‹ Traité de géologieChapitre 77 sur 533 · LACS · texte numérisé non relu

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moins inattendu que la production d'effondrements, faisant nattre des cavités en forme de bassins. La Mer Morte, avec la vallée du Jourdain, est justement un exemple de ce genre que personne, sans doute, n'imaginera d'attribuer à l'activité glaciaire. Le lac Baïkal en est un autre, plus frappant encore, car ses parties les plus profondes, à 1400 mètres au dessous de sa surface, sont plus basses de mille mètre* que le niveau de la mer. Qui donc oserait, pourtant, attribuer aux glaciers le creusement d'un pareil bassin, alors surtout qu'il est divisé, presque en son milieu, en deux cavités que sépare une arête montagneuse arrivant à 50 ou 60 mètres de la surface ?

Des cavités de ce genre, quand elles ne sont pas trop vastes pour défier tout remplissage, courent le risque, là où le travail de l'érosion est énergique, d'être peu à peu comblées par l'apport des torrents et des rivières ; mais si un glacier vient à s'y établir, il lui sera facile, non seulement de maintenir la forme extérieure du bassin, mais encore d'en débarrasser le fond de tous les matériaux meubles, en leur faisant remonter une contre-pente toujours assez faible, pour les verser dans la moraine frontale. Ainsi, à notre sens, les glaciers peuvent très bien avoir affouillé ou du moins vidé, après coup, des bassins lacustres préalablement remplis d'alluvions ou de dépôts meubles; mais ils ne les ont pas créés et leur rôle s'est borné à empêcher, par leur présence, le travail de destruction par lequel les agents atmosphériques n'eussent pas manqué d'oblitérer peu à peu les formes originelles des dépressions.

Les lacs analogues à ceux des Alpes font défaut dans l'Himalaya, malgré l'immense profondeur des vallées et en même temps la plupart des observateurs ont été frappés du peu d'étendue qu'occupent, dans cette chaîne, les manifestations de l'ancienne activité glaciaire. Toutes les vallées sont des ravinements en forme de V et les deux versants viennent se rejoindre suivant le thalweg, ne laissant presque jamais entre eux de fond plat. Cependant, d'après M. Déchy (1), il suffit d'un peu d'attention pour reconnaître, en beaucoup de points, des traces d'anciens bassins lacustres, aujourd'hui asséchés et remplis de débris. 11 est dote probable que la disparition de ces lacs et, sans doute aussi, celle des polis glaciaires, doivent être attribuées au climat de la contrée et à la puissance des fcowons qui s'accomplissent sous l'influence des effrayantes chutes de pluie 4>Qt cette région est le théâtre. Tous les paysages de l'Himalaya portent l'empreinte, profondément accentuée, de La supériorité du travail de l'érosion et fat ainsi peut-être que les agents atmosphériques et les torrents ont eu raison, tons cette chaîne, de formes d'ancienne date dont un climat plus modéré a permis ailleurs la conservation.

Unde barrage* glaciaire». 11 y a, dans la zone tempérée froide, beaucoup fclics qui se rattachent, presque aussi étroitement que les précédents, au phénomène glaciaire : ce sont ceux qui résultent du barrage d'une vallée par une

(1) Alpine Journal, X, p. 7.

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