapport avec les actions mécaniques qu'ils ont subies. Ces cassures sont fréquentes aussi dans les roches dures des pays de plaines, où on leur a donné le nom de joints. Elles forment en général des systèmes conjugués. Mais il faut avoir soin de distinguer les joints d'origine mécanique de ceux qui sont dus au retraite! à la dessiccation des roches. A cette catégorie appartiennent souvent les joints delà craie blanche, qui n'apparaissent que sur les falaises exposées à l'air, tandis qu'ils font défaut dans les masses exploitées souterraineraent (1).

A cet dents longitudinaux, coupures transversales. — Les accidents du

relief terrestre sont concentrés en grand nombre dans les massifs montagneux, où on peut les répartir en deux groupes : les accidents longitudinaux et les coupures transversales (2).

Les premiers sont dus à des masses minérales qui, dans leurs dislocations, quelle qu'en soit la nature, se sont conformées à la loi de direction. Ces masses forment des chaînes, c'est-à-dire des saillies allongées, dont le type le plus ré-

(1) M. Daubrée s'est beaucoup occupé des cassures de l'écorce terrestre, qu'il range sous le nom générique de Lithoclases, appelant diaclascs celles qui ne sont pas accompagnées de rejet et -paradants celles pour lesquelles il y a dénivellation des parois. Le même auteur applique le nom de leptoclasc* aux cassures sans rejet qui n'ont qu'une faible amplitude et, suivant qu'elles sont dues à des phénomènes de retrait ou à des etforts de compression, il les divise en synclase* et piésoclases. Voir Comptes rendue et Bull. Soc. géol. de France, 3a série, X, p. 436.

(2) tory, Bull. Soc. des se. nat. de risère, 3° série, t. VU.

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gnlier est «lui d'une voûte an tic) inale, soit entière, soit rompue. Hais une chaîne peut aussi être constituée par un massif que limitent, soit des deux cotes, suit n'un seul, des failles longitudinales. Tel est le cas du Mont Blanc, du Mont Yentoux et de la chaine de Belledonne. H y a des chaînes relativement simples comme les Pyrénées, et d'autres multiples, comme le Jura.

Dans un mémo district montagneux et sous la réserve de changements de direction possibles, les accidents longitudinaux sont généralement parallèles entre eux. De plus, tandis que, dans le sens de la longueur, les masses minérales» poursuivent, au moins pendant un certain temps, sans changer de nature, m voit leur composition ou leur allure varier sans cesse lorsqu'on chemine transi» salement a la direction des chaînes.

Mais, dans l'appréciation des directions, il convient de distinguer celles quoi peut appeler primaire* et qui correspondent a la libre propagation de l'effort * dislocation, de celles où se traduit l'influence de causes secondes. C'est au» qu'il y a des directions d'emprunt, un alignement s'étant dévié à la rencontra d'accidents antérieurs, dont il emprunte pour un moment le parcours, absolument comme une lézarde, dans un mur, suit partiellement les joints horizontaux An pierres. Il y a aussi des directions épigéniquet, lorsqu'une ancienne ride, d'abord masquée par des sédiments horizontaux, vient à subir un nouveau mouvement qui disloque plus ou moins les assises superposées.

Les coupure» tramvenales, dont les cluses du Jura offrent le type le plus simple, sont des déchirures profondes, le plus souvent étroites, qui tranchent brusquement une chaîne ou un ensemble de chaînes et de vallons, en dévoilai;!, sur leurs parois généralement abruptes, la compositioninternedu massif qu'elle* entament.

Principe de la détermination. — L'Age <Cune dislocation se détermine d'après celui des terrains qu'elle affecte. Si deux assises sédimentaires reposent immédiatement l'une sur l'autre, de telle sorte que leurs couches, inclinées les unes et les autres, ne fassent cependant pas le même angle avec l'horizon, il «i clair qu'on y doit voir la trace de deux redressements successifs, dont l'un a été antérieur et l'autre postérieur au dépôt de l'assise la moins ancienne. L'ne cassure est toujours plus récente que le dépôt des terrains qu'elle a brisés et dont l'âi.v fournil ainsi une limite inférieure pour l'époque de la dislocation. Comme, Je plus, les accidents d'un même district obéissent en gc-néral à la loi de direction, tel accident, mal défini parce qu'il n'affecte qu'un petit nombre de touches, peut être légitimement rapporté au même âge que d'autres de même alignement, affectant un plus grand nombre d'assises. C'est une analyse délicate, à pou ■'suivre dans chaque cas particulier, en s'aidant de tous les caractères que l'observation permet d'enregistrer. L'un des meilleurs est celui, dont nous avons déjà parié.

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