‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 30 sur 483 · MSSYMÉTRIE DU RELIEF TERRESTRE · texte numérisé non relu

MSSYMÉTRIE DU RELIEF TERRESTRE

jusqu'à 5500 mètres et composée de deux versants très inégaux, Tun en pente douce depuis les Âçores, Tautr^ abrupt, tout près de la côte nord-est des Étatsr l'nis. A cette dépression s'en rattache une autre, d'importance au moins égale, qui longe immédiatement la chaîne des Antilles, de telle sorte que la plus grande profondeur de tout Tocéan Atlantique, celle de 7100 mètres, obtenue dans cette dépression par les sondages du Challenger, existe non au large, mais tout contre Tile de Saint-Thomas. Il en résulte que la ligne des Antilles doit être considérée connue la crête, à peine émergée en ses points culminants, d'une chaîne de monti^es qui» inclinée en pente très douce vers le littoral américain, plonge brusquement, au contraire, vers la dépression atlantique.

La même chose est vraie du Pacifique, où les lies Mariannes, à l'ouest desquelles la mer s'abaisse en pente modérée, sont inunédiatement bordées à l'est par une fosse profonde; ces Iles ne représentent donc que la crête du versant brusquement incliné d'une ride, le plus souvent immergée dans sa totalité, et qui forme du nord au sud, sur plus de vingt-cinq degrés de longitude, le prolongement exact du Japon septentrional et de. l'Ile Sakhalin.

Fig. 15. — Coupe dirigée du N.O. au S.E. à trarers lePaciOque septentrional» des llea Kouriles au gronp* des Iles Sandwich. — 1, Mer d'OkhoUk. — S, Ue Ump (Kouriles). — 3, Maximum de profondeur (8540*) — 4, Ue Crespo.

j^l^J de longueur» .tt-W.

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Mais c*est surtout le long des îles Kouriles que cette position excentrique des grandes profondeurs est le mieux marquée (fig. 15). En effet, immédiatement contre ces lies, la sonde atteint des fonds de 8000 à 8500 mètres, c'est-à-dire les chiffres les plus extrêmes qui aient été authentiquement obtenus dans le Pacifique. Or cette zone de fonds supérieurs à 7000 mètres ne s'étend pas au delà de six cents kilomètres en avant des Kouriles et, partout ailleurs, le Grand Océan offre des profondeurs beaucoup plus modérées. Il sufSt d'ailleurs de jeter les yeux sur ime carte des fonds de mer, telle que celle de M. Berghaus dans l'Atlas de Stieler (1878), ou encore celle de M. Richard Andrée, pour être frappé de ce fait, que toutes les grandes profondeurs du Pacifique sont concentrées le long de la côte asiatique ou au milieu de V Archipel polynésien, formant comme autant de fosses entourées de chaînes d'iles, tandis que pas une seule ne se rencontre dans l'immense espace compris, d'une part entre la Terre-de-Fpu, la Nouvelle-Zélande et l'archipel de Paumotou; d'autre part entre ce point, les iles Sandwich et l'Amérique. Ainsi, les fonds supérieurs à 3000 brasses (5500™) forment : la grande fosse dite du Tuscarora, entre les îles Sandwich et le gf^oupe des Kouriles

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et des Aléoutieiiaes> avec un appendice longitudinal, à angle droit sur Tensemble, entre la chaîne des Sandwich et TArchipel Anson ; les fosses Ammen et Belknapf entre les Sandwich et les lies équatoriales à guano ; la fosse Miller, entre ces dernières et les îles du Phénix, que la fosse Hilgard sépare des îles Gilbert; enfin la fosse du Chaliengery entre les lies Hariannes, les Garolines et les îles Mai*shall, avec une sorte d ombilic latéral à 8400" au milieu d un groupe d'îlots qui Tentoure presque de toutes pails.

De plus, si la sonde n'atteint pas, contre la côte américaine» des profondeurs comparables à celles de la partie occidentale du Pacifique, il n'en est pas moins vrai que, le long du littoral du Chili et du Pérou, règne im chenal plus profond que tout ce qui s'étend à l'ouest : on peut donc dire que le talus brusque de la chaîne des Andes se continue sous la mer et que le fond du chenal en question forme une arête en creux, inverse de l'arête culminante de la Cordillère.

Sans vouloir multiplier ces exemples outre mesure, il convient encore d'indiquer que la Méditerranée offre, sur la côte de l'Algérie, c'est-à-dire faisant suite au versant septentrional de l'Atlas, une pente incomparablement plus rapide que celle des fonds voisins de la côte espagnole. De plus, la chaîne sousmarine qui relie l'Afrique à l'Italie par Malte et la Sicile n'offre, sur son versant occidental, que des profondeurs modérées, tandis que, sur son versant oriental, on passe brusquement de 565 mètres à 5000 et môme 5500 mètres.

Enfin, dans le golfe de Biscaye, la plate-forme sous-marine si accentuée qui, faisant le tour des Iles Britanniques et de la France, prolonge assez loin au large le domaine continental, cesse brusquement à pailir de Biarritz et tout le long de la côte espagnole, c'est-à-dire en prolongement du pied de la chaîne pyrénéenne, la sonde atteint de suite les grands fonds. Les récentes recherches du Travailleur ont même permis de constater, dans ces parages, surtout au nord de Santander et du cap Machichaco, des pentes abruptes et des falaises sousmarines presque verticales (1).

liol ipénérale de la dlssyniétrie dtt relief terrestre, — Il est donc permis de dire, d'une part, que les grandes profondeurs des mers occupent, comme les saillies continentales, une position généralement excentrique relativement à l'ensemble dont elles font partie; d'autre part que le profil de ces dépressions est toujours dissymétrique, se composant de deux versants, dont le plus abrupt est celui qui se rattache immédiatement à un rivage ou à une chaîne d'îles.

De là résultent plusieurs conséquences importantes. En premier lieu, pas plus que les continents, les océans ne sont des unités homogènes. Chacun d'eux se (wmpose de dépressions en quelque soite indépendantes, formant comme autant de compartiments qui n'ont souvent d'autre caractère commun que d'être, en tous leurs points, au-d3ssous de la surface de la mer. Parmi ces compartiments, les uns sont franchement océaniques; d'autres, comme ces mers intérieures si

(1) Alph. Milne-Edwtrds : Assoc. êcientifiqué, août 1880.

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