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MOUVEMENT DE U GLACE

maniëre d*étre des fluides ; d'une part, la pesanteur qui sollicite leurs particules à descendre, d autre part la pression hydrostatique, en vertu de laquelle les parties d*amont pèsent sur celles d*aval. C*en est assez pour expliquer le mouvement des glaciers et Tanalogie d'essence qu'il présente avec celui des eaux courantes.

Remarquons du reste que c'est parmi les torrents, plutôt que chez les rivières, qu'il convient de chercher des points de comparaison pour les glaciers. Un champ de névé n'est autre chose qu'un bassin de réception, faisant converger vers un même point une grande quantité de neige. Le lit du glacier, toujours encaissé, est un véritable couloir ou canal d'écoulement, dont les conditions de pente sont celles du lit des torrents et où ne manquent ni les rapides ni même les cascades. Enfin nous verrons bientôt que, dans sa moraine terminale, im glacier offre l'exact équivalent àvicône de déjection; d'où il résulte que l'épithète de torrents d'eau congelée est celle qui convient le mieux à ces remarquables produits de la transformation des névés.

Crevasses. — Si la glace offre, dans l'ensemble, une certaine plasticité qui suffit à rendre compte de son écoulement, il n'en est pas moins vrai qu'elle ne se prête que difficilement à de grands efforts de tension ou de compression. Aussi les uns et les autres se traduisent-ils, sur la surface des glaciers, par des crevasses, qui en sont un des traits les plus constants et les plus caractéristiques. Toutes les fois qu'un étranglement se produit, par lequel la masse est obligée de réduire sa section, il en résulte un véritable laminage^ qui détermine la production de crevasses longitudinales, c'est-à-dire parallèles au sens dans lequel a lieu le glissement. 11 est facile de reproduire cette structure par l'expérience, en comprimant un bloc de glace entre les deux plateaux d'une presse. On y voit naître des plans de séparation parallèles aux bases des plateaux, attestant l'effort des molécules pour glisser suivant la direction qui fait le plus grand angle avec le sens de la pression.

Des crevasses encore mieux marquées se forment aux points où la glace est sollicitée à s'allonger. D'abord, quand la pente est trop forte, la glace se brise en aiguilles ou séracs, destinés à s'écrouler les uns sur les autres. En outre, dans les parties relativement planes, l'inégalité de vitesse des bords et du centre fait naître des crevasses transversales ou marginales (fig. 46), qui, vues de haut et en regardant de l'aval à l'amont, apparaissent comme de gigantesques chevrons. En effet, si l'on trace, sur la surface, une ligne droite perpendiculaire au sens de l'écoulement, au bout de quelque temps, le milieu devant marcher plus vite que les extrémités, la ligne, de droite qu'elle était, sera devenue courbe et convexe vers l'aval. II faudra donc qu'elle se soit allongée ; mais comme la glace est inextensible, la tendance à l'allongement suivant la courbe convexe fera naître, sur les deux bords, des lignes de rupture perpendiculaires à cette courbe, c'est-à-dire que les crevasses de droite feront avec celles de gauche un angle dont la pointe sera tournée vers l'amont.

Ces crevasses ne se produisent pas tout d'un coup. On voit d'abord apparaître, à la suite d'un craquement du glacier, une fissure presque capillaire, dont les

Fig. 46. — Crevasses marginales du glacier de Gomer.

bords vont s' écartant de plus en plus ; ce n'est qu'au bout de quelques jours ou môme de quelques semaines que les deux lèvres de la fente laissent entre elles un gouffre béant, de plusieurs mètres de profondeur, que la paroi d'amont domine en surplomb, sa partie supérieure cheminant plus vite que sa base. Aussi cette paroi s'écroule-t-elle par fragments et ses débris vont s'entasser au fond de la crevasse, en attendant que le regel, déterminé par la pression, en fasse de nouveau une masse compacte. Enfin quand, à la suite d'un étranglement, le glacier s'épanouit comme il le fait, par exemple, à son extrémité libre, il s'y produit le même phénomène que dans une gerbe de blé serrée par un lien et qui, à l'extérieur se déploie en éventail. Mais la glace ne pouvant se dilater, cet épanoui»^ sèment la divise en une série de feuillets verticaux divergents, séparés par des intervalles béants, qui sont les crevasses frontales.

Lorsqu'une crevasse se forme, elle se remplit de neige pendant la saison d'hiver ; comprimée dans la descente du glacier, en partie fondue pendant l'été, cette neige devient à son tour de la glace, mais ["sans avoir passé par l'état spécial de névé ; la masse d'un glacier offrira donc, non seulement une structure granuleuse résultant des névés et une stratification horizontale, produite par les chutes de neige tombées directement à sa surface, mais encore de nombreuses veines, irrégulièrement ramifiées, dont chacune provient du remplissage d'une ancienne crevasse. De là des irrégularités de structure qui, sur la masse, devenue compacte, de la partie inférieure d'un glacier, se traduisent par des diffé-

Caractères physiques des guciers. ses

renées de coloration et sont la raison déterminante des formes déchiquetées et souvent fantastiques que prennent, en fondant au soleil, les prismes et les aiguilles des grands glaciers.

8tp«««»re velaée. — Les preuves abondent de la pression souvent considérable à laquelle le corps d'un glacier est soumis. Cette pression, en accélérant Texpuldon, à travers les fissures, des bulles d*air dont le névé était primitivement parsemé, donnent à la masse une compacité plus grande, qui s'accuse par une coloration bleue prononcée ; telle est l'origine des veines bleues des glaciers, qu'on voit naître surtout au pied des cascades, c'est-à-dire en des points où la compression atteint son maximum. Mais on peut, dans certains cas favorables, acquérir une démonstration encore plus manifeste des mouvements intérieurs que la compression a fait naître. C'est ainsi qu*en 1875, au pied du Hontanvert, il était facile d'observer, sur les parois des crevasses transversales, une structure rubanée très caractéristique. Des couches alternatives de glace et de petits fragments pierreux se montraient sur la tranche, plissées et contournées parallèlelement les unes aux autres comme sont si souvent les feuillets des schistes anciens. Ainsi la masse avait dû être énergiquement comprimée et cet effort, au lieu de la briser, l'avait seulement ployée et ondulée, grâce à la plasticité relative que lui donnait le mélange de la glace avec les fragments pierreux. Sans doute une série de chutes de neige étaient venues recouvrir à plusieurs reprises, pendant l'hiver précédent, une de ces traînées de menus débris comme en présente si souvent la surface du glacier; la partie supérieure de ce dernier avait acquis de cette manière une stratification en couches successives de neige et de débris et ces couches, soumises à l'énergique pression de l'un des étranglements de la mer de Glace, y avaient pris l'allure plissée qui vient d'être décrite. Sur une glace dépourvue de matières pierreuses, le phénomène eût simplement donné naissance à un réseau plus ou moins capricieux de veines bleues.

DIMBVSIOVS BT GABAGTiSRBS FBTSIQUBS DBS OI.AGIBBS

C^MMes «vi règlent la loB|^eiir d'va glaeler. — D* après ce qui a été précédemment expliqué, la longueur d'un glacier est en rapport avec l'importance du champ de névéqui l'alimente. Des deux facteurs qui déterminent la masse d'un glacier, alimentation et ablation, le piremier seul peut croître, en quelquesorte indéfiniment, tandis que, dansune vallée de section moyenne et à penteïaible, l'ablation demeure sensiblement constante, ne dépendant que de la température extérieure- Si donc les champs de névé d'un puissant massif montagneux sontdisposés dema nière à écouler leur trop-plein dans une même direction, la masse du glacierrésul. tant de leur transformation pourra être assez grande pour que ce dernier doive s'avancer dans sa vallée aune très grande distance de son origine. Déjà les glaciers

du mont Blaiic, dont le pied ne descend pas au-dessous de iOOO mètres d*altitude, peuvent cheminer, pendant la dernière partie de leur cours, au milieu de champs cultivés et de vergers, à quelques pas des fleurs et des fruits, que le voisinage du fleuve glacé n*empôche pas d'arriver à maturité. Hais Texemple le plus remarquable est offert par le glacier de Waiau, situé dans la Nouvelle-Zélande, par 43*'35' de latitude méridionale, c est-à-dire sous une latitude égale à celle de Cannes et d'Ântibes. Alimenté, grâce à son exposition occidentale, par des précipitations atmosphériques dont la masse atteint près de 3 mètres d'eau par an, ce glacier descend Jusqu'à 212 mètres au-dessus du niveau de la mer, exactement |comme font, à 20 degrés plus loin de Téquateur, certains glaciers de la Norvège ; et pendant que le bord immédiat du glacier est entouré de hêtres et de conifères spéciaux, on voit croître, à quelques centaines de mètres de distance, des fougères arborescentes, des palmiers et des Dracaena. Ainsi la glace, si bien à sa place dans les hautes régions, d'où la vie organique est absente, peut, sous l'impulsion de puissantes masses de névé, arriver jusqu'en des points où sa présence semble un véritable paradoxe climatérique.

Épaisseur, pente et seetloa des sltt«t«r«- — L'épaisseur d'un glacier est très variable, puisqu'elle dépend, non seulement du rapport établi entre l'alimentation et l'ablation, mais encore du profil plus ou moins encaissé de la vallée. On estime que la puissance delà merde Glace est d'au moins 150 mètres ; celle du glacier de l'Aar atteint en certains points 400 mètres ; dans les régions polaires, on a observé des glaciers de 600 mètres.

La pente moyenne de la mer de Glace de Chamonix est de 5 à 6 degrés ; le puissant glacier d'Aletsch n'est incliné que de 4 degrés et il est des masses de glace qui coulent au fond de gorges dont la pente n'atteint pas 3 degrés. En revanche, les glaciers du mont Rose et du Finsteraarhorn penchent de 10 à 20 degrés, celui de Grindelwald a jusqu'à 27 degrés dans sa partie supérieure ; enfin certains glaciers suspendus atteignent 30 et même 50 degrés sans que, pour cela, il s'y produise des glissements en masse, tant est grande l'adhérence d'un glacier sur son fond.

. Théoriquement, la section transversale d'un glacier devrait offrir une ligne convexe à la surface libre. En effet, c'est à la jonction du glacier avec les parois de sa vallée que l'ablation doit atteindre, en général, son maximum d'intensité, €ar c'est là que s'exerce le rayonnement des parois rocheuses, bien plus efficace que l'action solaire directe. Tel est, du reste, le cas de la mer de Glace dans la plus grande partie de son cours ; mais l'inverse peut se produire quand les parois encaissantes sont à la fois très escarpées et très ébouleuses : dans ce cas, les débris s'accumulent à droite et à gauche sous forme de talus et protègent la glace contre le rayonnement. Alors l'ablation ne se fait plus que par le milieu et le profil devient nettement concave. C'est ce qu'on observe,; en particulier, dans le glacier de Yernagt.

RoIsseUements svpeHIclels. HovIIbs, Orottes. — La fusion superficielle

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