SÉDIMENTS MARINS ORGANIQUES
l'existence du carbonate de chaux, du moins sous la forme de foraminîtères ou de coccolithes.
Les foraniinifères calcaires forment des dépôts étendus sur les plateaux sousmarins voisins des côtes de la Floride. H. Pourtalès a reconnu que les Miliolides ment dans les profondeurs inférieures à 80 mètres; que le genre Truncatulina apparaît entre 50 et 140 mètres; que de ce point à 200 mètres habitent de grandes espèces de Marainulina et Cristellaria; enfin qu'à 200 mètres les restes d< Globigerina abondent jusqu'à former la masse entière du dépôt.
De belles éponges des genres Boltenia et Hyalonema se fixent par leur pied lus ces vases calcaires, où se trouvent aussi des frustules de diatomées. La boue à globigérines fait défaut dans les mers fermées. Elles n'existe pas ion plus sous les latitudes polaires. Dans l'hémisphère austral, on ne Ta pas «r^nconlrée au delà du 50e parallèle. Dans l'Atlantique, elle ne s'observe que sur fonds situés au-dessous du Gulf-Slream et il ne s'en dépose pas sous le onrant froid polaire descendant qui côtoie ce dernier, dont il est si nettement >4paré par ce qu'on a nommé le cold wall ou muraille froide. Ces faits s'explisi l'on admet que cette vase soit formée par les dépouilles d'organismes e surface, qui réclament à la fois une température élevée et une mer largeouverte.
■•■es slllerases. — La boue à radiolaires résulte d'une accumulation de ébris siliceux provenant des Radiolaires (Acanthometrœ, Polycystinœ), associés **^ee des carapaces de diatomées, des spicules d'épongés, etc. Elle se rencontre à *«utes les profondeurs; on en a recueilli à plus de 8000 mètres et c'est à peine ^î, aux débris siliceux d'organismes, se trouvait associée une petite quantité de ^■natière amorphe, avec des particules d'oxyde de manganèse et des esquilles de ï>ierre ponce. De même que la boue à globigérines ressemble à la craie, la vase * radiolaires offre les mêmes caractères organiques que le dépôt connu sous le **<hd de terre des Barbades.
La boue à diatomées constitue un dépôt étendu dans le Pacifique méridional,
^"■foe l'angle nord de la banquise de glaces et la latitude des îles Mac-Donald.
A*ec les frustules des diatomées, on y trouve beaucoup de radiolaires et comme,
«ians la même région, ces organismes vivants abondent dans les eaux de surface,
°»peut considérer le dépôt comme dû à la chute des carapaces sur le fond. Les
profondeurs auxquelles la boue à diatomées a été rencontrée variaient entre
2590 et 3500 mètres.
La relation entre les dépôts d'eau profonde et la faune microscopique de la
surface n'est constante que jusqu'à 5000 mètres. Au delà, il peut arriver que
k te dépouilles des organismes superficiels ne parviennent pas jusqu'au fond.
L B convient de remarquer que ces différents dépôts s'effectuent avec une
M pande lenteur : sans doute, la formation des vases d'origine organique est
■ beaucoup plus rapide que celle de l'argile rouge chimique des grands fonds.
"ai* elle est plus lente que celle des vases bleues ou vertes qui entourent les
continents; on peut s'en convaincre par ce fait, que les dents de squales et les caisses tympaniques de cétacés, relativement si abondantes sur l'argile rouge, où rien ne vient les recouvrir, sont beaucoup plus rares dans les boues organiques, tandis que, sur les vases détritiques, les dragages n'en rencontrent pas.
OtMtRALITÉS SUR LES rORHATIOWS CORALLIBW1IES
Les formations coralliennes sont, sans contredit, l'une des expressions les plus intéressantes que puisse revêtir l'activité des organismes. Non seulement ces constructions, élevées par des êtres tout à fait inférieurs, ajoutent beaucoup au domaine de la terre ferme, là où la stabilité est acquise aux côtes contre lesquelles elles s'appuient ; mais, dans les endroits où le sol s'affaisse et tend à disparaître sous les eaux, on peut dire que les organismes constructeurs entament, contre les puissances internes, une lutte souvent efficace et retardent au moins, quand ils ne l'empêchent pas absolument, la disparition d'une partie des terres émergées. A ce double titre, il convient de préciser les conditions dans lesquelles s'élèvent ces constructions coralliennes, si bien étudiées f)ar MM. Darwin et J. D. Dana (1).
Espèces coraiilgenes. Polypiers. — Les espèces coraliigènes, c'est-à-dire capables, non seulement de sécréter du calcaire, mais d'en construire des récifs* se répartissent dans quatre divisions principales, dont trois, les Polypiers, les Hydroïdes et les Bryozoaires, dépendent de la série animale, tandis que la quatrième, celle des algues calcaires, Nullipores et Corallines, appartient au règne végétal.
Un polype ou zoophyte est essentiellement constitué par un sac ou cavité stomacale, s'ouvrant à l'extérieur par un bouche munie de tentacules; la cavité elle-même est divisée en compartiments par des cloisons et, chez les espèces coralligénes, la peau qui recouvre ces cloisons, ainsi que celle du sac extérieur» sécrètent un appareil calcaire, propre à donner à l'édifice une grande solidité.
En outre, les polypes s'associent en grand nombre, formant des colonies dans lesquelles un polype multiple ou polypier est constitué par le groupement d'individus de même espèce. Dans ces associations, la bouche, les tentacules et le sac digestif de chaque individu demeurent distincts; mais le même tissu les réunit tous et les mêmes fluides circulent librement à travers toute la colonie.
Sur un polypier vivant, on peut dire que la vie et la mort marchent constamment de pair. L'édifice meurt par la base et cette base, consolidée par des sécrétions calcaires, sert d'appui à son développement ultérieur. On voit des polypiers
(I) Voir le bel ouvrage de M. Dana, Corals and V.oral-hlandt (London, 1X72), auquel nou? avons fait ici plus d'un emprunt).