APENNINS
Aquitanienne.
Soulè?ement.
Affaissement.
Helvétienne ioférieure.
Mollasse grise, formation d'eau douce , suivie d'affaissement.
Formation de mer profonde, suivie de soulèvement.
Helvétienne supérieure.
Mollasse marine, suivie de soulèvement.
Formation saumàtre, suivie d'affaissement.
Tortonienne.
Mollasse rouge, formation fluviale.
Form. de mer profonde.
Messinienne.
Mollasse d'eau douce sup*^.
Faciès terresU^e.
Dépôts marins dominants.
Pliocène.
Émersion.
Dépôts marins subapennins.
Hinuiiaya. — L^Himalaya, autant que sa structure peut être actuellement connue (1), présente une remarquable analogie avec les Alpes. Tout d*abord, au pied de la chaîne, s'étend une zone de collines êubhimalayennes (monts Siwalik), formées de couches tertiaires, qui présentent le même phénomène que la mollasse ^Ipine, c* est-à-dire celui d*un axe anticlinal dont le versant nord vient plonger sous la grande chaîne. En outre, la mollasse subhimalayenne contient de nombreux conglomérats ayant le caractère d*alluvions fluviales, et leur rapport avec les vallées actuelles semble indiquer que le système orographique et hydrographique général était esquissé avant le dernier soulèvement.
A la zone subhimalayenne succède une première zone calcaire, à Megalodon et Dicerocardium, où le trias a le faciès pélagique. Réunie à la première, celte zone représente une largeur de 150 kilomètres. Ensuite vient une bande de gneiss avec filons de granité, large de 25 kilomètres, à laquelle succède, pendant 90 kilomètres, une série sédimentaire ayant, en gros, la forme d'un pli synclinal. Dans cette bande, qui contient les plus hauts sommets de THimalaya, les divers étages sont représentés, depuis le silurien inférieur jusqu'à la craie, et le ti*ias ainsi que le rhétien ont un faciès pélagique.
Au delà se présente, sur 55 kilomètres , une zone de chloritoschistes et de micaschistes, avec gabbros et serpentines, s'étendaut jusqu'à la vallée de l'Indus, où l'on atteint une large bande de grès nummulitique, qui se poursuit jusqu'au Karakorum. Plus loin se montrent le granité et les schistes cristallins, limitant au sud une zone sédimentaire, caractérisée surtout par l'apparition de la craie, que recouvre le loess de Yarkand.
On voit donc qu'on peut diviser la chaîne himalayenne en zones cristallines, au milieu desquelles une bande sédimentaire, prise entre deux grandes failles, a subi des dislocations et des compressions qui en ont porté la cime à plus de huit mille mètres.
Quant au Thîan-Chan, qui rejoint à l'ouest la chaîne de l'Himalaya, sa con-
(1) Stoliczka, Metn. geol, survey of India, V; m Suess, EnUtehung der Alpen, p. 131.
i22â DISLOCATIONS DU GLOBE.
stitulion est analogue et Stoliczka y a constaté Texistence, au pied des hautes chaînes de granité et de syénite, d*une mollasse plongeant vers la montagne, dont la sépare une zone de sédiments pélagiques.
D*après ces données, le grand efîort de plissement qui, en Europe» se faisait sentir du S. Ë. au N. G.» c*est-à-dire en venant de la dépression méditerranéenne, aurait agi en Asie du sud au nord, soit à partir de la dépression indienne.
Apaiaehe». — Diaprés H. Dana (1), la chaîne des Apalaches se compose de trois systèmes distincts : une chaîne de roches cambriennes, dont le relief était acquis avant la période silurienne ; les montagnes Vertes, dont le soulèvement a marqué la fin des temps siluriens ; enfin les Alleghanys, qui ont pris naissance à la fin de Tépoque carbonifère.
Pendant toute la durée des temps primaires, remplacement des Alleghanys a été le théâtre d*un affaissement continu, à la faveur duquel ont pu s*accumuler, dans un géosynclinal, près de 12000 mètres d'épaisseur de dépôts. Déjà, dans le district des montagnes Vertes, cet affaissement s'était interrompu à la fin de répoque silurienne inférieure, donnant naissance à un système de dislocations, où Tétage inférieur d^Helderberg repose en discordance sur le silurien inférieur plissé et redressé. Quand Tépoque carbonifère prit fin, toute la région des^Alleghanys se souleva, les bassins houillers de la Pensylvanie, de Rhode-Island, de la Nouvelle-Ecosse, furent plissés et fracturés, en partie renversés, entraînant avec eux, en certains points, les couches sédimentaîres sousgacentes. De cette manière se produisirent des dislocations, aujourd'hui d'autant plus difficiles i analyser, que l'érosion a presque partout fait disparaître la tète des plis. La direction générale des accidents, assez constante dans un même district, se courbe sensiblement à la rencontre du Susquehannah, passant du N. N. E. à TE. N. E. exactement comme le Jura au voisinage du massif vosgien et le côté le plus roide des plis est celui qui fait face au bassin du Mississipi. De nombreuses failles se sont ouvertes à cette époque et plusieurs ont produit des dénivellations qui dépassent 2000 mètres. Il en est une, dans la Virginie méridionale, qui reproduit les caractères de la faille limite du bassin houiller franco-belge, le calcaire silurien ayant glissé sur le plan incliné de la faille, de manière à recouvrir en discordance l'étage anthracifëre régulièrement superposé au dévonien.
D'après une remarque de H. Marcou (2), le système des Alleghanys, qui reproduit d'une manière si remarquable les dislocations de la zone houillère du Hainaut et de la Flandre, coïnciderait exactement en direction avec le système des BaUom, qui précisément a plissé le bassin anthracifère de la Basse-Loire.
Montagnes Ko«heases. — La constitution du grand massif des Montagnes Rocheuses est très différente de celle des Alpes (3). Quand «n chemine de Test è
(1) Manual ofGeology, 1875, p. 750.
(2) Comptes rendue, XXXIX, p. 1192.
(3) Ces considérations sont extraites des publications de MN. Dawson, E. S. Dana, Duttoo, Gilbert, Grinel, llayden, King, Powell, Warren, Whitney, dont l'analyse a été fournie à l'aatear par M. Emm. de Margerie.
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l'ouest, au sud du 42« parallèle, on rencontre d*abord la région des Grandes Plaines, où les couches, sensiblement horizontales, s*élèvent, sans déplacements visibles, du niveau de la mer à des altitudes de 2000 mètres, dépassées par les couches pliocènes. De là on passe brusquement à la Région des Parcs ; c'est la montagne, séparée des plaines par une bande étroite de sédiments plongeant tous vers ces dernières, tandis que leurs tranches, relevées vers la chaîne, forment des escarpements dits hogbacks ou dos de porc. A l'intérieur de la chaîne, où les couches sont à peu prés concordantes depuis le cambrien jusqu'au crétacé, se montrent des dépressions ou parcs, qu'occupent des sédiments peu disloqués. Enfin au delà, et en grande partie dans le bassin du Rio Colorado, se présente la Région des Plateaux : c'est, par excellence, le pays des canons ou gorges profondes. Les couches y sont horizontales et séparées en véritables blocs^ que limi* tant des failles ou des plis monoclinaux, se poursuivant sur de grandes étendues et offrant, snivant les cas, toutes les transitions imaginables entre les plissements et les cassures. C'est dans ce pays que se trouvent les exemples de failles les plus grandioses qui aient encore été décrits. En continuant à cheminer vers l'ouest, on arrive dans la Région du Grand Bassin, Les chaînes y sont courtes, séparées par dé larges vallées d'alluvion et on y observe de puissantes coulées volcaniques. Mais ce qui domine est encore, comme dans la région précédente, le type des plates-formes sédimentaires, séparées par des plis monoclinaux.
Ensuite vient la Sierra Nevada, chaîne continue, très élevée, principalement granitique, et, avant d'atteindre le Pacifique, il faut franchir la Chaîne côtière {Coast range), formée de couches crétacées et tertiaires plissées, mais d'une étude difficile à cause de l'uniformité des roches.
La chaine des Montagnes Rocheuses proprement dites a été soulevée après l'époque crétacée. Depuis le cambrien jusc[u'aux lignites de la base du tertiaire, tous les sédiments se présentent en concordance, c'est-à-dire relevés, dans une même région, sous des angles égaux. La même concordance s'observe dans riUah, où les dislocations se sont succédé entre l'éocène et le pliocène. Les grandes failles et les plis monoclinaux de l'Utah, dans le voisinage des monts Henry, ont marqué le passage de la craie à l'éocène. Mais les accidents du même genre des hauts plateaux de l'Utah et du Grand Canon du Colorado sont beaucoup plus récents, car ils ont affecté les roches volcaniques et les conglomérats pliocènes (1). Dans les monts Wahsatch, l'éocène repose en discordance sur le crétacé ; mais en outre il y a des points où les couches pliocènes sont inclinées à 60<». Enfin la chaîne côtière parait postéocène et prépliocène. En résumé, les grandes dislocations de l'Araérique occidentale sont de date tertiaire et, en moyenne, d'autant plus récentes qu'on se rapproche du littoral du Pacifique. Les mouvements les plus énergiques seraient ceux qui ont suivi la période crétacée et qui ont été accompagnés par d'abondantes éruptions (2).
(1) Dation, High Plateaux ofUtah, 1881.
(2) Stevenson in Wheeler'ê Report, 1875, p. 488.
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