‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 411 sur 483 · I. Marne / 4. Marne sableuse à Ostrea rastellensù · texte numérisé non relu

I. Marne / 4. Marne sableuse à Ostrea rastellensù

à Nagea êemUtriata \ 3. Marne à Na$sa semUtriata et Auricula Serreèi.

et sables à Ostrea Barriensis 1 2. Marnes et faluns à Cerithium vulgatum, Nassa semistriata^

(450 à 200"). ( Turritella subangulata, Pecten comilalus^ Arca diluvii.

Sur de nombreux points, l'assise I débute par un cordon littoral de galets calcaires impressionnés, empruntés aux conglomérats miocènes. VOitrea barriensis s'y présente à plusieurs niveaux.

Quant à la couche 5, abondante, sur certains points, en mollusques des genres Syndosmia (S. Rhodanica)^ DonaXy Tellina, ailleurs enNassay Auricula^ etc., elle offre, presque partout, de nombreuses empreintes végétâtes (2) ; à cet horizon

(1) FoniBnneStÉtudesstratigraphigueSjiS16,p.ùl.— Les Terrain$ tertiaires de la région delphinoprovençaUj 1881.

(2) Fontannes, Nouvelles observations, etc., Lyon, 1882.

PUOCÈNE DmUTERIYES ET DE U BRESSE. 1065

coiTespoud, dans le Gard, le dépôt lacustre de Yaquières, qui renferme une flore composée d'Arundo œgypHa antiqua, Alnm stenophyllay Vibumum palxomorphum, Glyptosirobus europxus, Acer polymorphum, etc., c'est-à-dire de types à affinités africaines et asiatiques. L'extension, dans la vallée du Rhône, des marnes à syndosmies est considérable. On les observe à Loir (Rhône), ce qui montre que la mer pliocène s'est avancée jusqu'aux portes de Lyon, tandis qu'autrefois on ne croyait pas qu'elle eût dépassé la latitude de Bollène (1).

c^onehes d'Hanterlves. — Au-dessus du plaisancien apparaissent des marnes lacustres, longtemps confondues avec l'horizon lignitifère miocène de Tersanne. Dans le Viennois et le Valentinois, ces marnes bleuâtres ou blanchâtres renferment deux ou trois couches de lignite ou de tourbe. On leur a donné le nom de marnes (THauterives et elles sont caractérisées par Hélix Chaixi, H. Colonjoni^ H. labyrinthiculay Clausilia Terveriy Planorhû Thiolliereiy Carychium packychilus. Audessus viennent des marnes jaunes à concrétions calcaires, puis des graviers et un sable fin jaunâtre, peut-être l'équivalent des sables à Mastodon arvernensis. Enfin l'ensemble, qui a 40 ou 50°», est couronné par le conglomérat et la glaise à concrétions ferrugineuses de Chambaran.

Nous avons parlé du conglomérat à cailloux impressionnés qui forme, en certains points, le littoral de la mer pliocène. Celui de Chambaran en est encore un autre, remarquable par ses énormes cailloux de quartzite. Aux environs de Nyons et de Yisan, les marnes d'Hauterives renferment au moins deux bancs de poudingues. Le phénomène des alluviom anciennes^ ou du creusement des vallées, paraît donc avoir commencé, dans cette région, dès le pliocène inférieur (2), ce qui n'a rien de surprenant puisqu'alors la contrée venait d'acquérir son principal relief. M. Fontannes a remarqué (5) que les conglomérats du miocène ne s'étendent pas à une grande distance de leur lieu d'origine et ne forment souvent que des deltas d'un faible rayon. Au contraire les assises caillouteuses du pliocène occupent généralement toute la superficie des bassins tertiaires. Cette période a donc été essentiellement une période de transport.

Bép^ts de la Bresse. — La plaine de la Bresse et les régions avoisinantes sont occupées par des dépôts de marnes et de sables avec couches de cailloux roulés, dites alluvions anciennes^ qu'Élie de Beaumont a le premier séparées du quaternaire pour les ranger dans le pliocène. Cette attribution est aujourd'hui pleinement confirmée (au moins pour ce qui concerne la majeure partie des lits de cailloux) et de plus on a réussi à préciser la succession des divers dépôts, succession demeurée longtemps indécise à cause de l'horizontalité des couches et du manque de coupes profondes (4).

(i) Fontannes, loc. cit.

(2) FontSinaes, Élude* stratigraphiguet, etc., VI, 1880, p. 141.

(3) NouvelUê observations, etc., Lyon, 1882.

(4) Voir notamment les travaux de MM. Bertrand et Tournou6r, Bull, de la Soc, géol, de France, 3* série, pp. 256, 264.— De précieux renseignements nous ont été fournis h Ja dernière heure par MM. Beiirand, Fontannes et Tardy.

1066 GROUPli: TERTIAIRE.

La base des dépôts bressans est généralement occupée par des argiles grasses lignilifères qu'on observe sur 40"» de hauteur à MoIIon et à Yarambon» où elles contiennent deux bancs de lignite avec une faune très riche qui est incontestablement celle d'Hauterives. Au-dessus viennent les sables de Trévoux, de Gévrieux et de Mollon, épais de 50" dans ces localités, mais n'ayant plus que 13" à Neublans et caractérisés par Hélix Chaixi, Paludina Faisan^ Clansilia Terveri, ainsi que par Tintercalation, à diverses hauteurs, de bancs de conglomérats à cailloux impressionnés, comme ceux de Lens-Lestang. Vers le nord, il s'y montre une lentille argileuse à Pyrgula (Pyrgidium) Nodoti^ Paludina burgundina, P. bregsana, Valvata inflata. Enfin, à Mollon, le tout est recouvert par un nouveau conglomérat, analogue à celui de Chambaran.

Dans les sables de Mollon sont intercalés, à Meximieux, trois bancs de tuf calcaire tacheté, compact, esquilleux, passant par places aux sables et graviers, tandis qu'ailleurs il est exploité comme pierre de taille et pierre à chaux hydraulique (1). Les coquilles de ce tuf sont les mêmes que celles des sables. Quant à la flore, étudiée par M. de Saporta, elle est remarquable par les types canariens, mongoliens et caucasiens qu'elle renferme. On y recueille : Oreodaphne Heeri, Laurus canariensiSf Glyptostrobus europœus^ Liriodendron Procacciniiy etc.

marnes et sables plloeénes da bassin de la Saune. — L'horizon des marnes pliocènes à paludines et à Valvata inflata^ généralement bleues, parfois vertes ou rouges, se poursuit, dans la vallée de la Saône, jusqu'à Auxonne, par Saint-Jean d'Huyriîit, en face de Màcon, Ghâlon et Cuisery.

Mais c'est surtout par d'anciens graviers d'origine fluviale, tout à fait semblables aux alluvions actuelles, que le pliocène est représenté dans les environs de la vallée de la Saône. Ces dépôts, qui paraissent devoir être mis en parallèle avec le conglomérat de Chambaran, appartiennent au pliocène supérieur et reposent sur les marnes de la Bresse avec des apparences de ravinement qu'expliquerait le passage du régime lacustre au régime fluvial. Tels sont les dépôts argilo-sableux à Elephas meridionalis et £. antiquus de Chagny, surmontant les graviers à Equm Stenonity Mastodon Borsoni et M. arvemensis de Cheilly, qui atteignent 500" d'altitude, ou les dépôts à Elephas meridionalis de Fontaine- Française (Côte-d'Or), superposés aux argiles et minerais de fer à Mastodon Borsoni de Saint-Seine, Chavigny et Fauverney (2). Aux environs de Châlon, ces sables fluviatiles sont mélangés d'argiles bariolées, souvent réfractaires, exploitées à Saint-Léger-sur-Dheune et à Hontchanin. Des minerais de fer en grains y sont subordonnés. Il en est de môme dans le Doubs et la Haute-Saône, où le rainerai pisiforme, intercalé dans des bancs argilo-sableux à Mastodon arvernensis, est surmonté par des marnes à Hélix, ^ avec des agrégats calcaires dits castillot, rappelant les circonstances du terrain sidérolithique. A Tillenay, ce

(1) Dumortier, Bull, de la Soc. géol. de France, 2« série, XYI, p. 1099.

(2) Tournouër, BulL de la Soc. géol. de France, 2- série, XXIII, p. 799.

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