‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 385 sur 483 · PÉRIODE MIOCÈNE · texte numérisé non relu

PÉRIODE MIOCÈNE

rium, PaUeochœrus, etc. Bientôt les proboscidiens se montrent avec Ifss énormes Mastodon (fig. 524), Dinotheriumy EUphas^ les singes avec Oreopiihecus, Dryopiihecusy PliopithecuSj les édentés avec Macrotherium et Ancylotherium. Les Anchitherium et Hipparion (ûg. 525) en Europe, Miohippti» en Amérique, continuent à préparer l*avénement des chevaux. Hippopotamus prend possession des rivières. Enfin les ruminants, après s*étre en quelque sorte essayés avec les Gelocusj Dremotherium, Entelodon^ Dicrocerus^ etc., prennent à la fin de la période la prépondérance qui, depuis Téocène, appartenait aux pachydermes. L*émersion de FEurope facilite leurs évolutions et le développement d'unç abondante végétation de graminées détermine le régne des herbivores, formant d'immenses troupeaux d'Antilope^ Cervus, HeUadotheriunif Camelopardalisj Palxotragus, Palœoreas, auxquels s'associent les carnivores Amphicyon, Hyœnictisy Hyœna, Ictitherium, etc. et les quadrumanes du genre Mesopithecus.

Quelques géologues ont voulu faire ime place à Thomme dans cette énumération. On s*est autorisé d*un petit nombre d'éclats de silex recueillis, au milieu d*une foule d'autres, à la base du miocène de Thenay ([joir-et-Cher), par Tabbé . Bourgeois, et reconnus, avec plus ou moins de doute, par des archéologues, comme offrant des traces de taille intentionnelle. Sans nous attacher à faire ressortir combien il est improbable qu*un être assez intelligent pour tailler des silex n*ait plus laissé, ni dans le miocène supérieur ni dans le pliocène de nos contrées, aucune trace de son industrie, nous nous bornerons à reproduire ici une remarque, selon nous décisive, de M. Boyd Dawkins (1). A quelque point de vue que Ton se place, Thomme ne peut apparaître que comme le couronnement du monde organique, après que le règne animal et le règne végétal ont reçu, Tun et l'autre, tous leurs développements. Or, à l'époque miocène, ces développements sont encore beaucoup trop incomplets pour que la présence de l'homme sur la terre ne soit pas considérée comme un véritable anachronisme et cela suffit à nos yeux pour permettre de rejeter un fait d'ailleurs aussi mal établi que celui de Thenay (2).

Quant aux incisions qu'on avait observées sur des ossements d'Halitherium et où l'on s'était plu à voir l'œuvre d'un outil tranchant, manié par une main intelligente, il en a été fait justice le jour où l'on a démontré clairement qu'il s'agissait de morsures dues à la dent d'un squale.

La faune marine miocène est très riche. Nous nous contenterons de mentionner l'abondance des grandes dents de squales du genre Carcharodon (ùg, 528) et, parmi les mollusques, celle des genres Cerithium (fig. 526, 527), Natica^ Murex, Pleurotoma, Voluta, Cyprxa, Cytherea, Pecten, Peclunculus (Cig. 550), Arca (fig. 531), Lima (fig. 529), etc. Les huîtres à crochet long et épais, du

(1) GeoL Society ofLondon, 14 avril 1880.

(2) En ce qui concerne la découverte plus récente de silex taillés dont le miocène de Temboucbure du Tage, nous nous bornerons à faire remarquer que les géologues qui ont visité le gisement n'y ont vu aucune preuve que les silex fussent in situ.

type d^Ostrea crassissima^ pullulent pendant cette période, qui a tu aussi prospérer certaines formes particulières d'oursins, Scutellaj Spaiangus, Clypeaster^ Co-

Fig. 529. Fig. 531. Fig. 5^2.

Fig. 520. Lima squamosa, Lamk, des faluns de Touraine. — Fig. 530. Pectunculus obovatus, Lam., du tongrien. — Fig. 531. Arca barbata, Linn., du miocène de Vienne. — Fig. 532. AmphUtegina Haueri, d'Orb., du calcaire de la Leitha.

noclypeus, Psammechinus, Amphiope, etc., et des foraminifères, notamment ceux du genre Amphislegina {ûg, 552).

Flore mioeéne. — La flore miocène d'Europe est beaucoup plus riche que celle de la période éocène. Son caraclère général implique un climat plus également et plus universellement humide. Cette modification se dessine peu à peu, au début du miocène, [par le développement des plantes aquatiques, des lauri-

Fig. 533. Fig. 534. Fig. 535.

Fig. 533. Cinnamomum iioUjmorphum, l'ng., de l'aquitanien de Manosque. — Fig. 534. Glyptotirobtn europseust Ur., de Manosque. — Fig. 533. Osmunda lignitum, Gieb., de Manosque.

nées, des érables, des charmes, etc. On voit apparaître plusieurs Séquoia^ avec Taxodium distichum, Glyptostrobvs europseus, (Ç\g. 534) Libocedrus etc., arrivant sans doute des terres arctiques, où ces divers genres prospéraient lors de Téocène supérieur. En même temps qu'eux se montrent les palmiers du genre Sabal^ les Complonia et de belles fougères du genre Osmunda (fig. 555). Les

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