‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 384 sur 483 · SYSTÈME MIOCÈNE · texte numérisé non relu

SYSTÈME MIOCÈNE

§i GÉNÉRALITÉS SUR LA PÉRIODE MIOCÈNE

Cmwmetéwem géBéranx de la période. — La période miocène, inaugurée par le grand soulèvement pyrénéen, a apporté dans la géographie de l'Europe tertiaire un changement notable. Tandis que la mer nummulitique s'étendait au sud du continent, la première mer miocène fut septentrionale et les types africains de la flore commencèrent à rétrograder. Mais bientôt cette mer se dessécha et il s'établit sur l'Europe, encore pourvue de grands lacs et de lagunes, un régime d'humidité permanente, de chaleur égale et modérée, favorable à la production des lignites. C'est alors que les arbres à feuilles caduques se multiplièrent partout, tandis que les palmiers continuaient à prospérer au delà du 50* parallèle. L'uniformité des conditions climatériques qui régnaient en Europe est attestée par la similitude des flores recueillies, soit sur la Baltique, par 54^, soit en Eubée, par 38® lat. L'invasion de la mer mollassique ne changea pas cet état de choses et contribua au contraire, par la forme et la position de la principale masse des eaux, qui découpait l'Europe en ime sorte d'archipel indien, à entre- Il) De Saporta, le Monde des plantes, p. 131. (2) CommuDication directe à l'auteur.

tenir Fégalité et la douceur de la température. Ces conditions étaient éminemment favorables à Tépanouissement du monde végétal ; aussi ce dernier, dans son ensemble, ne s'élait-il jamais montré plus opulent. L'hiver était encore particulièrement doux, ne suspendant jamais d'une manière complète Tactivilè de la végétation et, quand la période s'acheva, le camphrier, selon M. Heer(i), gardait le privilège de fleurir dès le mois de mars sur les bords du lac de Constance, comme il fait de nos jours à Madère. Pour retrouver les associations végétales de la période miocène, il faut aujourd'hui descendre de 25 à 50 degrés au sud. S^il y avait déjà une différence manifeste entre la végétation des terres voisines du pôle et celle de nos régions, du moins les glaces ne faisaient pas sentir leur influence et rislande était couverte de riches forêts. En même temps les manifestations volcaniques se multipliaient et TAuvergne, la vallée du Rhin, la Hongrie, le versant occidental des Montagnes Rocheuses et bien d'autres pays encore devenaient en même temps le théâtre de prodigieux épanchements de roches éruptives. Enfin Fécorce terrestre était partout en mouvement et ses efforts pour conquérir une situation d'équilibre finirent par dresser au milieu des airs les hautes chaînes des Alpes, des Cordillières et de l'Himalaya.

Faune mliKiéiic. — C'est dans la période miocène que les mammifères paraissent avoir atteint leur plus haut degré de développement. Tandis qu'en Europe les cétacés font leur apparition avec Squalodon et les Siréniens avec Halitherium, alors que les mers américaines nourrissent déjà les genres Balxna

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Fig. 524.

Fig. 526.

Fig. 527.

Fig. 524. Moêtodon simorrensiSt Lart., du calcaire de Simorre. — Fig. 525. Dent d'Hipparion, du mioeéoe supérieur. -— Fig. 526. Cerithium plicatum, Brug., du tongrien. ~ Fig. 527. C. margaritaceum, Brocchi, de i'helvétien. — Fig. 528. Carcharodon {Carcharias) angustidens, du miocène piémontais.

et DelphinuSy les placentaires terrestres voient s'effacer les quelques caractères qui les reliaient encore aux marsupiaux. A ce moment se multiplient, parmi les pachydermes, Rhinocéros, Acerotheriunij Tapirus^ Anthracotheriuniy Sus^ Hyothe-

(i) De Saporta, le Monde des plantes, p. 313.

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