MASSIF ARMORICAIN. H
font toujours partie du terrain primitif. En revanche, les diorites sans quartz de Concarneau et de Créach Maria coupent les granités éruptifs et il en est de même des diabases, dont les filons sont parfois d*une grande longueur; Fun d*eux peut se suivre sur 50 kilomètres le long du versant nord du Menez-Hom. Ces diabases ont exercé sur les roches encaissantes un métamorphisme énergique, qui a produit des schistes siliceux, des xpilosites amygdaloîdes et des calcaires albitifôres (1).
La granuliU est fréquente dans le massif armoricain. Aux environs de Nantes, elle s*est épanchée en filons dans les couches du silurien inférieur. La même roche, en traversant les gneiss et les micaschistes, les a partiellement transformés en gneiss granulitiques (2). La granulite de Guérande est traversée par de nombreuses veines d*ime pegmatite accompagnée de quartz stannifére. On remarque que, dans les schistes et grés siluriens, la roche est une vraie pegmatite à feldspath rose, tandis que, dans les schistes ampéliteux voisins, les veines sont purement quartzeuses.
Porphyres, Kcrsaatoa, Pierre earrée. — Los porphyres qtiartztfères des environs de Brest se rapprochent beaucoup des elvans et passent facilement au pétrosilex (5). On n*a du reste encore que des notions très sommaires sur les roches porphyriques du massif armoricain, auxquelles on peut rattacher, à titre d^annexe, le beau porphyre quarUif ère truite de Sillé-le-Guillaume, analogue aux microgranulites du Plateau central. Rn outre, on connaît, dans le bassin de la Basse Loire, plusieurs affleurements d*un porphyre quartzifére qui disloque les assises de Tétage anthracifére en métamorphosant, à son contact, les couches de schiste et de charbon (4).
Le Kersanton de la rade de Brest est, diaprés H. Barrois (5), postérieur au dévonien inférieur et lié de telle sorte aux porphyres et eurites quartziféres de la région qu'il est difQcile de ne pas regarder toutes ces roches comme contemporaines. D*autre part, ces porphyres existent en galets dans les poudingues anthraciféres de Quimper. On peut donc penser que le Kersanton est de Tâge du porphyre granitoïde de la Loire, conclusion à laquelle MM. Michel-Lévy et Douvillé avaient déjà été conduits par Tétude minéralogique de la roche (6).
On donne le nom de pierre carrée à une roche intercalée en nappes dans le terrain anthracifére de la basse Loire et qui affecte une division parallélipipédique très marquée. C*est une sorte de porphyrite feldspathique, passant par des tufs aux roches sédimentaires encaissantes et équivalente aux roches porphyriques du Culm vosgien.
(!) Ch. Baitoîs, Ann. Soc. géoL du Nord, VIIÎ, p. 117.
(2) Lory iii Michel-Lévy, Bull. Soc. géol. de France, 3» série» VII, p. 801; VIII, p. 14.
(3) Ch. Barrois, Ann. Soc. géol. du Nord, VIII, p. 109.
(4) Durrénoy, op. cil., p. 190.
(5) Ann. Stic. géol. du Nord, IV, p. 59.
(0) BulL toc. géol. de France, 3* fiérie, V, p. 51.
1154 ROCHES ÉRUPTIYKS.
PLATEAU GEHTRAZ. DE LA FRAHCE
firanlte. — Le granité joue un rôle important dans la constitution du Plateau eenfral de la Franee» où il forme de grands massifs ainsi que des filons, injectés dans le gneiss et dans les schistes cmMliii&. On distingue le granité commun ou à grain fin, et le granité porphyroîde, sur la pâte (fuquel se détachent de grands cristaux d'orthose. En outre, il existe quelques affleurements d*on granité plus ancien, qui passe au gneiss avec lequel il est intimement associé. Le gramte commun, du type de celui de Vire, constitue toute la région des environs d'Ussel et de Guéret ; on Texploite pour les pavés à Limoges. Le granité porphyroïde s'observe aux environs de Coudes, ainsi que près de Meymac et au pied du Puy-de-Dôme, où il est injecté à travers des schistes que M. Julien considère comme cambriens. C'est aussi un granité porphyroîde qui se montre, au mont Pilât, en contact avec le gneiss, dont il empâte des fragments, et la môme variété est très répandue dans le Morvan, aux environs de Lormes.
Le granité englobe fréquemment des débris d'une sorte de leptynite amphibolique, qui parait empruntée au terrain primitif.
Hétamorpiiisme granitique. — A Saint-Léon (Allier), les schistes micacés cambriens subissent, au contact du granile porphyroîde, une transformation dont M. Michel-Lévy a décrit les diverses phases (1). Les grains brisés de quartz commencent par devenir des granules arrondis, avec ciment de mica noir feuilleté. Enfin l'injection à courte distance des éléments de la pâte granitique développe du feldspath et du quartz, qui disloquent les minéraux précédents, tout en respectant la schistosîté primitive. L'auréole métamorphique des schistes a près de 800 mètres d'amplitude. Quelquefois le métamorphisme se réduit à la production d'un schiste glanduleux ou tacheté, d'apparence mâclifêre.
De véritables schistes raâclifères forment, dans le Morvan, une zone appliquée contre le granile, depuis les environs de Saint-Honoré jusqu'à ceux de Bourbon- Lancy.
Dans les Cévennes, l'action métamorphique du granité sur les talcschistes micacés ou schistes sériciteux ne paraît pas s'être étendue à plus de 100 mètres de distance de la surface de contact. Cette action se résume dans la silicification du schiste, l'injection de petits filets de granité à grain moyen et à mica talqueux, enfin la production de nœuds et de veines d'un feldspath tourmalinifère (2). Ces divers phénomènes se montrent avec beaucoup de netteté aux environs de Vialas (Lozère).
niabase, Dlorlte, ^rpeaclae. — Dans le Beaujolais, d'après M. Michel Lévy, les roches éruptives les plus anciennes seraient des diabases à ouralite et des
(i) Bull, de la Soc. géol. de France, 3« série, IX, p. 181.
(2) G. Fabre, BiUl. de la Soc. géol. de France, 2* série, V, p. 405.
PLATEAU CENTRAL, MORYAN. 1133
diorites^ interstratifiées au milieu des schistes cambriens et accompagnées de serpentine à Saint-Bonnet, près Matour. Dans le voisinage s'observe un granité qui a transformé les schistes sériciteux voisins en schistes tachetés ou mâcliféres, et dans lequel la diorite se retrouve en fragments.
Aux environs d'Autun, dans la localité des Epériaux, près Verrière, une dionte avec magnétite, hornblende et labrador perce les quartzites dévoniens.
CiraBiiiiie. Hlmeue. UewmwmtUe. EIyab. — Tandis que le granité du Plateau central est intimement lié au terrain de gneiss et de micaschistes, dont il partage généralement les caractères orographiques, la granulite UmrtnaMnifère ou le granité à mica blanc (granité à deux micas des auteurs) forme des chaînes de d()mes arrondis qui, dans la Creuse, s'élèvent notablement au-dessus du terrain environnant (chaîne de Blond). Cette granulite, antérieure à la formation des couches carbonifères, qui en contiennent des galets, est considérée par divers auteurs comme ayant fait éruption à l'époque dévonienne. Beaucoup moins compacte que le granité ordinaire, elle se résout facilement en une arène où Ion voit briller au soleil les paillettes de mica argentin. Plusieurs gîtes stannifères y sont liés, ainsi que les pegmatitcM et les kaolins du Limousin qui représentent, selon toute apparence, un mode spécial d*épanchement granulitique, arrivé au jour au milieu d'une abondance particulière d'émanations fluorées. Toutefois, il n'est pas démontré que toutes les pegmatites du Plateau central soient du môme âge, et il en est qui se séparent bien difficilement du granité ordinaire, au milieu duquel elles forment comme des veines de sécrétion. D'autre part, il est juste de reconnaître que cette fusion apparente des deux roches pourrait résulter de ce que l'éruption de la granulite en filons, à travers un granité plus ancien, a dû replacer ce dernier dans des conditions analogues à celles de son épanchement primitif.
Une granulite plus compacte s'observe en filons dans le granité du Puy-de- Dôme, par exemple à Coudes et au Tombeau de Pontgibaud.
Dans le Morvan. la granulite^ toujours postérieure au granité, a percé des couches dévoniennes à Bourbon-Lancy et Gussy (i); mais elle ne paraît pas avoir pénétré dans le système permo-carbonifère. Sa sortie a été accompagnée d'éruptions de minettes et de kersantites. En outre, lorsque cette granulite surgit au milieu du gneiss, elle s'y injecte en mille veinules, donnant lieu à une roche très particulière, saturée de silice, semblable au gneiss rouge de la Saxe et que M. Michel-Lévy a désignée sous le nom de gneiss granulitique. Le gneiss friable, à mica blanc et feldspath rose, des limites du Puy-de-Dôme et de la Corrèze, se montre associé à de grands filons quartzeux, avec mispickel, du genre de ceux qui accompagnent d'ordinaire les gîtes d'étain et de quartz aurifère liés au granité à mica blanc.
Le granité du Beaujolais est percé par des filons de gramiUte, de pegmatite et d^hyalomicte, qui n'entament pas l'étage anthracifêre et dont les cailloux se
(1) Michel-Lévy, BulL de la Soc. géoL de France, 3- série, VII, p. 761.
1156 IK)CHES ÉRDPTIVES.
retrouvent, avec ceux du granité, dans les pou^ingues qui couronnent cet étage.
Velvan qui n'est, comme on sait, qu'une variété compacte et porphyrique de granuUte, accompagne souvent cette dernière roche. Tantôt, comme dans la Creuse, c*est un elvan pétrosiliceux, parfois tout à fait corné; tantôt, comme dans le Puy-de-Dôme (Pranal, Manzat, Saint-Yvoine), c'est un véritable porphyre quartzifère, avec grands cristaux mâclés d'orthose ou prismes de pinite.
Porphyres f^anttoides. Orthophyres et teffs. — Les porphyra graniUnde$ de la Loire, dont il existe de beaux types à Boén, Urphé, Saint-Just, etc., ont été considérés par M. Grûner comme appartenant à la base même de Tètage anthracifère. La variété euritique de Boén est la plus répandue.
La plupart de ces roches sont assez pauvres en quartz récent et offrent un passage graduel aux orthophyres (1), dont elles préparent la venue.
En divers points du Morvan, aussi bien que dans la Loire et dans TAllier, les schistes anthracifères sont recouverts (fig. 565) par une puissante formation de
tufs porphyriques. A la base, ces tufs Mbogoux M^Gemèvpc laBocheMib^ alternent avec des couches schisteu-
' ses où Ton observe parfois de Tanthracite et des empreintes végétales.
Au sommet apparaissent des coulées franches de porphwre noir ou oi^tho-
Fig. 565. — Coupe des environs du Monl-Geniévre, *^
en Morvan (d'après MM. Micbel-Lévy et Véiain). phyre, à pâte SOUVCUt amorphe. LeS
1. granité; 2, granulite; 3, porphyre noir; 4, tufs por- tufs SOUt COmpOSéS de fragments très
phyriques;I,schiste8etquarlzilesdévoniens; 11, schistes , , , .
et calcaires anthracifères; UI, sinèmurien; IV, pito- brisés de quartZ, d'orthose, d*oligO-
cène : F, F, failles. , i . • • « i
' clase, de mica noir, cimentés par
une pâte calcédonieuse (2). On leur a donné quelquefois, dans le Morvan, le nom de roche$ vertes.
Les mêmes faits s'observent dans le Beaigolais, où l'étage anthracifère est immédiatement recouvert par une porphyrite, fréquemment vacuolaire, à pyroxène, formant la base d'une puissante assise de tufs orthophyriques^ avec nappes plus ou moins discontiimes d'orthophyre.
Les tufs ont été souvent qualifiés de grès métamorphiques. Il est certain que la distinction n'est pas toujours facile entre les grés franchement sédimentaires du terrain carbonifère et les assises à la formation desquelles les phénomènes éruptifs ont dû contril)uer.
Porphyres qnartslfères. — Les porphyres quartzifères à pâte microgranulitique ont apparu, dans le Morvan comme dans la Loire, après le dépôt des couches anthracifères et leur sortie, en filons orientés N. N. E.-S. S. 0., correspond à la lacune qui sépare la formation de ces couches de celle des bassins
(1) Michel-Lévy, Bidl, Soc. géol. de France, 3» série, III, p. 207.
(2) Michel-LéTy, BulLSoc. géol. de France, 3« série, Vil, p. 940.