‹ Traité de géologieChapitre 97 sur 533 · FORMATIONS CORALLIENNES · texte numérisé non relu

FORMATIONS CORALLIENNES

qui n'ont pas 5 millimètres de hauteur occuper l'extrémité d'une tige de plus d'un décimètre. L'intérieur meurt aussi à mesure que le sommet s'élève. Les Aitréct en forme de dômes, ayant parfois jusqu'à 5 et même 5 métrés de diamètre, n'ont de vie qu'à la surface. Dans quelques Poriles, la couche externe rivante a moins de 3 millimètres d'épaisseur.

De même que, dans les forêts, les troncs d'arbres morts se recouvrent de lichens et de végétations diverses, de même, à mesure qu'un polypier meurt, d'innombrables petites espèces incrustantes s'attachent à sa surface, se maintenant juste à la limite de la partie vivante et accroissant la solidité de l'ensemble. Les polypiers réparent d'ailleurs, avec la plus grande facilité, les blessures que les vagues peuvent leur faire subir; la rupture d'une branche n'est pas pour eux un dommage sérieux" et un zoophyte, dont la surface a été rasée, continue à croître aussi bien et même mieux que le gazon qui a été foulé aux pieds; car le gazon a des racines auxquelles il ne doit pas être porté atteinte, tandis qu'un polypier ayant une racine, c'est-à-dire une source de vie, dans chacun des individus qui le composent, un fragment ou une branche, rejeté sur un endroit favorable, peut devenir la base d'un nouvel édifice.

La dureté des polypiers calcaires est, en général, un peu supérieure à celle de la calcite. Comme d'ailleurs leur densité s'élève parfois jusqu'à 2, 9, M. Cliflon Sorby ({) pense qu'ils sont surtout constitués par de l'aragonite. La composition chimique normale comporte de 95 à 98 % de carbonate calcique, de 0,28 à 0,84 •/. d acide phosphorique, enfin de 1,64 à 3,79 % d'eau et de matières organiques. On y observe aussi des traces de fluorure de calcium et Forchhammer y signale de la magnésie, dont il a trouvé 2,1 % dflns 'e corail rouge et 6»36 •/„ dans Isis hippuris.

ks coraux constructeurs appartiennent aux genres suivants :

!• Astréacés : toutes les espèces connues.

$• Fungiés : presque toutes les espèces.

5* Oculinacés : tous les Orbicellides, une partie des Oc ul inides et des Stylasté-

r&», quelques Caryophyllides, Astrangides, Stylophorides et tous les Pocilloporito.

4° Madréporacés : tous les M ad ré por ides et les Poritides; beaucoup des E*p*mmides ou Dendrophyllides.

5* Alcyonoïdes : de nombreuses espèces de la famille des Alcyons et des Gor- Jf°*tf et quelques Pennatulides.

tyrtMes, Bryozoaires, Nulllpores. — Les Hydroides, qui ont dû être

^rés des polypes parce qu'on les a vus donner naissance à des méduses, sont •^présentés parmi les genres corail igènes, surtout dans les Indes occidentales, V® les Plumulaires et les Millepores. Ces organismes, dune densité égale à 2,95, ^formés d'aragonite avec un peu de phosphate de chaux.

(•) Quarterly Journal of the Geol. Society of London, XXXV, p. 56.

Les Bryozoaires sont de petits mollusques vivant en colonies et simulant les apparences des polypiers, bien qu'ils aient deux ouvertures distinctes a leur cavité stomacale et que jamais les individus d'un même groupe ne soient réunis par un tube commun. Ces corps forment des incrustations souvent très minces, mais qui, en se superposant, peuvent donner naissance à des massifs coralliens. M. Sorby les considère comme résultant d'un mélange intime de l'aragonite avec la calcite.

Les Multipares sont des algues si complètement pierreuses que rien ne trahit extérieurement leur nature végétale. Ces algues forment, a la surface des coraux, des incrustations qui se propagent à la manière des lichens; elles croissent de préférence à l'extérieur des récifs, du côté des brisants.

Les CoralUnes, qui ne sécrètent qu'un peu de calcaire, se développent si abondamment sur certaines côtes, qu'une fois brisées et accumulées sur un rivage, elles peuvent former d'épais dépots. Agassiz en a décrit de très étendus dans les mers de la Floride. Chez les corallines comme chez les millipores, c'est la calcite qui paraît dominer à peu près exclusivement,

Les figures 5Î> à 60 représentent quelques-unes des espèces coralligenes les plus cariicléristifjues.

influence de in température. — La première condition nécessaire au déve-

Page 1