‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 29 sur 483 · KO · texte numérisé non relu

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Fig. 12. — ProÛl transrertal du Jura entre la vallée de l'Ain et le lac de GenéTe, passant par la Dôle.

Échelle \ •*** "'°'^"'" ^"^ I des hauteurs TôTrHrr 1, Tallée de TAin (445-). — 2, Uc de l'Abbaye (819-). — 3, Vallée de la Blenne. — 4, Mont Fier (1378-). 5. Vallée des Dappes (1251-). - 6, U Dôle (1678-). — 7, Lac de Genève (375-).

culminante, loin d'occuper une position centrale, est à l'extrémité orientale, tout contre la dépression des lacs de Neuchâtel et de Genève, ensuite que chacune des rides dont l'ensemble forme la chaîne jurassique a généralement son versant oriental beaucoup plus raide que l'autre.

Vne coupe dirigée à travers le Mont Blanc nous révélerait une constitution semblable; là encore les versants tournés vers le sud-est sont sensiblement plus raides c[ue ceux qui regardent le nord-ouest. La même chose s'observe dans les Alpes françaises, où le massif de Grenoble et celui du mont Viso présentent un versant sud-est plus incliné que le versant nord-ouest. Ainsi une coupe menée de Yoiron au pic de Belledonne of&e une pente graduelle par laquelle on s'élève de 300 à 2087 métrés, jusqu'à la crête de la Grande-Chartreuse; de là une chute brusque ramène de 2087 à 250 mètres dans la vallée de l'Isère ; puis, par une ascension modérée, on atteint 3000 mètres au pic de Belledonne, pour retomber rapidement à 1600 mètres à Sables. En continuant la coupe, on atteindrait les hauteurs des Grandes Rousses (3478 mètres) et du Pelvoux (4103 mètres) audelà desquelles il suffirait d'une pente de peu d'étendue horizontale pour ramener à 1800 mètres à Briançon (fig. 13).

Fig. 13. — Profil des Alpes dauphinoises de Voiron A Briançon. — 1, Voiron. — 2, Pic de Chtmaehaude (1087-). — 3, L'Isère é Grenoble. — 4, Pic de Belledonne (2981-). — 5, Sables. — 6, Moot Pelvoux (4106"). — 7, Briançon. — (Les hauteurs ont été exagérées sept fois).

Ce n'est pas seulement dans les pays de montagnes que l'on constate cette dissymétrie dans le profil des accidents de la croûte terrestre. U est des régions, que leur faible altitude ferait plutôt ranger dans les pays de plaines ou de collines et qui n'en ofTrent pas moins, dans la disposition générale de leurs pentes,

^6* MORPHOLOGIE TËR&ËSTRE.

une dissymélrie facile à mettre en évidence quand on fait abstraction des inégalités produites par les vallées d'érosion. C'est ainsi que le diagramme de la figure 14 montre comment, entre le Havre et TArtois, le profil d'ensemble du terrain comporte, sur les versants inclinés au sud-ouest, une pente beaucoup plus faible que celle des versants tournés vers le nord-est. Cette différence éclate surtout aux yeux quand, sur une carte au 500000% on étudie la distribution des courbes de niveau de 25 en 25 mètres. Partout, sur le flanc nord des ridements, les courbes sont beaucoup plus rapprochées les unes des autres que sur le flanc méridional.

S.O. Jt^oMou/elm lo/num' N£.

Fig. \k, — Diagramme indiquant la disposition générale des pentes du sol de la yallée de la Seine à rArtois. — 1, Le Havre. ■— 2, Amiens. — 3, Crète de l'Artois.

Il est donc permis de dire que partout où le relief du sol porte l'empreinte d'une cause générale, supérieure à la simple action des agents atmosphériques et des rivières, et qui a fait naître à la surface de l'écorce des rides façonnées en forme de chaînes, le trait dominant de ces chaînes consiste eh ce que leur crête n'occupe pas une position centrale. De plus, quand il y a plusieurs chaînes parallèles entre elles, elles forment ordinairement une série d'échelons, s'élevant progressivement jusqu'à la crête principale, située à Textrémité de la série, de telle sorte que lensemble offre à peu près le profil d'une crémaillère ou d'une lame de scie inclinée.

Profil des rides océaniqaes. — L'étude de la disposition du relief à la surface du globe ne serait pas complète si l'on négligeait d'y comprendre ce que nous avons appelé les parties négatives de ce relief, c'est-à-dire celles dont les inégalités sont masquées par la nappe océanique. Cette étude, dont quelques éléments à peine avaient été réunis il y a peu d'années, est aujourd'hui assez avancée, grâce au progrès des explorations sous-marines, pour qu'il soit possible d'en tirer quelques lumières.

En premier lieu, de même que les hautes chaînes de montagnes n'occupent jamais, dans les continents, une position centrale, de même les plus grandes profondeurs de l'Océan, au lieu d'être situées au large, dans la partie médiane des dépressions maritimes, sont presque toujours concentrées auprès des côtes ou des chaînes d'îles.

Ainsi l'axe de l'Atlantique septentrional est occupé par un plateau sous-marin allongé, dont la profondeur n'excède jamais 1800 mètres et qui se relève assez, sous le 40* parallèle, pour laisser apparaître à la surface l'archipel des Açores. A l'ouest de ce plateau se développe une dépression longitudinale, atteignant

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