EXTENSION DES TREMBLEMENTS DE TERRE
secousses avec la structure du sous-sol. Les commotions sont généralement le plus désastreuses là où des roches incohérentes reposent sur un fond solide, massif; mais quand ce dernier terrain affleure, elles le sont incomparablement moins. Au contraire, les montagnes formées de roches cohérentes transmettront les secousses qui les auront ébranlées bien plus loin que les roches incohérentes. L'extension et, par conséquent, le contour des aires d'ébranlement dans les tremblements de terre, sont aussi dépendants de la structure géologique du sous-sol. Ainsi, les fentes dans les roches doivent affaiblir ou complètement arrêter la propagation des oscillations. Une même influence doit être attribuée à un brusque changement dans la nature de la roche, à une stratification discordante, à un bouleversement intérieur des couches, tous phénomènes que détermine la formatiçn de montagnes. Aussi certaines chaînes de montagnes forment-elles d'ordinaire limite pour les tremblements de terre qui prennent naissance de l'un ou l'autre de leurs côtés, et qui les suivent en direction linéaire sans les franchir.
§ 5. Vitesse de propag^ation, durée, fréquence, extension des tremblements de terre. — La vitcssc moyenne de propagation d'un tremblement de terre est évaluée d'après l'intervalle de temps qui sépare le début du mouvement en deux points éloignés. C'est ainsi qu'on a déterminé la vitesse d'ondulation des secousses lors du tremblement de terre de 1843 dans l'Amérique du Nord : vers l'ouest elle était de 605 mètres, et vers l'est de 908 mètres par seconde; dans le pays rhénan, en 1846, la vitesse était de 470 mètres; le tremblement de terre de Lisbonne (1755) se propageait selon 550 mètres par seconde; celui de 1782 dans l'Allemagne du centre avait une vitesse de 742 mètres.
La durée d'un tremblement de terre dépend de la fréquence des secousses qui se succèdent, et dont chacune ne dure qu'une seule ou un petit nombre de secondes. Les tremblements de terre les plus dévastateurs sont instantanés. Caracas (1812) fut détruite en 50 secondes; Oppido et ses environs (1785) en 2 minutes; Lisbonne en 5 minutes; le 16 août 1868, un tremblement de terre qui dura 1 5 minutes fit périr 40 000 personnes en Ecuador. Dans d'autres tremblements de lerre de plus longue durée, on a vu plusieurs centaines de secousses se répéter dans un court intervalle. En 1856, dans le Honduras, on en put compter 108 en une semaine; à Lima, en 1746, il y eut 451 secousses en 5 mois. Aux paroxysmes puissants et destructeurs s'ajoutent d'ordinaire, après des pauses plus ou moins longues, des secousses moins fortes qui se répètent pendant des semaines et quelquefois pendant des mois, deviennent de plus en plus faibles et finissent par s'éteindre. C'est seulement après une dizaine d'années que la Calabre ne fut plus affectée des secousses qui avaient suivi le grand