‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 433 sur 483 · B. COTENTIN · texte numérisé non relu

B. COTENTIN

firantte. — Le granité apparaît dans le Coteutin en longues bandes, orientées à peu près de l'ouest à l'est et formant, au milieu des schistes cambriens, d'énormes filons de plusieurs kilomètres de largeur. Ces massifs envoient d'ailleurs dans les phyllades, comme on peut s'en assurer au nord de Mortain ainsi qu'aux environs d*Avranches, des filons réguliers de i à 2 mètres de puissance, en même temps qu'ils empâtent de nombreux fragments anguleux de grauwacke silicifiée. La roche dominante est le granité commun à grain moyen dit de Ftre, très propre aux constructions et largement employé pour les dalles de trottoirs. Pour arriver à la roche solide, il faut dépasser une zone superficielle, parfois épaisse de plusieurs mètres, où le granité est transformé en arène meuble, avec

(i) De Lavallée-Poussin et Renard, Métn.tur les roches pluloniennes de fÂrdenne, 1876.

(2) Ann. Soc. géol. du Nord, VII» p. 132.

(3) Mémoire sur les roches plutoniemus de la Belgique, — Bull, Acad. roy. de Belg,, août

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veinules d'un quartz corné grisâtre, qui provient sans doute de la décomposition du feldspath.

Parfois le granité du Cotentin devient porphyroîde par le développement de grands cristaux d*orthose. A ce type appartiendrait le granité de Cherbourg.

Le granité a fait subir aux phyllades cambriens un métamorphisme périphérique qui s étend à plusieurs centaines de métrés de distance de la masse éruptive. Le plus souvent, ce métamorphisme consiste dans une transformation progressive du schiste en phyllade noduleux, et de ce dernier en une sorte de micaschiste k nodules (leptynoUthe) auquel on donne habituellement le nom de sckUte mâclifèref bien qu'en réalité il y ait formation de noyaux noirâtres plutôt que de mâcles proprement dites. Ce type de roche comprend les comubianitei et les Fruehtgneme de divers auteurs.

Assez souvent» notanunent aux environs d*Avranches, le micaschiste noduleux ou tacheté se transforme en une véritable coméenne, ayant parfois la compacité du phthanite : c'est grâce à Textréme dureté des deux murailles de coméenne qui Tenserrent, que Taréte granitique d'Avranches à Mortain a pu conserver son relief, car le noyau éruptif qui en forme Taxe se désagrège et s'altère très facilement; aussi n'afHeure-t-il qu'au sommet de l'arête.

Le durcissement du schiste ou de la grauwacke semble devoir être attribué à des émanations contemporaines de la sortie du granité. D'une part, la zone métamorphique est fréquemment parcourue par de gros filons de quartz laiteux. D'autre part, il est des points, comme la chaîne de Vengeons, près de Sourdeval, où le contact du granité et du cambrien est marqué par une véritable «oite mixte^ abondante en noyaux, nodules et veinules de quartz, qui courent à travers le granité comme dans la roche encaissante. Des exploitations de quartz pour empierrement s'échelonnent sur cette zone de contact.

La syénite existe dans le Cotentin ; mais les relations d'âge en sont mal connues. On a décrit, iantôt sous ce nom, tantôt sous celui A'amphïbolUe^ une roche à amphibole qui traverse en filons le grès armoricain du cap Fréhel et qui pourrait appartenir à la catégorie des porphyres.

mabases. GnuiaUte (oarmaUBlfère. Porpbjres, ete. — Les phyllades et les schistes mâcliféres du Cotentin sont traversés par d'assez nombreux filons d'une diabase de couleur verte très foncée, souvent qualifiée, mais à tort, de diorite. Ces filons, épais depuis 1 mètre jusqu'à 25 mètres et offrant aux affleurements la structure sphéroîdale à écailles concentriques, se poursuivent avec une grande régularité sur des longueurs de huit à dix kilomètres et plus. Leur parcours est constamment jalonné par de gros blocs arrondis ou de véritables sphéroïdes que leur dureté a préservés lors de la destruction de la tète des affleurements. Tels sont les filons des environs de Barenton et de Sourdeval, dont l'altération superficielle fait naître une arène calcarifère, appelée marne dans le pays. La roche franche est très dure et propre à l'empierrement. On ne Ta pas encore observée dans les schistes ou les quartzites de l'étage armoricain, bien

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que qiielques-uns des filons se poursuivent dans les phyllades canibriens jusqu'au contact du silurien. En revanche, il y a» près de Cliérencé-le^oussel» un point où la diabase est en filons dans le granité.

On ne saurait conclure avec certitude, des faits observés, que la diabase soit antésilurienne, car c est aussi dans les schistes cambrions ou dans le granité que semble exclusivement concentrée la granulite tourmalinifère du Cotentin qui, d'autre part, est identique avec le graniie stannifère de Cornouailles. Cette roche, qui forme les îlots du mont Saint-Hichel et de Tombelaine, ainsi que divers filons aux environs de Saint-Hilaire du Uarcouët et d*Avranches, est peutêtre d'âge dëvonien et, si on ne la rencontre pas dans les couches siluriennes, cela peut tenir à ce que ct*8 dernières ne se sont pas prêtées à la formation des fentes qui ont donné pa^^sage à la granulite. Le contact avec les schistes est d'ailleurs accompagné de phénomènes de métamorphisme qui rendent très difficile la détermination de la limite exacte, comme si, moins riche que le granité en émanations périphériques, la granulite avait, en revanche, exercé un métamorphisme de contact plus énergique.

Avec cette roche doit être rangé le granité à mica blanc d'Alençon, où de nombreuses parties pegmatoïdes renferment des cristaux de quartz enfumé et des prismes de béryl.

Sur la limite orientale du Cotentin s'observe, dans le Calvados, un porphyre quarUifère sur lequel le terrain houiller de Littry repose en couches horizontales. Les poudingues de ce terrain contiennent d'ailleurs de nombreux galets du porphyre (1). Il existe en outre, dans le bassin de Littry, un trapp tout à fait semblable à celui qui, dans le Horvan, recouvre les assises houillères situées à la base du permien.

c. MASSIF ARMORICAIN.

firanite. — Le granité de Vire se poursuit en Bretagne, où il est largement exploité aux environs de Fougères. Souvent il devient porphyroîde, comme la variété à grands cristaux de feldspath rouge chair de Laber-lldut, aux environs de Brest. Près de Lesneven, le granité à grands cristaux coupe assez obliquement les feuillets du gneiss de la rade de Brest et contient des parties noirâtres qu'on a considérées comme des fragments anguleux de cette dernière roche (8).

Le granité de la Bretagne a produit, comme celui du Cotentin, un métamorphisme marqué sur les schistes encaissants ; mais cette action n'est pas limitée aux seuls sédiments cambriens et l'on connaît, depuis les descriptions de Puillon-Boblaye, les schistes à calymènes des Salles de Rohan, devenus màclifères au contact du granité.

MoHtes, niahase», firannlltes. — Les diorites quartzifère» de la Bretagne doivent être rayées de la catégorie des roches éruptives; d'après H. Barrois, elles

(1) Hérault in Dufrénoy, Explic. de la carte géol. de France ^ I, p. i97. (3) Dufrénoy, op. cit., p. 194.

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