‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 63 sur 483 · PAR SECO?(DB · texte numérisé non relu

PAR SECO?(DB

// est très rare que la vitesse d'un cours d*eau soit triplée par V effet dune crue. D*après les règles de l'hydraulique» il faut, pour qu un tel résultat se produise sans qu'il y ait de changement dans la pente, que la profondeur d'eau soit déçuplée\ or cela ne peut guère arriver que dans les torrents proprement dits.

9ébH. — Le débit d'une rivière est la masse d'eau qui s'écoule, sur chaque section de son parcours, dans l'intervalle d'une seconde. Bien entendu, cette donnée n*a de sens que relativement à l'époque où la mesure en a été prise et, même pour un cours d'eau parvenu à l'état de régime, le débit peut varier, sui- Tant les saisons, dans des proportions parfois considérables. Aussi doit-on distinguer toujours d'une part \e débit moyen, d'autre part les chiffres extrêmes se rapportant à Vétiage et aux crues.

Parmi les débits moyens les plus élevés, on peut citer le Danube, avec une portée de plus de 9000 mètres cubes, le Saint-Laurent, qui dépasse 10 000 mètres cubes, et le Mississipi, qui envoie à la mer, près de son embouchure, 17000 mètres cubes par seconde.

La Seine offre à Paris un débit moyen d'étiage de 75 mètres cubes par seconde, qui, dans certaines sécheresses exceptionnelles, s'est abaissé à 40. Le débit habituel des grandes crues à Paris est d'environ 1384 et n'a jamais atteint 2000 mètres cubes depuis 1802, quoique, en 1658, d'après Belgrand, il se soit élevé à 1400 mètres cubes. Quant à l'état moyen, il est d'à peu près 130 mètres cubes. Le rapport de 75 à 1384 est celui de 1 à 20. Celui de 75 à 2000 est j^ et celui de 75 à 2400 est y^. On peut donc dire que, pour la Seine, le débit d'étiage est compris entre ^ et -j^ de celui des grandes crues.

Tout autre est la condition de la Loire qui, à Orléans, débite 25 mètres cubes à rétiage, 132 mètres cubes à l'état moyen et 10 000 mètres cubes dans les crues. Ici le rapport est celui de 1 à 400. Aussi la Seine est-elle, relativement à la Loire, une rivière tranquille. La cause de cette différence réside dans le fait que la Seine ne reçoit d'affluents torrentiels que par le Morvan, tandis que la Loire est alimentée par de nombreux et importants torrents descendant de l'Auvergne, du Forez et autres massifs montagneux. De plus, tandis que, dans le bassin de la

Seine, les terrains perméables forment 75 */o de la surface totale, Tinverse a lieu dans le bassin de la Loire où, dès lors, se trouvent réunies toutes les conditions favorables au ruissellement.

Si la Loire réalise un type de rivière variable, la Somme, au contraire, est, par excellence, un cours d'eau stable, car le rapport de l'étiage aux crues est celui de 1 à 4. Il est vrai que la Somme ne reçoit aucun affluent torrentiel et traverse un pays entièrement perméable, de telle sorte que le produit des pluies, au lieu d'arriver directement aux thalwegs, n y parvient que par rintermédiaire des sources, c'est-à-dire par voie d'infiltration. Aussi la Somme ne peut elle être un agent de transport efficace et ses crues demeurent limpides, sauf dans les cas tout à fait exceptionnels où une trombe, venant s'abattre à la surface des plateaux de la Picardie, fait descendre dans la vallée du limon ou de l'argile.

Bivières A régulateurs. — Il y a des cours d'eau qui, tout en traversant des pays imperméables et en recevant des affluents torrentiels, voient s'établir, entre le débit d'étiage et celui des crues, le même rapport de 1 à 4, que la Somme doit à la nature perméable de son bassin. Ce sont ceux dont le cours est interrompu par de grands lacs, dans la masse desquels viennent se perdre les irrégularités du débit de la rivière d'amont, de telle sorte qu'on a pu justement les qualifier de régulateurs.

Le Rhône qui, à son entrée dans le lac de Genève, est incontestablement unerivière torrentielle, sort du lac avec un rapport de 1 à 4 entre l'étiage et les crues; mais cet effet bienfaisant ne tarde pas à s'effacer à mesure que le Khône, en poursuivant sa marche, reçoit des affluents à régime variable. A Lyon,, sous l'influence de la Saône, on obsene déjà le rapport de 1 à 21 et, près de l'embouchure, en raison de l'inégalité du tribut que verse la Durance, le débit des crues devient égal à 28 fois celui d'étiage.

De toutes les rivières à régulateurs, la mieux caractérisée est le Saint-Laurent, qui représente le déversoir des immenses lacs de l'Amérique du nord et dont le principal affluent de gauche, la rivière Ottawa, écoule aussi le produit de plusieurs lacs, pendant qu'à droite le fleuve reçoit encore le tribut du lac Champlain. Aussi le débit du Saint-Laurent peut-il être considéré comme à peu près invariable.

PvIssABce de transport des eaax eoiirantes. — La puissance de transport des> eaux courantes dépend de leur vitesse. L'expérience montre que, sur une pente légèrement inclinée et montante^ l'eau met en mouvement les matériaux solides dans les conditions suivantes :

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