M ULPPAROT, TRAITÉ LL CL CLOUE
506 VNAMIQDE EXTERNE.
ancienne moraine. Tel est le cas de la plupart des lacs des Vosges, entre autres de celui de Gérardmer, dont les eaux, arrêtées par une digue morainique dans la direction où devait se faire leur écoulement naturel, ont été obligées de refluer en arrière jusqu'à ce qu'elles aient pu trouver une issue en se déversant de côté dans la vallée de la Vologne. Le lac Blanc, le lac de Retournemer et d'autres de celte région sont ainsi retenus par des barrages ayant la même origine.
On conçoit qu'il n'y ait pas de démarcation bien tranchée entre ces lacs de barrage et ceux de la catégorie précédente. Toutefois l'action glaciaire y est moins directe, les traits extérieurs de la dépression lacustre sont moins abrupts et il peut se faire d'ailleurs que l'ancien glacier dont la moraine a formé barrage ait occupé, non la vallée aujourd'hui transformée en lac, mais une gorge latérale.
Lacs Scandinave». — Si de là nous portons nos regards vers les régions du globe où l'on peut dire que le phénomène lacustre est le plus développé, c'est-àdire vers la Scandinavie méridionale et la Finlande, là encore la liaison des lacs avec l'ancienne extension des glaciers apparaîtra dans toute son évidence. Ces surfaces parsemées de lacs et d'étangs, sur lesquels aucun régime fluvial défini n'a encore eu le temps de s'établir, sont remplies de roches moutonnées et jonchées de blocs erratiques.
Leurs analogies doivent être cherchées dans cette bande littorale étroite du Groenland occidental, que la glace vient à peine d'abandonner et dont elle tend aujourd'hui à reprendre possession. On sent que toutes ces régions devaient éhv occupées naguère par une calotte glaciaire continue, laissant circuler entre elle et le sol sous-jaceut des courants d'eau mal définis, mais suffisants pour nettoyer la surface de tous les menus débris. Ainsi se préparaient des cuvettes lacustres. où l'humidité actuelle du climat suffit à maintenir des nappes d'eau d'importance très diverse, depuis les grands lacs jusqu'à des flaques insignifiantes.
En résumé, sans méconnaître la grande multiplicité des causes qui, en barrant une vallée ou en faisant naître une dépression dans le sol, sont capables de donner naissance à des bassins lacustres, on peut dire que la plupart des lacs de la zone tempérée froide doivent leur origine au phénomène glaciaire, non que la glace ait creusé les cavités où les eaux atmosphériques sont venues st réunir, mais parce que c'est presque toujours elle qui a empêché le comblemeni de dépressions, antérieurement creusées par les agents ordinaires d'érosion 01 produites par les grands mouvements du sol.
Cirque». — Une question intimement liée aux précédentes est celle des cirques des pays de montagnes. On donne ce nom à des cavités en forme d'enton noirs coniques, parfois même presque cylindriques, découpées à pic dans h flanc des chaînes et dont les parois entourent, en formant souvent plus que 1< demi-cercle, un fond plat qui devient l'origine d'un ravin ou d'une vallée. Il m b'agit donc pas ici de ces nombreux entonnoirs torrentiels, où le travail de: