‹ Traité de géologie et de paléontologieChapitre 107 sur 278 · TREMBLEMENTS DE LA MER · texte numérisé non relu

TREMBLEMENTS DE LA MER

tremblement de terre. Los oscillations qui détruisirent Cumana'en 17G6 furent suivies, pendant quatorze mois, d'autres oscillations qui se répétaient d'abord d'heure en heure.

La fréquence de cette sorte de phénomènes est très-grande. L'on possède depuis 1850 jusqu'à 1857 la relation de 4C20 tremblements de terre, qu'il faut ainsi répartir: Basse-Italie et Sicile, 509; Italie moyenne, 190; presqu'île pyrénéenne, 77; France, 105 ; Alpes suisses, savoyardes etpiémontaises, 1005 (parmi lesquels un grand nombre ne Sont pas certainement volcaniques); Alpes de l'est, 81. Depuis le commencement du siècle jusqu'à ,1845, l'on a enregistré 559 tremblements de terre pour le bassin du Rhin seul. L'Amérique du Sud est, au reste, le pays du monde où ces secousses sont le plus fréquentes. Elles sont là si communes, que l'on peut admettre que ce continent se trouve sans cesse en mouvement sur l'un quelconque de ses points. Depuis l'époque de sa fondation, la ville de Lima a été renversée complètement dix fois.

Vélendue de pays sur lequel la secousse se fait sentir est quelquefois énorme. Le tremblement de terre qui ébranla le pays rhénan, le 29 juillet 1846, s'étendit sur un espace de 2200 milles carrés; celui de Visp (Valais), 25 juillet 1855, sur 3700 milles; celui de Naples, 10 décembre 1857, sur 1843 milles; celui de l'Allemagne centrale, Omars 1872, sur 3100 milles. Le tremblement de terre de Lisbonne, du I*' novembre 1755, non-seulement détruisit beaucoup de villes au Maroc, mais se propagea jusqu'en Scandinavie, aux Massachussets et aux petites Antilles. Des tremblements de terre linéaires, comme on les voit souvent au Chili, se sont étendus sur un espace de 150 milles.

§ 6. TrcmbiementM de la mer. — Quand des tremblements de terre prennent naissance au fond de la nier, ils se propagent par tout l'Océan et déterminent à sa surface des oscillations plus ou moins puissantes. La mer reste calme au large et l'on n'y remarque point de mouvements ondulatoires; à la côte, au contraire, il se produit un retrait subit des eaux, suivi d'un violent afflux qui peut jeter de grands vaisseaux loin à l'intérieur des terres (Saint-Thomas) et submerger des villes (Callao, Conception). Communément, l'oscillation commence par un retrait de la mer qui découvre les parties peu profondes, fait toucher les vaisseaux et met à sec les ports et les baies; ce retrait dure en moyenne de 5 à 35 minutes. Lors du tremblement de terre de Santa (18 juin 1678), cependant, la mer se retira aussi loin qu'on pouvait l'apercevoir, et ne revint qu'après vingtquatre heures pour tout détruire. En 1690, au tremblement de terre de Pisco, elle se retira sur une étendue de 2 milles, trois heures durant. L'onde, lorsqu'elle revient ainsi, forme une véritable montagne d'eau qui envahit le rivage, où elle s'élève à 10, 20 et même en certains cas à 70

CREDNEa, GÉOLOGIE. 1 1

Sm CAUSES DES TREMBLEMENTS DE TERRE.

mètres aU-dessus de son niveau normal, et s'élance loin à l'intérieur des terres. Les tremblements de terre des pays côtiers se propagent en mer aune distance souvent extraordinaire. Ainsi, le tremblement de terre du 15 août 1808, sur les côtes du Pérou, se propagea, du 13 au 16 août, pai" tout l'océan Pacifique avec une vitesse de 2 à 400 milles marins par heure, et il fut ressenti jusque sur les côtes d'Australie et du Japon : en plusieurs points de ces terres et sur les îles situées sur le passage des oscillations, il produisit les plus grands ravages.

§ 7. Effets des tremblements déterre. — Les grands tremblements de terre sont les phénomènes naturels les plus dévastateurs. Peu de secousses suffisent pour changer en ruines de nombreux édifices et faire périr des milliers d'hommes. La destruction de Mendo/a, en 1861, par suite du plus terrible des tremblements de terre des temps modernes, fut accomplie en quelques minutes ; en quelques instants 9 ou 1 0 000 hommes périrent lors du tremblement de terre de Caracas; une seule secousse, la première, au tremblement de terre de la Calabre (1783), renversa la plupart des maisons de toutes les villes et villages qui se trouvaient dans son cercle d'ébranlement. Les tremblements de teiTC agissent encore en détachant des montagnes des masses de roches et de terres qui s'abattent dans les vallées, barrent les fleuves et déterminent des inondations. Souvent la formation de fentes partant de la surface est aussi la conséquence du mouvement d'ondulation ; les fentes peuvent être droites, courbes, en zigzag ; elles sont souvent très-nombreuses, et quelquefois se referment en écrasant tout ce qu'elles ont englouti. Les fentes montrent très-souvent un parallélisme frappant, en d'autres cas, elles rayonnent d'un point commun ; quelquefois les deux lèvres de la fente n'ont pas gardé leur situation primitive, et l'une d'elles se trouve actuelllement plus ou moins élevée au-dessus de l'autre. Ainsi, lors du tremblement de terre de la Calabre, une tour, aux murs fort épais, fut partagée en deux moitiés par une fente verticale, et l'une des moitiés se trouve actuellement plus élevée que l'autre de 5 mètres. De violentes éruptions d'eau et de boue accompagnent la foiTnation de ces fentes ; elles sont dues à la compression que subissent alors les nappes d'eau ou les couches aquifères souterraines. Les changements de niveau sont l'un des effets les plus importants des tremblements de terre : il en sera question au chapitre suivant.

^ 8. Opfnlons snr les causes des tremblements de terre. — Il n'est

pas douteux que beaucoup de phénomènes volcaniques soient liés aux tremblements de terre qui accompagnent d'ordinaire les éruptions ; le plus souvent, ces tremblements de terre sont seulement locaux, mais ils se propagent quelquefois sur des centaines de milles, et en beaucoup de cas ils peuvent prendre un caractère de puissance extrême, jusqu'à ce qu'ils

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