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PYRÉNÉES, CORBIÈRES

ses, courbés en S gigantesques. Les failles sont presque toutes jalonnées par des sources thermales, sulfureuses dans les terrains anciens, séléniteuses dans les plus modernes, et l'analyse des dislocations est d'autant plus difficile que, par suite de l'âge relativement ancien de la chaîne, d'énormes dénudations ont fait disparaître la partie supérieure des plis.

La direction générale des Pyrénées, qui est de 98° à 100°, résulte, selon M. Schrader (1), d'une compensation entre la direction 120° des cassures principales et celle des rejets qui les dévient et leur donnent l'aspect de brisures en baïonnette. Les grandes cassures s'aperçoivent bien dans la partie centrale, spécialement dans les plateaux du Mont-Perdu : elles traversent indifféremment les chaînons transversaux et la crête culminante. 11 y aurait trois axes principaux de brisure et la vallée d'Arran formerait l'intervalle entre le second et le troisième, tandis que les vallées d'Aure et de Gèdres sépareraient les deux premiers.

Age du mou le veinent pyrénéen. Corbière». — De même que les Alpes, les

Pyrénées sont le résultat définitif d'efforts de dislocation plusieurs fois renouvelés. Un premier mouvement semble s'être produit avant le dépôt des couches carbonifères, car les assises primaires se montrent concordantes avec les schistes cristallins. Ensuite apparaît, en discordance avec la série précédente, une suite continue qui va de l'étage houiller jusqu'aux couches infracrétacées. Là se place un nouveau mouvement, introduisant une discordance entre la série qui précède et l'ensemble comprenant le crétacé, le garumnien et l'éocène. Encore si ce dernier se montre concordant avec le garumnien, l'absence de toute couche synchronique du suessonien inférieur donne à penser que la période n'a pas dû s'écouler sans quelque trouble. Mais à la fin de l'éocène un grand mouvement se produit, qui donne aux Pyrénées leur principal relief et de même que le soulèvement des Alpes a été précédé par la formation des puissants conglomérats de la mollasse, indices d'un sol que sa mobilité rendait très accessible à l'érosion, de même le soulèvement des Pyrénées a eu pour prélude le dépôt du poudingue de Palassou. Les assises nummulitiques ont été portées à une grande hauteur dans la chaîne pyrénéenne où, sans être sensiblement disloquées, elles atteignent 5246mau Vignemale et 355210 au Mont-Perdu.

Dans les Pyrénées espagnoles, il y a presque toujours concordance absolue

Fig 597. — Coupe de Salvatierra à Sigucs (d'après M. Garez). Longueurs au 50000»; hauteurs au 25000*. 1, mai nés bleues ; 2, calcaires, grès et marnes à Numm. perforaia ; F, F, F, failles.

de stratification entre le crétacé et le tertiaire. En maintes localités, comme dans la Sierra de Guarra (fig. 597), les couches nummulitiques sont relevées jusqu'à

(1) Complet rendus, LXXXVII, p. 807.

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